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DOSSIER DE LA SEMAINE : Un progrès qui n'a pas que des avantages
En tant que policier d'expérience, Éric Gauthier indique que les progrès technologiques rapides depuis les 20 dernières années ont eu des impacts tant positifs que négatifs sur l'exercice de ses fonctions. (Photo : Jean-Marc Gilbert)

DOSSIER DE LA SEMAINE : Un progrès qui n'a pas que des avantages

Jean-Marc Gilbert

Mardi 6 février 2018

Si le métier de policier a toujours été en constante évolution, le changement s'est particulièrement accéléré depuis le tournant des années 2000, surtout en raison des avancées technologiques. Deux policiers de Terrebonne partagent leur vision de l'évolution de leur métier.

Embauché à Lachenaie en 1994 et conservant son poste après les fusions municipales, Éric Gauthier est devenu sergent au Service de police intermunicipal de Terrebonne/Sainte-Anne-des-Plaines/Bois-des-Filion en 2008. Il n'a donc pas vécu l'époque où les policiers avaient la réputation d'être «cowboys» et où plusieurs situations se réglaient «à coup de tapes sur la gueule», explique-t-il.

À son avis, ce qui a le plus facilité le métier de policier au fil des ans, c'est l'évolution de la technologie. «Quand je suis entré en 1994, si tu cherchais une rue, tu devais sortir la carte routière en papier.» De plus, à ses premières années comme patrouilleur, il n'y avait aucun répartiteur pendant la nuit. «On recevait les appels directement dans notre voiture», se souvient M. Gauthier.

Par ailleurs, l'équipement qui leur est fourni aujourd'hui n'a rien à voir avec celui d’avant. On n'a qu'à penser aux vêtements plus adaptés à leur travail ou alors aux radios dont disposent les agents pour communiquer entre eux, précise le sergent.

Marc-André White, policier à Terrebonne depuis 2001, remarque que les plus jeunes agents sont beaucoup plus à l'aise avec l'informatique.

«Lorsqu'on veut faire des vérifications au Centre de renseignements policiers du Québec, un jeune qui est avec nous depuis six mois sera beaucoup plus rapide que moi, indique l'agent White. Ils n'en reviennent pas que les rapports des patrouilleurs se fassent encore à la main plutôt que sur un ordinateur.»

Nouvelle criminalité

Paradoxalement, les deux agents rencontrés considèrent que la technologie a aussi complexifié leur travail, à commencer par le cellulaire au volant, source importante de distractions et à l'origine de plusieurs accidents.

La technologie est également un outil dangereux lorsqu'elle est utilisée avec des intentions malveillantes. Il suffit de penser aux cas de fraude, d'usurpation d'identité et de tous les autres crimes pouvant être commis au moyen d'ordinateurs. «Ce sont des crimes pour lesquels nous avons besoin d'une certaine spécialité. Ce n'est pas comme un vol de dépanneur ou un vol d'automobile. Ce ne sont pas des crimes qui se voient», indique le sergent Gauthier. Pour certains de ces crimes technologiques, les corps de police locaux peuvent toutefois compter sur l'expertise des gens de la Sûreté du Québec.

Cela fait aussi en sorte que certains types de crime diminuent. «Aujourd'hui, on voit très peu de vols qualifiés dans des institutions bancaires. Les gens ne vont repartir qu'avec quelques centaines de dollars», indique l'agent White. Des sommes d'argent plus importantes se trouvent dans les guichets automatiques. Il ne faut donc pas se surprendre de voir de plus en plus de tentatives de vols de guichets que l'on retrouve dans certains commerces.

Hausse du nombre de femmes

Notons en outre l'augmentation appréciable du nombre de femmes qui ont choisi d'exercer ce métier. M. Gauthier évalue qu'il y aurait maintenant 40 % de femmes au sein du Service de police de Terrebonne, comparativement à 10 % lors de son arrivée, il y a près de 25 ans. «Ça a un peu changé l'image stéréotypée voulant que les policiers aient de gros bras, mais de petits cerveaux.»

Leur approche, parfois différente de celle des hommes, permet souvent de résoudre des situations conflictuelles plus facilement. Et cela cadre parfaitement avec la réalité actuelle du métier de policier, souligne l'agent White. «Aujourd'hui, un policier discute beaucoup plus avec les gens qu'il intervient physiquement.»

Quand l'usage de la force est nécessaire, le policier, qu'il soit homme ou femme, maîtrise en principe les mêmes techniques pour intervenir de façon adéquate.

Si MM. Gauthier et White s'entendent pour dire que les policiers sont mieux outillés aujourd'hui, ils doivent constamment s'adapter en fonction des changements législatifs. La légalisation prochaine du cannabis et tout ce qui en découlera représenteront un défi d'envergure pour les corps policiers.

Le Trait d'Union a tenté de s'entretenir avec un agent de la police de Mascouche, mais malheureusement, aucun n'était disponible pour répondre à nos questions.


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18-08-09 au 08-23 Karaté Bernard Lacerte CEL

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