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DOSSIER DE LA SEMAINE: Tellement plus qu’un hébergement
Quelle que soit la situation d’itinérance d’une personne, les ressources, comme La Hutte, hébergement d’urgence de Terrebonne, fonctionnent. (Photo : Courtoisie)

DOSSIER DE LA SEMAINE: Tellement plus qu’un hébergement

Gilles Fontaine

Mardi 16 mai 2017

UN APRÈS-MIDI À LA HUTTE

À La Hutte, hébergement d’urgence de Terrebonne, le travail est vaste, mais la récompense est énorme. Plus de 60 % des personnes qui ont vécu une situation d’itinérance et sont passées par La Hutte ont maintenant leur logement.

«Ces personnes sont de vraies réussites. Elles étaient exclues de la société et, à force de travail, elles la réintègrent par la grande porte», mentionne Estelle Dionne, directrice générale de La Hutte depuis le début.

La honte

Ce n’est pas toujours facile. Les personnes en situation d’itinérance qui se présentent à La Hutte ne sont pas dans les meilleurs moments de leur vie. Quelle que soit leur situation, elles font face à leurs propres préjugés.

«Ça arrive souvent que l’on ouvre la porte et que l’on voie les gens pleurer sur le balcon parce qu’ils ne veulent pas rentrer. Ils se demandent comment ça se fait qu’ils en sont arrivés là. Ils ont honte. L’image que l’on a de l’itinérance, c’est celle d'un homme âgé en train de prendre une bouteille de bière sur un banc de parc. Ils ne veulent pas être attachés à cette image.»

Sud de Lanaudière

La Hutte est la seule ressource d’hébergement d’urgence du sud de Lanaudière et couvre les territoires des MRC Les Moulins et L’Assomption. Seize passionnés y travaillent afin d’offrir aux personnes un continuum de services qui va bien au-delà de l’hébergement.

«Pour aider également les personnes en situation d’itinérance, notamment en situation chronique d’itinérance, nous avons développé tout un réseau de services interne et externe ainsi que de l’accompagnement.»

Ces services vont de l’hébergement à l’accompagnement social dans le milieu de vie, sans compter les partenariats avec l’ensemble du milieu (privé, public, communautaire). Une grande nouveauté à La Hutte est la clinique de santé de proximité où un infirmier se rend à La Hutte une fois par semaine, Stéphane Gravel, de l’équipe spécialisée en itinérance de Lanaudière, un autre passionné, tout comme tous ceux et celles rencontrés à La Hutte.

Réintégration en logement

«Le but de tous ces services est vraiment d’installer les personnes en logement, dans un premier temps, tout en poursuivant notre accompagnement par la suite», poursuit Estelle Dionne.

Comme évoqué auparavant, plus de 60 % des gens, qui étaient désocialisés, demeurent en logement. C’est une réussite qui se compare à certains programmes Housing First dans le reste du Canada, aux États-Unis et en Europe.

«Quand on voit la réussite de ces personnes et le travail qu’elles ont accompli pour y arriver, c’est remarquable. Ça démontre clairement que, oui, les besoins sont existants (le taux d’occupation de l’hébergement d’urgence et transitoire atteignaient parfois plus de 90 %), mais surtout que les ressources fonctionnent. En plus, elles participent à la vie communautaire, font du bénévolat, suivent une formation et, certaines retournent sur le marché du travail. Ces gens redeviennent des citoyens reconnus par l’ensemble de la société.»

Il est difficile de calculer avec précision le «retour sur l’investissement.» Les réussites personnelles et le retour d’une dignité perdue sont largement suffisants pour se convaincre que ce programme vaut le coup, et ce, sans même calculer son apport économique.

Sommes toutes, La Hutte est beaucoup plus qu’un endroit pour passer la nuit, avoir un repas chaud et repartir le lendemain matin. C’est comme une grande famille où le soutien, le respect et l’accompagnement sont offerts et mis en valeur.

Lors de notre passage, à un certain moment, La Hutte a pris des allures d’une fourmilière. Certains faisaient la chaîne pour entrer une livraison d’aliments. D’autres ont rapidement fait disparaître les traces du repas du midi. On n’avait plus qu’à se soucier des rendez-vous de la journée et d’un journaliste en quête de réponses.


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12 septembre 2017 La Cremiere cell

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