Terrebonne, samedi 31 juillet 2010
Vendredi 1 novembre 2002
Stéphane Fortier
Après avoir complété son DEP (diplôme d'études professionnelles) en comptabilité, il y a un an chez Compétences 2000 à Laval, la Terrebonnienne France Talissé, 21 ans, s'est tout de suite mise à la recherche d'un emploi. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'à ce moment, elle était déjà mère de deux jeunes enfants. Elle devait conjuguer avec des responsabilités familiales, en plus de ses études.
Déterminée
Comme elle a été confrontée au rôle de mère très jeune, elle a dû franchir beaucoup d'obstacles, passer par plusieurs périodes de découragement. Mais elle a eu la brillante idée de demander du support auprès de gens qui aident les filles-mères et a pu continuer ses études tout en ayant soin de ses deux puces. Après la conclusion de mon DEP, j'ai vu une annonce dans la Revue de Terrebonne pour le programme " Jeunes stagiaires " du Centre Jeunesse Emploi (CJE) des Moulins et j'ai immédiatement appelé ", relate France Talissé. " Elle n'était toutefois pas éligible à ce programme qui demandait d'être diplômé depuis six mois, mais il n'était pas question de la laisser tomber pour autant alors nous avons exploré d'autres avenues avec elle ", ajoute Diane Hamelin, directrice du CJE des Moulins. Cette dernière savait que la firme de comptables EPR de Terrebonne cherchait un ou une technicienne avec un DEC en comptabilité. France avait un DEP, mais pourquoi ne pas lui donner une
entrevue ? On ne sait jamais. Elle s'y rend donc, tout va très bien, mais France ne se fait guère d'illusion. " Au premier regard, je n'avais pas l'impression d'avoir les compétences pour faire le boulot. Ça allait trop vite, je n'y croyais pas trop ", de dire France qui rappelle que tout s'est passé en deux jours en janvier 2002. Lorsqu'elle a appris qu'elle avait le poste, elle était à la fois très contente et très énervée. Une fois sur place, elle se met au travail. Elle fait de la tenue de livre et comme la période des impôts arrive et que la demande est grande, elle s'y met, elle aussi. Il n'est pas rare qu'elle doive travailler 60 heures par semaine et plus. " J'avais des doutes au début, je ne me sentais pas performante. Mes tâches consistaient à faire de la tenue de livre, rassembler des documents pour les impôts des clients, rencontrer ces derniers et faire des rapports d'impôt en tant que tel " , explique France Talissé qui est technicienne comptable. Après 10
mois chez EPR, elle s'est vue attribuer le mandat de faire les payes. " Au cours de ces mois, j'ai eu un peu de formation, notamment au niveau des logiciels, mais je suis fière de dire que j'ai beaucoup appris par moi-même. Je puis vous dire en tous cas, que j'ai été mise dans le bain assez vite ", assure-t-elle.
Le bon ange
Tout n'a pas toujours été facile depuis janvier. France Talissé a vécu des moments plus difficiles. Quand cela n'allait pas bien, étrangement, le téléphone sonnait et Diane Hamelin était au bout du fil ", se souvient France. " Je l'encourageais à ne pas lâcher, lui rappelais que ce qu'elle vivait était précieux, qu'elle prenait de l'expérience ", raconte Diane Hamelin. " L'informer sur les réalités parfois difficiles du monde du travail était aussi important pour elle. Et puis surtout, je parlais de persévérance avec elle, une qualité qu'elle possède, mais qui lui faut toujours entretenir. Mais je n'ai pas de crainte pour elle, elle fait preuve de beaucoup de patience, de maturité, de détermination tant dans son travail qu'auprès de ses enfants ", soutient Diane Hamelin.
Support des pairs
France Talissé réussit bien aujourd'hui. Elle est heureuse dans sa vie et à son travail. " J'ai beaucoup de soutien des mes patrons, de mes collègues de travail. L'atmosphère de travail est formidable. Quand on passe par des journées plus difficiles tous ces facteurs te permettent de passer au travers plus facilement ",mentionne France.
Un message à ceux qui ont tendance à se décourager un peu vite ? " Si j'ai été capable d'y arriver, tout le monde le peut. Aux jeunes filles qui sont dans la situation que j'aie vécue, je leur dis, " ne lâchez pas ". J'ai également frappé aux bonnes portes, comme celle du CJE et de madame Hamelin. Il faut bien s'entourer, mais il faut penser qu'on est capable d'atteindre ses objectifs, de réaliser ses rêves ", croit France Talissé
Pas de doute, comme le veut le formule, la persévérance a un nom : France Talissé.
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