15° Terrebonne, vendredi 19 octobre 2018
Restez informés, abonnez-vous aux infolettres
La Revue Télé

La Revue

L'hebdo des gens d'action

Rechercher Menu

Fil RSS

DOSSIER DE LA SEMAINE : « Pourquoi moi? » Et pourquoi pas?
Anny Mailloux a pris part à plusieurs séances du conseil municipal de Mascouche en présence de sa fille Charlie-Rose. (Photo : Jean-Marc Gilbert)

DOSSIER DE LA SEMAINE : « Pourquoi moi? » Et pourquoi pas?

Jean-Marc Gilbert

Jeudi 21 décembre 2017

En 2012, Pauline Marois marquait l'histoire en devenant la première femme à diriger le Québec. En 2017, Valérie Plante a aussi causé une première en prenant les rênes de la Ville de Montréal. Plus près de nous, dans Lanaudière, on compte aujourd'hui  7 % plus de mairesses et 5,6 % plus de conseillères municipales qu'il y a quatre ans. Le travail des femmes qui militent pour que leurs concitoyennes aient leur place en politique porte ses fruits, même s'il reste encore du chemin à parcourir.

 «Il se passe quelque chose. Il y a un mouvement qui s'est instauré», se réjouit Lisette Falker, chargée de projet pour le Réseau des femmes élues de Lanaudière. La mission du réseau, créé en 2013, est de soutenir les femmes qui veulent s'impliquer dans leur communauté, que ce soit en politique ou dans d'autres sphères de la société.

Discussions, mentorat de femmes aspirantes, écoute et entraide : les activités du réseau ont pour but de prouver à tous, mais d'abord aux femmes, qu'elles ont bien leur place en politique. Car c'est souvent cet aspect qui fait hésiter la gent féminine.

«Les femmes n'ont pas tendance à se faire confiance. Elles se disent : "Pourquoi moi? Est-ce que je suis capable? Ai-je les compétences?" indique Mme Falker. J'ai eu ces mêmes réflexions lorsqu'on m'a suggéré de faire le saut. Tandis qu'un homme ne se pose habituellement pas ces questions. Il tient pour acquis qu'il en est capable.»

Sentiment partagé

Ce qu'avance Mme Falker est partagé par presque toutes les politiciennes de Terrebonne et de Mascouche sondées par Le Trait d'Union. Nathalie Lepage, élue dans le secteur Lachenaie en novembre, vient juste de passer à travers ce processus de réflexion. «J'ai hésité pendant deux mois en me demandant si j'allais pouvoir "livrer la marchandise". J'ai décidé d'y aller en me disant que je n'allais pas être pire qu'un autre.»

Elle est loin de regretter son choix. «J'adore ça! Même encore plus que je le pensais. J'ai toujours aimé les gens et tenté de régler leurs problèmes», confie-t-elle.

Brigitte Villeneuve, conseillère municipale pour le secteur La Plaine depuis 2013, n'a pas eu cette hésitation. «J'ai assisté à une rencontre sur les femmes en politique à Joliette et ça m'a appelée pas à peu près, raconte-t-elle. J'ai été dans le monde de la santé pendant plus de 35 ans. C'est vraiment ancré dans moi, d'aider les gens.»

La maternité et la politique

Anny Mailloux y a aussi longuement pensé avant de se lancer en politique à Mascouche pour deux bonnes raisons : Laurence et Gabriel, qui avaient 10 et 4 ans lors de la première campagne électorale de Mme Mailloux, en 2013.

Deux ans après son élection, elle apprenait qu'elle était enceinte de son troisième enfant. Charlie-Rose deviendra vite une habituée des séances du conseil municipal. «Je suis revenue au travail six semaines après mon accouchement. J'amenais Charlie-Rose avec moi à plusieurs rencontres et à chaque séance du conseil pendant les six premiers mois. Je l'allaitais parfois pendant les séances, raconte-t-elle. Je veux montrer aux femmes que ça se fait et tracer le chemin pour d'autres qui voudraient le faire.»

Celle qui a entendu et lu certains commentaires désobligeants à son égard et qui se fait parfois appeler «la p'tite» ne s'en offusque pas. «Je sais ce que je vaux. Je travaille fort et je mérite mon poste», insiste celle qui vient d'entamer son second mandat.

Mme Mailloux et Louise Forest sont les deux femmes au sein d'une équipe de huit conseillers, plus le maire Guillaume Tremblay. Loin de vouloir catégoriser un élu selon son sexe, la jeune conseillère croit que les femmes, en général, apportent une humanité en politique et un regard plus émotif sur certaines situations. Cela les amène à proposer de nouvelles  solutions auxquelles un homme, qui a tendance à être plus ferme dans la prise de certaines décisions, n'aurait pas nécessairement pensé.

«Les femmes approchent les situations autrement. On remet en question en demandant si telle ou telle solution a été envisagée. La force d'un conseil municipal est d'avoir des gens avec des connaissances dans divers milieux pour être complémentaires», ajoute Brigitte Villeneuve.

Trouver l'équilibre

L'émotivité et l'humanité ont d'ailleurs été des caractéristiques nommées par chacune des femmes avec qui nous avons discuté dans le cadre de ce dossier. Diane Gadoury-Hamelin, députée de Masson pendant 18 mois en 2012 et 2013, est du même avis.

«S'il y avait plus de femmes, on humaniserait plus la politique et ce serait moins une affaire d'hommes», croit-elle. Pas question de choisir une ou un élu en fonction de son genre au détriment de la compétence, prévient toutefois Mme Gadoury-Hamelin, mais elle a bon espoir qu'un jour, on atteindra une parité, ou au moins une zone de parité, même si la pente peut sembler abrupte à gravir (voir autre texte).

«Ce qui s'est passé à Montréal est inspirant, avec l'élection de Valérie Plante. Ça a ouvert les horizons. La nouvelle génération de femmes se fait plus confiance, mais rien n'est acquis, nous devons travailler sans cesse», ajoute l'ex-députée.


LISEZ AUSSI : http://www.larevue.qc.ca/actualites_dossier-semaine-autres-temps-autres-moeurs-n45127.php

29 janvier 2018 - Floréa (cell)

Commentaires

Vous désirez commenter cet article?
Vous devez être membre

Publicités