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Les gagnants : les citoyens
Les candidats à la mairie Valérie Quevillon, Stéphane Berthe et Marc-André Plante ont été invités par La Revue et la Télévision Régionale des Moulins à débattre de leurs idées. (Photo : Gilles Fontaine)

Les gagnants : les citoyens

Une analyse de Gilles Bordonado

Vendredi 20 octobre 2017

ANALYSE

Si vous ne pouvez trancher parmi les candidats à la mairie de Terrebonne à la suite du débat présenté jeudi soir par La Revue et la Télévision Régionale des Moulins, c’est que vous ne pourrez jamais vous décider.

Il y a une certitude au sortir de ce rendez-vous, une première depuis bien longtemps dans l’histoire de la ville : Terrebonne 2017, le débat a permis aux trois candidats de présenter clairement leur position respective.

La première question que tout le monde se pose est : «Y a-t-il un gagnant?» Je ne me lancerai pas dans un classement 1-2-3, mais plutôt sur une série d’observations qui rendent justice aux forces et faiblesses des trois candidats au cours de cette rencontre.

Stéphane Berthe

Commençons par le maire en place, Stéphane Berthe. Visiblement nerveux en début de débat – ce qui a expliqué certaines hésitations dans le premier bloc, entre autres en réplique à une réponse donnée à Valérie Quevillon qui l’a figé – ce dernier a gagné en confiance à mesure que le débat avançait.

Mettant de l’avant son année à la mairie et les mesures qu’il a instaurées depuis, mais aussi son programme, Stéphane Berthe a tenté de démontrer qu’il incarne déjà ce qu’il décrit comme le «vrai» changement, soulignant notamment ses positions en ce qui a trait à l’intégrité, élément phare de sa plate-forme électorale. Profitant du volet parlant de la jeunesse, il a rappelé la présence de trois jeunes de moins de 30 ans, de huit femmes et de huit hommes au sein de son équipe «équilibrée» entre les générations.

Au centre des attaques, car il dirige les destinées du conseil municipal, il s’est décontracté, on l’a senti, à partir du deuxième bloc. C’était notable quand le débat a parlé de transport en commun, dossier qu’il chapeaute depuis quelques années au conseil municipal. C’est d’ailleurs son expérience comme élu qui a été son principal atout. Ses années au conseil lui ont donné une perspective que n’avaient pas les deux autres.

C’est lui qui a eu la réplique par excellence de la soirée. Lors d’une discussion portant sur l’achat local, l’homme d’affaires devenu premier magistrat a demandé à Marc-André Plante, qui s’était montré favorable à une politique sur le sujet, où étaient imprimées certaines de ses productions papier. Le chef de l’ADT, pris au dépourvu, a mentionné ne pas avoir cette information. «Je vais vous le dire, monsieur Plante, elles sont imprimées à Mississauga en Ontario et à Montréal. Contrairement à votre formation politique, à Générations Terrebonne, nos bottines suivent nos babines.» Touché.

Marc-André Plante

Parlant de Marc-André Plante, ce dernier a été sans conteste le plus à l’aise. S'adressant directement à la caméra d’un ton ferme et décidé, il a étayé une bonne partie du volumineux programme de l’Alliance démocratique de Terrebonne. Moins stressé et bien préparé, il s’est même permis de placer le nom de certains de ses candidats et de les vanter à travers ses propos. Il a cherché à se positionner comme représentant du changement. Sa performance a été solide et il a paru confiant toute la soirée. On reconnaissait en lui le petit côté frondeur qui le caractérise. Pas baveux, simplement frondeur et en contrôle. Des trois, c’est celui qui a présenté son programme avec le plus de clarté, nonobstant le bilan de Stéphane Berthe comme maire.  

Attaqué de plein fouet par Valérie Quevillon sur son intégrité, il a rejeté avec vigueur les offensives de celle-ci, qui a lié quatre de ses candidats aux années Robitaille et lui au Parti libéral du Québec. Elle a rappelé que son adversaire a déjà porté les couleurs de cette formation politique il y a 20 ans.

