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DOSSIER DE LA SEMAINE : Trouver refuge dans la nourriture
«Chez OA, je t'aide, tu m'aides, nous nous rétablissons», explique Marc, coordonnateur à l'information publique pour l'intergroupe OA, Montréal et région.

DOSSIER DE LA SEMAINE : Trouver refuge dans la nourriture

Jean-Marc Gilbert

Mardi 13 mars 2018

Mangez-vous quand vous n’avez pas faim? Avez-vous des fringales vous menant à manger jusqu’à en ressentir un malaise? Vous arrive-t-il de manger raisonnablement devant les autres pour «rattraper le temps perdu» plus tard? Vous réfugiez-vous vers la nourriture lorsque vous vivez de fortes émotions, qu’elles soient agréables ou désagréables? Si oui, vous souffrez possiblement de compulsion alimentaire sans même le savoir.

Si on parle très rarement de la compulsion alimentaire, comparativement à l’alcoolisme et à la toxicomanie, par exemple, la façon dont s’exprime ce désordre est le même : l'obsession. «C’est une maladie. Être outremangeur, c’est de ressentir le besoin pressant et irrésistible de manger de façon déraisonnable», propose comme définition Marc*, coordonnateur à l’information publique du groupe Outremangeurs anonymes (OA), de Montréal et région.

Les mythes

Il existe bien sûr des mythes entourant la compulsion alimentaire. Certains croient que les outremangeurs manquent simplement de volonté. «Il n'y a aucun rapport avec la volonté. Il y a des gens qui ont excellé dans tous les domaines de leur vie qui outremangent. C’est une question d’impuissance», affirme Marc. C’est d’ailleurs la toute première étape des 12 que comprend le programme de rétablissement : «Nous avons admis que nous étions impuissants devant la nourriture, que nous avions perdu la maîtrise de notre vie.»

De plus, contrairement à ce qu’on pourrait penser, on ne retrouve pas que des obèses chez les Outremangeurs anonymes. «Il y en a, mais le poids n’est pas un symptôme. Il y a des gens anorexiques, boulimiques, il y a des gens qui prennent des laxatifs. À partir du moment où il y a une obsession avec la nourriture, il y a un problème. On pense que l’on consomme pour mieux se sentir, mais on ne se sent pas mieux», ajoute Marc.

Dans la même veine, Florence*, présidente de l'intergroupe Montréal et région, note que la honte et la culpabilité suivent souvent un épisode d’hyperphagie. «Le premier chocolat ou le premier beigne est très bon. Mais rendu au 12e, tu pleures parce que tu n’es pas capable de te contrôler», illustre-t-elle.

Marc souligne que de 1 % à 2 % de la population vit avec un problème de dépendance à la nourriture.

Une fraternité et des outils

Les personnes qui se tournent vers les OA ont souvent tout tenté, en vain, avant de venir chercher de l’aide. Ils y trouvent alors une fraternité et peuvent échanger avec des gens aux prises avec le même type de problèmes, mais ils y trouvent aussi des outils pour leur permettre de reprendre le contrôle sur leur vie.

D’abord, le nouveau membre se monte un plan alimentaire personnalisé, qu’il ne faut pas comparer à un régime. L’idée des plutôt d’éviter les «aliments déclencheurs» (voir autre texte) et de trouver des comportements appropriés à la consommation de nourriture, comme de manger à la table plutôt que devant la télé ou de manger lentement, par exemple. C’est propre à chacun.

Il y a également un mode de vie en 12 étapes, grandement inspiré du mouvement des Alcooliques anonymes (AA).

Les OA proposent également neuf outils de rétablissement, comme le fait de participer aux réunions hebdomadaires qui se tiennent dans plusieurs localités.

À Terrebonne, les OA se réunissent le jeudi, pour des réunions de 90 minutes, au sous-sol de l’église Saint-Louis-de-France. Après un préambule d’une vingtaine de minutes, il y a lecture de promesse et des 12 étapes. Les nouveaux sont ensuite accueillis. Finalement, un membre du groupe vient partager sa situation pendant 45 minutes. «Après cinq ou six rencontres, on commence vraiment à comprendre ce qu’est le groupe et ce qu’il peut faire pour nous. Le parrainage/marrainage est aussi un aspect fondamental», dit Florence.

«C’est un mode de vie, un changement d’être que l’on opère et ça vaut drôlement la peine», conclut Marc.

 

*Pour préserver leur anonymat, nous n'avons utilisé que les prénoms des personnes qui ont accepté de nous parler.


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