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DOSSIER DE LA SEMAINE : Autres temps, autres mœurs
Lisette Falker se réjouit de la présence toujours grandissante des femmes en politique, mais souligne qu'il y a encore du chemin à faire. (Photo : courtoisie)

DOSSIER DE LA SEMAINE : Autres temps, autres mœurs

Jean-Marc Gilbert

Jeudi 21 décembre 2017

Bien du chemin a été parcouru depuis que Cécile Fiset (à Terrebonne, en 1972) et Denise Cloutier (à Mascouche, en 1990) ont été les premières femmes à devenir conseillères municipales dans la région.

En 1989, La Revue publiait un article dans lequel le Parti de l'avenir des citoyens de Terrebonne conviait les femmes à une session d'information dans le but de les intéresser à la politique municipale. À ce moment, il y avait environ 80 mairesses et 150 conseillères municipales au Québec.

Près de 30 ans plus tard, on compte 205 mairesses et 2 358 conseillères, selon les chiffres compilés par le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire au terme des élections du 5 novembre dernier.

Dans Lanaudière, 12 mairesses et 125 conseillères ont été élues en 2017. Sept d'entre elles siègent à Terrebonne ou à Mascouche.

À des années-lumière

Bref, le tiers des postes disponibles en politique municipale sont détenus par des femmes au Québec. C'est à des années-lumière de ce qu'a connu Jeannine Cossette, élue pour la première fois à Terrebonne en 1983. «Lorsque j'assistais aux réunions de l'Union des municipalités du Québec, à l'époque, il n'y avait pratiquement que des hommes. Je ne voyais presque jamais de femmes, sauf à de rares occasions», relate-t-elle.

Les commentaires voulant que la place des femmes ne soit pas en politique, commentaires qu'elle a pu recevoir au début de sa carrière, ne l'ont jamais découragée, bien au contraire. Il faut dire que Mme Cossette n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds.

«J'ai toujours été très déterminée. Si je dis que je m'en vais à un endroit bien précis et que tu veux m'en empêcher, tu es mieux d'avoir de très grosses bûches pour me barrer le chemin, dit-elle, avec un sourire en coin. Je ne crie jamais, mais je dis toujours ce que je pense, et je crois que ma sincérité a porté ses fruits.»

Si Mme Cossette a quitté la politique active après sa défaite à la mairie en 1997, elle est restée énormément impliquée dans la communauté terrebonnienne.

Le municipal, palier idéal?

Lorsqu'elle était élue, Mme Cossette faisait partie de l'organisation de séances d'information destinées aux femmes qui voulaient se lancer. «On avait de la difficulté à recruter. Les femmes ne se faisaient pas confiance. Mais je suis contente parce que les choses commencent à changer», se réjouit-elle.

Elle croit aussi que le palier municipal en est un idéal pour permettre aux femmes de trouver un équilibre entre la vie familiale et la vie professionnelle. «J'ai souvent été approchée aux niveaux fédéral et provincial, mais j'ai refusé chaque fois parce que j'étais trop mère poule pour m'éloigner de ma famille plusieurs jours par semaine», avoue Mme Cossette, qui, malgré toutes ses implications, a toujours su garder du temps pour ses filles.

Diane Gadoury-Hamelin a pour sa part choisi la politique provinciale à un moment de sa vie où elle n'avait plus de jeunes enfants à la maison. «Pour une femme qui est dans la trentaine ou la quarantaine, avec de jeunes enfants, ce n'est pas évident de s'éloigner. La politique municipale est donc peut-être plus favorable, car elle revient dormir à la maison le soir», souligne-t-elle.

Une décision de couple?

Mme Gadoury-Hamelin note également que même si de nombreux hommes sont de plus en plus présents sur le plan familial qu'à une autre époque, la conciliation travail-famille reste une préoccupation surtout féminine.

Elle croit donc que la décision pour une femme avec des enfants de se lancer en politique doit souvent se prendre en couple. «Ça prend un conjoint qui est compréhensif et qui a le goût de soutenir sa femme. Les femmes sont de plus en plus émancipées, mais nous n'avons pas à reculer bien loin pour nous souvenir d'une période qui n'était pas propice à la présence des femmes en politique.»

Longue route vers la parité

Toutes les femmes interrogées ont l'impression que la parité est atteignable, mais que chaque gain demeure fragile. «Les portes sont ouvertes, mais ça reste un défi. Les femmes doivent avoir le goût de tailler leur place. On sent une certaine vague rose depuis les dernières élections municipales, mais ça demeure un travail de tous les jours», indique l'ex-députée de Masson.

«On voit de belles améliorations, mais on a l'impression que ce n'est pas encore ancré partout, d'avoir des équipes paritaires. Pourtant, nous sommes 50 % d'hommes et 50 % de femmes dans la société, rappelle Lisette Falker, du Réseau des femmes élues de Lanaudière. Je pense que la parité est réalisable, mais il ne faut pas en parler qu'une fois aux quatre ans. Il faut en parler tout le temps.» À preuve, nous comptons encore 6 conseils municipaux entièrement masculins sur les 58 municipalités de Lanaudière. C'est pourquoi le Réseau continuera son travail de persuasion et suivra de près les résultats de la consultation en ligne sur la place des femmes en politique menée par la Commission des relations avec les citoyens de l'Assemblée nationale. Entamée en mars 2016, la consultation en ligne se terminait le 31 décembre dernier.


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