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DOSSIER DE LA SEMAINE : Aider les femmes à devenir mamans
Photo : Nenë Tooti

DOSSIER DE LA SEMAINE : Aider les femmes à devenir mamans

Pénélope Clermont

Mardi 12 décembre 2017

SERVICE DE SAGES-FEMMES DE LANAUDIÈRE

Si l’hôpital et la présence d’un médecin offrent un cadre sécuritaire et rassurant pour bon nombre de mamans lorsque vient le temps d’accoucher, d’autres trouvent leur compte auprès d’une sage-femme pour donner naissance à leur enfant, que ce soit à domicile, en maison de naissance ou même à l’hôpital.

Pouvant être perçu par certains comme une pratique marginale, le Service de sages-femmes de Lanaudière est un volet géré par le Centre intégré de santé et de services sociaux de Lanaudière. Couvert par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), il est un complément à ce qu’on propose en milieu hospitalier.

«On s’adresse aux grossesses à bas risque, autant qu’on peut le prévoir. C’est pour toutes les mamans qui n’ont pas de conditions médicales particulières», explique Anne Goubayon, responsable du Service de sages-femmes de Lanaudière, qui a exercé le métier de sage-femme pendant 25 ans.

Parmi les conditions médicales pouvant empêcher une mère d’opter pour ce service, on note par exemple les grossesses impliquant des jumeaux, de l’hypertension ou du diabète sous insuline. «Il y a aussi des conditions bénignes qui imposent un transfert à l’hôpital, comme un bébé qui se présente par le siège», ajoute-t-elle.

Plus de quatre ans de formation

Régie par l’Ordre des sages-femmes du Québec, la sage-femme est une professionnelle de la santé formée pour être entièrement responsable des soins et des services durant la grossesse, l’accouchement, ainsi que pendant 6 semaines en période postnatale.

Pour pratiquer son métier, elle doit compléter un bac de plus de quatre ans à l’Université du Québec à Trois-Rivières, qui inclut des stages auprès d’une sage-femme d’expérience. «En côtoyant d’autres sages-femmes, on garde l’esprit ancestral de la formation», souligne Mme Goubayon.

De garde 24 heures sur 24, les huit sages-femmes qui œuvrent au service lanaudois travaillent toujours en collaboration, formant ainsi des duos. «Une aide natale fait aussi partie de l’équipe. Elle est formée pour assister les sages-femmes pendant les accouchements», dévoile la responsable du service.

Une sage-femme à temps complet peut prendre jusqu’à 40 suivis de grossesse, en plus des 40 suivis de sa partenaire.

Un service en développement

Au cours de la première année complète du service de Lanaudière, en 2014-2015, 136 suivis ont été réalisés. L’année d’après, on en a effectué 215, alors qu’en 2016-2017, 181 mamans ont été prises en charge. Pour l’année en cours, on note 196 suivis de grossesse.

De façon générale, les mères vont opter dans un taux d’environ 80 % pour un accouchement en maison de naissance, aux dires de Mme Goubayon. Comme il n’en existe aucune sur le territoire lanaudois – le projet est en développement –, le CISSS a une entente avec la région des Laurentides permettant aux mères d’accoucher à la maison de naissance de Blainville.

En 2015-2016, sur les 215 naissances avec une sage-femme, 86 sont survenues en maison de naissance, 42 à domicile et 12 à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur. L’année dernière, on compte 87 naissances en maison de naissance, 36 à domicile et 9 à l’hôpital.

Selon la responsable du service, entre 25 % et 30 % des mères sont transférées vers l’hôpital en cours d’accouchement. Dans d’autres régions, ce taux se rapproche plus de 20 %, étant donné la présence d’une maison de naissance. «Ce sont rarement des transferts en urgence. On préfère les transférer pour rien plutôt que trop tard, spécifie-t-elle. Ce qui peut aussi expliquer un taux de transfert plus élevé est la présence dans l’équipe de plus jeunes sages-femmes.»

«Une très belle profession»

Relativement nouveau dans la région, le service gagne à être connu de la population, la majorité des femmes ignorant qu’une telle option existe sur le territoire. Une rencontre d’information en début de grossesse n’impliquant aucun engagement est d’ailleurs offerte pour tous les couples qui voudraient en apprendre davantage sur le service.

«C’est une très belle profession que d’aider une maman à donner la vie, particulièrement au Québec, où on laisse toute la place au couple, témoigne Mme Goubayon, qui a d’abord pratiqué en France. Nous partageons un savoir tout en étant un témoin [de ce qu’ils vivent]. On y va à leur rythme. Certains veulent qu’on soit plus présents, d’autres moins. Chaque fois, ce sont des moments extrêmement émouvants.»


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