-14° Terrebonne, dimanche 17 décembre 2017
Restez informés, abonnez-vous aux infolettres
La Revue Télé

La Revue

L'hebdo des gens d'action

Rechercher Menu

Fil RSS

DOSSIER DE LA SEMAINE : Un mal trop présent
L’homicide par un partenaire intime est la plus grande cause de mort chez les femmes de 18 à 24 ans au Québec.

DOSSIER DE LA SEMAINE : Un mal trop présent

Pénélope Clermont

Mardi 5 décembre 2017

La violence faite aux femmes. Il n’a jamais été autant d’actualité d’en parler. Signe qu’il faut continuer. Depuis le 25 novembre se déroulent les Journées d’action contre la violence faite aux femmes, qui se concluront le 6 décembre par la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes. Mais à quel point les femmes sont-elles violentées? Beaucoup trop, comme vous pourrez le constater.

L’homicide par un partenaire intime est la plus grande cause de mort chez les femmes de 18 à 24 ans dans la province. Une femme sur trois sera victime d’au moins une agression sexuelle après l’âge de 16 ans. Une femme sur quatre sera victime de violence conjugale et le nombre est trois fois plus élevé s’il s’agit de femmes autochtones ou handicapées.

Des statistiques qui illustrent une bien triste réalité, une réalité qui prend forme aussi localement. Offrant de l’hébergement aux femmes subissant de la violence en contexte conjugal, Regroup’Elles a reçu, du 1er avril 2016 au 31 mars 2017, 3 880 appels sur sa ligne d’écoute, alors que 4 506 interventions auprès de femmes ont été réalisées, en plus de 1 536 interventions jeunesse. À l’externe, 457 interventions ont été offertes.

Des femmes laissées à elles-mêmes

Sur le plan de l’hébergement, 147 personnes, dont 87 femmes, ont été accueillies au cours de la même période chez l’organisme. Mais que dire des refus… Par manque de place, 117 appels à l’aide ont été déclinés. Seulement du 11 novembre au 29 novembre de cette année, on compte 7 refus, incluant 4 enfants.

«C’est une tendant à la hausse parce que les femmes sont plus sensibilisées et connaissent les ressources, mais nous sommes complets, ce qui nous force à laisser des femmes et des enfants dans des situations précaires régulièrement, regrette Nancy Ménard, directrice intérimaire de Regroup’Elles. Ça vient avec un sentiment d’impuissance. Il y a deux ans, au temps des Fêtes, nous avons dû refuser une femme et ses trois enfants qui dormaient dans leur voiture. Ça fait mal au cœur.»

Hausse de demandes au CALACS aussi

Pour les mêmes dates, les statistiques du CALACS La Chrysalide illustrent aussi bien cette violence encore trop présente envers les femmes de la région. On recense 108 nouvelles demandes d’aide de victimes d’agressions sexuelles pour 77 nouveaux dossiers ouverts. Au total, ce sont 106 dossiers actifs qui ont été «traités» lors de 600 rencontres individuelles. L’organisme rejoint également plus de 1 500 jeunes d’écoles par année.

La situation n’est pas en train de s’améliorer. Du 1er avril au 15 novembre 2017, l’organisme a reçu 98 nouvelles demandes d’aide. Or, il reste encore quatre mois à l’année financière. «On remarque une hausse du nombre de demandes en urgence aussi», spécifie France Clément, coordonnatrice du CALACS La Chrysalide.

Toujours une question de consentement

Comme le souligne Mme Clément, on ne parle pas nécessaire de victimes de viol lorsqu’on note qu’une femme sur trois sera victime d’une agression sexuelle au cours de sa vie. «Mais un attouchement, ça ne passe pas», insiste celle qui est rassurée de voir que ce type de comportement semble de moins en moins toléré. 

Par agression sexuelle, on entend tout comportement, attitude ou parole à connotation sexuelle dirigé vers une personne non consentante. «Le non verbal de la personne permet de détecter un consentement. Une fille qui reste figée en regardant le plafond pendant une relation sexuelle n’est pas consentante», illustre Mme Clément.

«Même les "jokes" plates ne devraient pas être tolérées parce qu’un agresseur, c’est comme un voleur, il ne commence pas en volant une banque. C’est graduel : du harcèlement, des attouchements et quand il voit qu’il n’y a pas de conséquences, il va plus loin», ajoute-t-elle.

Reconnaître la violence conjugale

On retrouve le même type d’escalade du côté de la violence conjugale, qui peut prendre plusieurs formes : psychologique, verbale, physique, sexuelle, économique, sociale et spirituelle. «La violence conjugale s’installe tranquillement ou il y a un élément déclencheur, souvent une grossesse, et elle vient avec un cycle : tension, agression, justification et lune de miel. […] Au début, c’est l’atteinte de l’estime. Par exemple, "tu n’es pas belle, personne d’autre ne voudrait de toi"», dévoile Mme Ménard.

Vient aussi l’isolement. «Un conjoint qui part avec les clés de l’auto et le téléphone, alors que tu habites sur un rang de campagne, c’est de la séquestration, à la limite», note-t-elle.

Une fois la violence constatée, le cheminement pour s’en sortir ne fait que commencer pour les femmes dont le principal défi sera de se défaire de l’immense culpabilité qui les habite.


LISEZ AUSSI : http://www.larevue.qc.ca/actualites_dossier-semaine-prejuges-frein-a-egalite-n44799.php

25 mai 2018 Implantologie cell

Commentaires

Vous désirez commenter cet article?
Vous devez être membre

Publicités