Valérie Quevillon

La chef de Nouvel Élan Terrebonne a été à l’attaque pendant tout le débat, mais particulièrement au début. Des trois, c’est elle qui a été la plus incisive. Elle devait l’être, car des trois, c’est elle qui est arrivée la dernière dans la course. Elle devait se démarquer. Elle a positionné d’entrée de jeu le NET comme le seul véritable vecteur de changement, en particulier parce que sa formation ne compte aucun candidat du conseil dans son équipe et surtout aucun de l’Équipe Robitaille; il y en a 4 à l’ADT et 3 chez Générations Terrebonne sur les 17 que compte chaque parti. À son avis, les deux autres chefs dirigent de «vieux partis». Le positionnement a le mérite d’être clair.

Misant sur l’écoute et un esprit communautaire, elle a insisté sur sa promesse de geler les taxes au cours des quatre prochaines années, finançant la promesse avec les surplus engrangés par la Ville. Visiblement irrités de cet engagement qui pourrait être populaire chez l’électorat, Stéphane Berthe et Marc-André Plante ont tous deux promis de limiter les hausses de taxes au niveau de l’inflation ou de l’indice des prix à la consommation, voire mieux si c’est possible.

La promesse de la chef du NET a ainsi été attaquée par les autres candidats, qui la jugent irresponsable, voire impossible à appliquer. «Vous verrez bien que nous serons capables de respecter cet engagement, vous verrez», a répété Mme Quevillon, confiante en ses capacités de réaliser cette promesse.

Mais les deux opposants n’ont pas lâché le morceau. Selon eux, le plan fiscal du NET ne tient pas la route, car les surplus accumulés ne couvriraient pas les promesses du NET, en plus du gel du compte de taxes et du maintien des services. Marc-André Plante a d’ailleurs demandé à Valérie Quevillon de chiffrer l’ampleur des surplus accumulés pour financer ses promesse, donnée qu’elle ne connaissait visiblement pas. Point Plante ici.

Alors que les deux autres formations possèdent un programme plus détaillé, dû au fait que l’ADT est au travail depuis un an et que Générations Terrebonne a le maire comme chef, la chef du Nouvel Élan Terrebonne a été la plus évasive des trois sur plusieurs des sujets abordés. Même si elle est volontaire et décidée, on sentait que certains aspects de la gestion municipale lui échappaient.

Sur des sujets précis

Sur plusieurs questions, et malgré les nuances, les trois candidats se retrouvaient avec des positions relativement similaires. Cela a été le cas pour le Golf du Boisé, le dossier des pneus et pièces d’autos enfouis sous les terrains de Plainois, le soutien au monde communautaire, le déploiement d’activités culturelles ailleurs que dans le Vieux-Terrebonne, la priorité à l’achat local (si on exclut la question des imprimés de l’ADT), le développement du transport en commun et le développement du Vieux-Terrebonne. Notons que l’ADT et Générations Terrebonne, par l’exercice du pouvoir, semblaient avoir des programmes plus complets pour la majorité des sujets abordés.

Sur le plan de l’intégrité, Générations Terrebonne et l’Alliance démocratique de Terrebonne ont des politiques bien concrètes, ce qui manque au Nouvel Élan Terrebonne, qui juge que le simple fait de ne pas avoir d’anciens conseillers de l’Équipe Robitaille dans ses rangs et d’avoir une chef et des candidats intègres suffisent. C’est un peu mince, à mon avis, mais c’est une question de confiance envers les élus ici.

Je terminerai cette analyse en levant mon chapeau aux trois candidats qui se sont engagés dans cet exercice périlleux avec beaucoup de générosité et de courage. On voit que les trois se sont investis dans leur préparation. Être ainsi sur le gril pendant 1 h 30 n’est pas une sinécure. La pression était forte et les candidats se sont donnés à fond. Je les remercie d’avoir accepté l’invitation que la Télévision Régionale des Moulins et La Revue leur ont lancée. Je félicite aussi les artisans de TVRM et les membres de mon équipe d’avoir relevé ce défi.

Quant à savoir s’il y a un ou des gagnants, j’en ai trouvé plusieurs : les citoyens de Terrebonne.

1 an Vitrerie Gascon Cell

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