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Terrebonne, mardi 7 février 2012

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L’amour qui ravage

Véronick Talbot

Mardi 31 août 2010

Personne n'est à l'abri de la violence conjugale : alors que des femmes et des hommes de tous âges en sont victimes chaque année, de nombreux enfants doivent apprendre à vivre avec les répercussions de ce fléau. Pourtant, ce phénomène demeure méconnu du public, qui entretient encore beaucoup de préjugés à son égard.

Bien qu'elle fasse souvent la manchette, la violence conjugale semble entourée d'une aura de mystère. «Le problème, c'est que les médias insistent tellement sur la violence conjugale physique que la population banalise ou ignore qu'il existe d'autres formes de violence beaucoup plus courantes», précise Mélanie, intervenante pour l'organisme Regroup'elles.

Dans l'ensemble, il existe six formes de violence conjugale, soit la violence psychologique, verbale, économique, sexuelle, spirituelle et physique. Bien que parfois subtiles, celles-ci peuvent entraîner des conséquences irréparables auprès des victimes et doivent donc être considérées avec sérieux. 

Un cycle incessant

Selon Mélanie, la violence au sein d'un couple ne peut qu'augmenter avec le temps. «On remarque toujours une escalade dans le degré de violence que subit la victime. Le cycle de la violence conjugale en est un qui comporte quatre phases, soit le climat de tension, l'agression, la justification et la lune de miel, où l'agresseur exprime des regrets et promet d'être plus attentionné. Or, plus le temps avance, plus le cycle se répète de façon accélérée, et plus la phase de la lune de miel se raccourcit. Également, les gestes de violence deviennent plus intenses», poursuit l'intervenante.

Évidemment, les conséquences de tels actes de violence sont lourdes, tant pour les victimes et que les enfants exposés au drame familial. On parle entre autres de blessures, de problèmes de santé chroniques, de troubles psychologiques, de symptômes du syndrome de stress post-traumatique, d'isolement, et plus encore.

Reprendre le pouvoir

Devant de tels constats, beaucoup se demandent pourquoi les victimes demeurent dans le cycle incessant de la violence conjugale. Selon Mélanie, plusieurs raisons justifient ce phénomène. «Généralement, les victimes de violence conjugale prennent des années à dénoncer leur agresseur parce qu'elles ont espoir que les choses changent. Également, la violence influe sur la perception des victimes, qui en viennent à se sentir coupables et responsables de la violence de leur partenaire. Et dans certains cas, c'est parce qu'elles n'ont pas les ressources sociales et économiques pour s'en sortir seules qu'elles gardent le silence.»

Toutefois, l'intervenante sociale admet que c'est souvent la peur qui freine les victimes. «D'une part, elles redoutent le jugement d'autrui et d'autre part, elles craignent les représailles de leur agresseur», précise-t-elle. Malgré cela, on estime qu'environ 50 % des victimes osent dénoncer leur partenaire et ainsi reprendre le pouvoir sur leur vie.

 

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