13° Terrebonne, samedi 20 octobre 2018
Restez informés, abonnez-vous aux infolettres
La Revue Télé

La Revue

L'hebdo des gens d'action

Rechercher Menu

Fil RSS

DOSSIER DE LA SEMAINE : Un virus moins présent, mais pas absent
Pascale Rodrigue, bachelière en sexologie et intervenante au Néo. (Photo : Pénélope Clermont)

DOSSIER DE LA SEMAINE : Un virus moins présent, mais pas absent

Pénélope Clermont

Mardi 15 mai 2018

Certains le craignent démesurément, d’autres lE banalisent de manière inquiétante, le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) se fait moins visible dans l’actualité. Grâce aux traitements qui ont connu des avancées remarquables au cours des dernières années, les personnes atteintes n’en meurent plus comme avant, le virus pouvant même devenir indétectable dans le sang, ne posant ainsi plus de risque de transmission. Loin est l’époque où on qualifiait le sida de «peste gay».

Pour comprendre le statut actuel du VIH, il est important de saisir les rouages de la maladie. Le VIH affaiblit le système immunitaire en s’attaquant au récepteur CD4 des cellules qui sonnent l’alarme contre les maladies. Selon l’évolution du virus, le nombre de CD4 dans le sang diminuera, jusqu’à passer en deçà de 200. C’est alors que le syndrome d’immunodéficience acquise, le sida, arrive. Il s’agit de la phase la plus grave du VIH. Sans traitement, une personne risque tôt ou tard de tomber malade à cause d’infections potentiellement mortelles.

Autre aspect important à observer chez une personne séropositive est sa charge virale, soit la quantité de virus contenus dans le sang. C’est ce qui fait que le virus est transmissible d’une personne à l’autre. Plus le taux est élevé, plus le risque de transmission est élevé.

Deux époques, deux réalités

Lorsqu’elle a travaillé pour la Maison Plein Cœur, de 2004 à 2006, Pascale Rodrigue, aujourd’hui bachelière en sexologie et intervenante pour Le Néo, se souvient de la réalité à laquelle devait faire face les personnes porteuses du VIH/sida.

«Elles étaient souvent invalides parce que les épisodes de maladie étaient trop fréquents pour maintenir un emploi. La prise de médicaments était aussi complexe avec plusieurs pilules par jour. C’était un job à temps plein. Sans compter les nombreux effets secondaires. On prolongeait leur espérance de vie, sans qualité de vie», témoigne-t-elle en se réjouissant qu’on soit à mille lieues de cette époque aujourd’hui. La durée de vie des médicaments a quadruplé – il en faut en effet pas plus de deux ou trois par jour, rapporte-t-elle – et les effets secondaires ne sont plus envahissants, voire absents éventuellement.

Aux dires de Mme Rodrigue, les traitements arrivent même à contrôler le nombre de CD4 afin qu’une personne atteinte du VIH en ait autant qu’une personne non atteinte. Quant à la charge virale, elle peut même devenir indétectable, rendant la transmission pratiquement nulle, même sans protection.

Pourquoi continuer d’en parler alors? «Le problème est pour ceux qui ne savent pas qu'ils sont atteints», soulève l’intervenante du centre Le Néo, un organisme lanaudois œuvrant pour de saines habitudes de vie affectives et sexuelles.

Le danger : les cas inconnus

Selon le rapport 2016 du Programme de surveillance de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine au Québec, «le dépistage est encore tardif pour un nombre relativement élevé de cas. Parmi les nouveaux diagnostics enregistrés pour l’année 2016, 23,1 % avaient des taux de CD4 inférieurs à 200 par ml.»

«Ça peut prendre des années avant que des gens se fassent dépister», informe Mme Rodrigue en précisant que la charge virale, donc le risque de transmission, est plus grande lorsque le virus vient d’être contracté.

Par ailleurs, lors d’une détection tardive, l’intervenante indique qu’on est capable de savoir depuis combien de temps le virus est présent dans l’organisme. La santé publique s’occupera ainsi d’informer les anciens partenaires sexuels en les invitant à se faire tester. «Si elle voit que tu ne le fais pas, elle envoie la police chez toi», dit-elle pour illustrer à quel point la chose n’est pas prise à la légère.

Si on doit encore attendre trois mois avant de pouvoir détecter la maladie dans l’organisme après qu’elle a été contractée, l’intervenante dévoile que les tests réalisés après seulement quatre semaines sont aujourd’hui souvent, pour ne pas dire toujours, fiables.

C’est donc dire qu’en 2018, on ne meure pratiquement plus du VIH/sida, mais il n’en demeure pas moins que la prévention, le dépistage précoce et surtout, la protection restent des incontournables, car on n’en guérit pas.


LISEZ AUSSI : http://www.larevue.qc.ca/actualites_dossier-semaine-mieux-vaut-prevenir-que-ne-pas-guerir-n46795.php

2018-01-16 au 12-31 Monde à Vie CEL

Commentaires

Vous désirez commenter cet article?
Vous devez être membre

Publicités