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DOSSIER DE LA SEMAINE : Mères ados ou jeunes mères?
Le portrait des jeunes mères a changé au cours des dernières décennies. L’âge moyen des femmes à la naissance de leur premier enfant est passé de 26 à 28 ans dans le sud de Lanaudière et dans la MRC Les Moulins. (Photo : archives)

DOSSIER DE LA SEMAINE : Mères ados ou jeunes mères?

Gilles Fontaine

Mardi 24 octobre 2017

Dépassé, votre soussigné faisait fausse route en utilisant les termes «mères adolescentes» ou «filles mères». La situation n’est plus ce qu’elle était il y a 50 ans ou même 25 ans.

«Ces termes sont dépassés», nous souligne Chantal Cloutier, directrice de l’organisme Mouvement Organisé des Mères Solidaires (M.O.M.S.) de Terrebonne. «Ça a beaucoup changé. Les femmes ont leur premier enfant plus tard qu’avant pour de multiples raisons», ajoute-t-elle. On parlera donc plutôt, aujourd’hui, de «jeunes mères».

Statistiquement, entre 2000 et 2015, l’âge moyen des femmes à la naissance de leur premier enfant est passé de 26 à 28 ans dans le sud de Lanaudière et dans la MRC Les Moulins. Quant au nombre de grossesses, on note une nette diminution entre 2010 et 2015 chez les groupes d’âge 14-17 (de 180 à 66) et 18-19 (de 390 à 249).

De plus, chez M.O.M.S., ça fait plus de trois ans qu’il n’y a pas de mères de moins de 18 ans qui participent aux activités et aux groupes de rencontre. La situation est identique à l’école secondaire Armand-Corbeil de Terrebonne, qui a développé un programme de soutien et d’accompagnement pour les jeunes mères pour ne pas mettre en péril leur parcours scolaire. Aucune étudiante mère n’est présentement inscrite au programme, alors qu’à une certaine époque, jusqu’à 16 y participaient, rapporte Monique Majeau, intervenante sociale au Programme jeunes mères d’Armand-Corbeil.

Multiples facteurs

L’un des premiers facteurs de changement a, certes, été les efforts de prévention et de sensibilisation du milieu.

«Nous devons admettre qu’il s’est fait de bonnes choses en prévention, autant en milieu scolaire qu’au sein des autres organismes», indique Monique Majeau.

Pascale Lamy, adjointe au PDG – relations publiques du CISSS de Lanaudière, apporte quelques précisions. «Au cours des 15 dernières années, il y a eu des avancées qui peuvent en partie expliquer cette baisse chez les moins de 18 ans. Et depuis 2013, plus de 90 % des groupes de 3e secondaire des écoles publiques de la région reçoivent une présentation sur les infections transmissibles sexuellement et la contraception de la part de l'infirmière du CISSS de Lanaudière attitrée à leur école. Outre les informations que cela apporte aux jeunes, on note que la présentation permet de faire connaître les services de l'infirmière à l'école et que cela amène les jeunes à la consulter davantage pour des questions de condoms, de contraception et de contraception orale d'urgence, notamment. Il s'agit ici d'une avancée régionale.»

Accessibilité à la contraception

Les acteurs rencontrés sont également unanimes pour dire que l’accessibilité à la contraception et à la contraception d’urgence a eu un impact sur la réalité des «filles mères».

En effet, depuis 2003, la contraception orale d’urgence (ou pilule du lendemain) est accessible auprès du pharmacien, mais aussi directement dans les écoles secondaires par le biais de l'infirmière

«De plus, ajoute Pascale Lamy, depuis 2008, les infirmières peuvent initier une contraception hormonale (ex. : pilule, anneau, timbres, injections, stérilet) chez une clientèle de jeunes femmes en bonne santé. Concrètement, cela signifie que les adolescentes et les jeunes femmes peuvent obtenir un moyen de contraception hormonale à même leur milieu scolaire ainsi que dans les cliniques jeunesse.»

Pression de la société

Pour Éliza Laroche, intervenante chez M.O.M.S., la pression exercée sur les femmes s’est transformée : «Si les femmes avaient la pression d’enfanter, c’est maintenant les études et la carrière qui sont l’objet de cette pression. Combien de jeunes mères me disent qu’elles sont ‘"juste" une mère de famille! Elles-mêmes ne trouvent pas la valorisation d’être mères. Elles se font dire "t’as pas de diplôme" ou "t’as pas de travail".» 

Et les interruptions volontaires de grossesse (IVG) dans tout cela? Selon les données publiées sur le site du CISSS de Lanaudière, le nombre d’IVG a diminué chez les filles âgées de 14 à 17 ans depuis 2010, passant de 136 à 47. Le constat est le même chez les 18-19 ans (de 242 à 143).

Si la situation s’est transformée avec les années, il n’en demeure pas moins qu’il y a eu toute une organisation pour offrir un soutien global aux jeunes mères en situation précaire, pour elles et pour qu’elles puissent donner le meilleur à leurs enfants.


LISEZ AUSSI : http://www.larevue.qc.ca/actualites_dossier-semaine-tout-un-village-pour-elever-un-enfant-n44345.php et http://www.larevue.qc.ca/actualites_dossier-semaine-meilleur-pour-leur-petite-famille-n44353.php.

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