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DOSSIER DE LA SEMAINE: C’est toujours possible
Pascal (à droite), intervenant à La Hutte, peut témoigner de la volonté de Gaétan de s’en sortir après qu’il ait vécu de longues années en situation d’itinérance. (Photo : Gilles Fontaine)

DOSSIER DE LA SEMAINE: C’est toujours possible

Gilles Fontaine

Mardi 16 mai 2017

Natif d’Abitibi, Gaétan, âgé de 46 ans, aux prises avec un trouble de la personnalité limite, a vécu pendant de longues années en situation d’itinérance. Son domicile à mi-temps était la Mission Old Brewery. En 2014, il s’est amené à La Hutte pour être aidé. Son histoire est identique à celle de trop de personnes.

Il est resté quatre ans à la Mission du centre-ville de Montréal. Le jour, il tentait de vivre normalement. Il a même commencé une formation en Dessin de bâtiment. «Ça m’a fait triper d’étudier ça», lance-t-il. Mais ces quatre ans ont été durs.

«Pendant ces années-là, je me cherchais beaucoup, je ne savais pas trop quoi faire. Je suis retourné aux études et j’ai terminé mon cours théorique.» Il n’a toutefois jamais pu terminer ses stages. Il ne lui restait qu’un mois à effectuer.

Il a vécu une rupture douloureuse et deux grands deuils en très peu de temps. Il a perdu sa motivation, notamment après la perte de sa mère et de son père en moins d’un an. «Après le décès de ma mère, j’ai voulu prendre un temps pour moi, pour faire le deuil. Quelques mois après, mon père est décédé. Je pense que je suis encore dans le processus de deuil.»

Revenir définitivement à Montréal, sans rien, pour courir vers ses responsabilités de père n’a donc pas été simple. Surtout qu’il ne voit pas beaucoup sa fille âgée de 16 ans. «Je trouve ça difficile, mais il faudra encore un peu de temps. On s’est manqué pendant sept ans et il y a tout un chemin à construire. Et ça ne doit pas être drôle pour elle d’avoir eu un père itinérant. Je ne veux pas la brusquer.»

Vivre dans la rue

«Dans la rue, tu gagnes en humilité et en sagesse. Tu passes tellement de temps à réfléchir. Et puis tu marches à travers une société qui ne veut pas toujours te regarder ou qui fuit ton regard. J’avoue que des fois je me suis senti comme un sac à poubelle.»

En 2014, il entre en hébergement àLa Hutte. Unmois après, les intervenants constatent sa progression et surtout son désir de se reprendre en main. Gaétan est logé dans un appartement supervisé.

Aujourd’hui, il est en appartement habituel avec un coloc qu’il a rencontré dans les appartements supervisés. Il est également dans l’action. Il fait du bénévolat. Beaucoup de bénévolat. «Je fais mon possible pour avancer, aider et me rendre utile. Je ne veux pas seulement recevoir. En plus, on m’apprécie et ça me fait énormément de bien», précise-t-il.

Il ne sait pas où il serait sans les ressources communautaires commeLa Hutte. Dumoins, il ne peut pas répondre à cette question, mais avoue qu’il serait probablement «dans la rue» pour reprendre ses mots.

Sa plus grande réussite aura été le courage de ne pas abandonner. «Gaétan a toujours démontré qu’il voulait s’en sortir. C’est pour ça qu’il fonctionne super bien. C’est certain qu’il a dû passer à travers plusieurs difficultés. Mais il s’est occupé de lui et de son bien-être, nous l’avons simplement accompagné dans son processus», ajoutera en conclusion Pascal, un intervenant de La Hutte.


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