16° Terrebonne, mardi 24 octobre 2017
Restez informés, abonnez-vous aux infolettres
La Revue Télé

La Revue

L'hebdo des gens d'action

Rechercher Menu

Fil RSS

DOSSIER DE LA SEMAINE : Phénomène des gangs de rue, une ampleur difficile à définir
La police de Terrebonne indique que les gangs de rue représentent une réalité, mais qu'il est toutefois difficile de mesurer toute la portée de leur présence et de leurs activités.

DOSSIER DE LA SEMAINE : Phénomène des gangs de rue, une ampleur difficile à définir

Jean-Marc Gilbert

Mardi 10 octobre 2017

Est-ce que les gangs de rue sont présents et actifs dans la MRC Les Moulins? C'est la question que nous avons posée aux services de police locaux ainsi qu'à des intervenants du milieu. Si Mascouche répond «qu'il n'y a pas de gang de rue», et «pas d'activités de ce type sur le territoire», la réponse est passablement différente à Terrebonne.

«Nous ne sommes pas nécessairement au fait de toute la criminalité, mais c'est certain qu'une partie de celle-ci est reliée au crime organisé ou aux gangs», affirme le Benoît Bilodeau, capitaine aux affaires publiques du Service de police intermunicipal de Terrebonne/Sainte-Anne-des-Plaines/Bois-des-Filion.

Il est toutefois difficile de déterminer exactement qui fait quoi et à quel endroit, puisque plusieurs groupes criminels sont actifs dans une mesure plus ou moins grande, dit-il, que ce soit les gangs de rue, les motards ou alors la pègre italienne, asiatique et libanaise. Ils opèrent généralement de façon discrète.

«Il n'y a pas d'entité nette à Terrebonne. Nous ne sommes pas en mesure de dire, par exemple, que "tel bar appartient à un gang" ou "tel autre bar appartient aux motards" (...) Nous n'avons pas non plus de problématique de groupes dans un parc qui vont clairement s'identifier comme membres d'un gang d'allégeance "bleue" ou "rouge"», explique M. Bilodeau.

Il évalue aussi qu'à Terrebonne, les graffitis de type «tags» ou les coups d'éclat comme des paires de chaussures suspendues à des fils électriques – techniques parfois utilisées par les gangs pour «marquer leur territoire» – sont plutôt l'œuvre de «wannabes», soit des pseudo membres de gangs ou des gens qui aspirent à intégrer un groupe éventuellement.

Le capitaine affirme aussi qu'à l'extérieur des grands centres urbains, il s'agit surtout d'une activité «sectorielle», c'est-à-dire de la «délégation de tâches» comme la revente de stupéfiants, par exemple.

Renseignement criminel primordial

Outre la surveillance de certains établissements où des activités criminelles reliées aux gangs sont susceptibles de se dérouler (bars, restaurants, hôtels et motels), les policiers exercent aussi de la surveillance sur la base d'informations qu'ils reçoivent. «Si nous avons l'information qu'un membre de gang habite à un endroit X, nous allons faire des vérifications à différents moments de la journée pour relever les plaques d'immatriculation et tenter de faire des recoupements. Beaucoup d'informations sont acheminées à nos deux policiers attitrés au renseignement criminel», explique M. Bilodeau. À partir de janvier 2018, un troisième employé s'ajoutera à cette équipe, puisqu'une population croissante entraîne inévitablement une augmentation des effectifs policiers.

Par ailleurs, les services de police locaux travaillent en étroite collaboration avec d'autres corps policiers, puisque les dossiers reliés au crime organisé ont souvent des ramifications plus larges. C'est pourquoi un enquêteur de la police de Terrebonne travaille à temps plein au poste de la Sûreté du Québec de Mascouche, où sont situés les locaux de l'une des 13 escouades régionales mixtes (ERM) de la province. Ces équipes composées de policiers de la SQ, de la GRC et de policiers municipaux enquêtent spécifiquement sur le crime organisé.

«Quand un dossier devient hors de notre ressort, nous acheminons toutes les informations aux gens de l'ERM, qui peuvent aller plus loin du côté de l'enquête terrain», indique M. Bilodeau, rappelant qu'en fonction du nombre d'habitants, la police de Terrebonne offre un service de niveau 2, ce qui ne lui donne pas toute l'autonomie pour enquêter seule sur le crime organisé de haut niveau.

Attention particulière

Les gangs de rue étendent leurs «tentacules» dans plusieurs secteurs d'activités, affirme le capitaine. Les forces de l'ordre terrebonniennes concentrent particulièrement leurs opérations en matière de gangs sur deux types de crimes plus susceptibles de se dérouler sur le territoire, soit le recrutement d'adolescents et adolescentes par des proxénètes, ainsi que la production et la vente de stupéfiants. En plus de la répression, les policiers tentent aussi de travailler en prévention en visitant les écoles, particulièrement les classes de 3e, 4e et 5e secondaire. Les policiers suggèrent aux adolescents de rehausser leur vigilance, puisque le recrutement peut maintenant s'effectuer non seulement sur le terrain, mais aussi par le biais des réseaux sociaux.

La Sûreté du Québec n'a pu répondre à notre demande d'entrevue au moment de mettre sous presse.


LISEZ AUSSI : http://www.larevue.qc.ca/actualites_eviter-sombrer-n44148.php et http://www.larevue.qc.ca/actualites_dossier-semaine-souvent-une-question-perception-n44157.php

31 dec 2017 Ptit Creux

Commentaires

Vous désirez commenter cet article?
Vous devez être membre

Publicités