Terrebonne, lundi 20 mai 2013
Karine Limoges
Mardi 5 mars 2013
RESTRUCTURATION À LA MAISON DES JEUNES LA BARAK
L’ex-président de la Maison des jeunes La Barak de Mascouche Gilles Patenaude a demandé à l’Agence de la santé et des services sociaux de Lanaudière une enquête sur la situation qu’a vécue l’organisme entre juin 2011 et aujourd’hui. L’affaire avait fait grand bruit lorsqu’il s’était présenté à la séance de dévoilement des états financiers le 26 novembre 2011 et qu’on lui avait refusé l’accès. La police avait été appelée sur les lieux.
M. Patenaude s’est adressé au commissaire régional aux plaintes et à la qualité des services, Jean-Jacques Lamarche. Celui qui avait remis sa démission du poste de président en juin 2011 souhaitait assister à la séance – tenue à huis clos – pour le dépôt des états financiers. «Je devais être présent, car je portais la responsabilité [du] fait qu’au 10 juin, j’étais encore président de l’organisme», a-t-il précisé en point de presse le 1er mars. La veille cependant, la Maison des jeunes lui avait retiré de son statut de membre.
Il s’interroge encore sur les raisons pour lesquelles il a été «banni». Disant n’avoir «aucune idée de quoi on l’accusait», M. Patenaude a toutefois reconnu un manquement – soit d’avoir permis au conjoint de la coordonnatrice et à cette dernière de dormir à la Maison des jeunes un soir – pour des «raisons humanitaires». «Je vais prendre mes torts, a-t-il soutenu, mais qu’on me le dise [afin] que je le reconnaisse.»
Or, dans sa réplique quelques jours plus tard, le conseil d’administration de La Barak confirme que M. Patenaude a effectivement été rencontré, et qu’il s’agissait bel et bien du motif de sa destitution. «Préoccupé à vouloir blanchir sa réputation, M. Patenaude semble avoir oublié qu’à la suite de la réception de sa lettre d'expulsion, celui-ci a été rencontré [aux] locaux du Chez-Nous du Communautaire. […] Que pourrions-nous ajouter à ce qu'il en admet lui-même?»
La consultante externe qui a été embauchée pour redresser la situation à La Barak a ajouté en entrevue : «L’organisme n’a pas cette mission [d’héberger des adultes], il existe pour cela Habitat Jeunesse, organisme pour lequel travaille M. Patenaude, La Hutte et S.O.S. Hébergement Lanaudière».
Détournement de fonds?
Gilles Patenaude s’interroge par ailleurs sur un détournement de fonds de l’ordre de 15 000 $ qu’aurait commis un membre du personnel de La Barak. «Cette personne est restée à l’emploi de La Barak jusqu’à dernièrement et [elle] a dû rembourser en partie cette dette, insiste-t-il. J’ai l’impression qu’on s’est servi de moi pour camoufler un scandale financier.» Gilles Patenaude se questionne sur un possible manquement à l’éthique de Mario St-Georges, agent de liaison avec les organismes communautaires, qui aurait fermé les yeux sur cette «arnaque financière».
Invoquant qu’il s’agit d’«allégations», le conseil d’administration de la Maison des jeunes n’a pas commenté ces propos. «La venue d’un nouveau conseil d'administration assisté de l’expertise de la firme Art Stratège et de l'Agence a permis l’élaboration de procédures de fonctionnement, l'ajout d'un code d'éthique et de déontologie, d’outils d'analyse et de documents de gestion, a-t-on assuré par voie de communiqué. Un redressement important a été fait à l'organisme [qui] est maintenant bien outillé pour poursuivre sa mission auprès des jeunes.»
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