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Atteint du VIH, en quête de sérénité Yannick Wistaff vit avec le VIH depuis une dizaine d’années

Atteint du VIH, en quête de sérénité

Isabelle Desmarais

Mardi 24 novembre 2009

Yannick Wistaff est atteint du virus de l'immunodéficience humaine (VIH). Il a contracté le virus il y a longtemps, mais c'est seulement depuis quelques semaines qu'il bénéficie du soutien de la Maison Sainte-Famille Tom-Dee, située à Terrebonne. Yannick a accepté de confier son histoire à La Revue, à l'approche de la Journée mondiale de lutte contre le SIDA qui aura lieu le 1er décembre.

À la Maison Sainte-Famille Tom-Dee, Yannick Wistaff est venu se reposer, en quelque sorte. L'homme de 31 ans traîne derrière lui un parcours tumultueux, et c'est pour chasser quelques démons qu'il a fait appel à l'organisme. Nous l'avons rencontré sur place, et il s'est raconté à nous sans pudeur, reculant dans les années jusqu'aux événements qui ont bouleversé sa vie.

Yannick Wistaff a contracté le virus à 21 ans, alors qu'il travaillait comme préposé dans un sauna gai. «Un soir, trois hommes armés m'ont agressé dans une des chambres du sauna. Ils m'ont violé en maintenant une arme sur ma tempe, pour ne pas que je bouge. L'instant où ça s'est passé m'a paru durer des heures.» Quelques semaines plus tard, Yannick apprenait qu'il avait contracté le VIH.  

À cœur ouvert

Lorsqu'il repense à ces événements et aux conséquences qu'ils ont engendrées, Yannick a du mal à retenir ses larmes. Des années de silence l'ont poussé malgré lui à camoufler ses émotions. Aujourd'hui, toutefois, Yannick est en quête de paix. C'est pourquoi il parle ouvertement de son passé, dans l'espoir de reprendre le contrôle de sa vie. La Maison Sainte-Famille Tom-Dee l'assiste dans sa démarche vers la sérénité : «Il y a quelque temps, je me suis retrouvé dans une maison de crise. Des responsables m'ont réorienté vers la Maison Sainte-Famille. Ici, les intervenantes m'aident énormément à reprendre ma vie en main. Si ce n'était pas d'elles, je ne serais plus là.»

Pendant qu'il bénéficie du soutien psychologique de la Maison Sainte-Famille Tom-Dee, Yannick doit également recevoir un traitement médical appelé la trithérapie, laquelle permet de diminuer la charge virale et de ralentir la dégénérescence du système immunitaire. La trithérapie engendre des effets secondaires multiples qui peuvent varier d'une personne à l'autre.

La peur de la mort

S'il est porteur du VIH, Yannick n'a pas encore développé le SIDA. L'idée d'en être atteint un jour ne lui fait pas peur : «On n'en meurt plus aujourd'hui. C'est plus un changement de vie, et il faut apprendre à vivre avec. Mais je ne serai jamais capable d'accepter ma maladie. La façon dont c'est arrivé, je l'ai de travers.»

À sa sortie de la Maison Sainte-Famille, Yannick planifie s'impliquer dans des activités de bénévolat qui touchent le SIDA. «Je n'espère pas sauver le monde, je veux juste informer les gens. En attendant, il faut vivre. Profiter du moment présent. Je sais que je vais mourir, mais je ne sais pas quand.»

Commentaires

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  • C. Barrette Crevier
    Dimanche, 2 janvier 2011 21:13:46
    Je connais Yannick depuis plus de 20 ans. Au primaire il était ami avec ma fille Isabelle. J'aime beaucoup Yannick, il n'a pas eu la vie facile mais notre porte est toujours ouverte. Bonne chance Yannick et je te souhaite de trouver cette sérénité.

    Gros bisous

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