Terrebonne, mardi 7 février 2012
Kevin Riopel
Mardi 31 août 2010
Bien malin celui qui pourrait prédire ce qu'il adviendra des terrains de l'aéroport, si jamais la Ville de Mascouche peut en disposer à sa guise, puisque les autorités refusent de dévoiler leur plan en la matière. De leur côté, les acteurs de l'aéroport ne manquent pas d'idées pour donner un second souffle à l'endroit.
La Ville de Mascouche refuse de s'avancer sur les projets qui pourraient voir le jour sur les terrains de l'aéroport. Elle affirme que ce sera aux propriétaires du site de décider de la teneur du projet. Elle reste même ouverte à l'idée que la vocation actuelle se poursuive, pourvu que les personnes qui s'y trouvent décident d'acheter les terrains pour la valeur marchande. «Il faut bien comprendre que nous ne sommes pas contre l'aéroport de Mascouche. Si les personnes concernées veulent acquérir les terrains, elles sont libres de le faire. Elles pourront ainsi continuer leurs opérations et leurs activités. C'est une question d'équité avec les autres contribuables, qui ont le droit de profiter de ce que vont rapporter les terrains», mentionne le maire de Mascouche, Richard Marcotte.
Un secteur à exploiter
Si la Ville refuse de trop s'avancer sur les projets à réaliser, d'autres, comme Jean-Guy Loubert, président de l'Association des pilotes et des propriétaires de l'aéroport de Mascouche, ont de nombreuses idées sur ce qui pourrait être fait pour développer les terrains de l'aéroport et leurs alentours.
«Je suis présentement en discussion avec des personnes intéressées à développer le tourisme dans leur région du Québec. On pourrait donc proposer des circuits touristiques qui amèneraient les gens d'un aéroport régional à l'autre, dont Mascouche. Notre région pourrait ainsi profiter d'une nouvelle clientèle», analyse-t-il.
Toujours selon M. Loubert, il serait également possible de développer un aéropoarc, une formule qui fait ses preuves aux États-Unis. Il s'agit là de projets immobiliers intégrés à usage mixte comprenant des hangars d'avion et des habitations sur les lieux mêmes de l'aéroport, et ce, à proximité des voies de circulation et de la piste d'atterrissage. Un tel projet est d'ailleurs en train de voir le jour à l'aéroport de Lachute. «Le principe d'un aéroparc est de construire des condos qui comprennent un garage servant à remiser l'avion. Chaque habitation serait construite au coût de 200 000 $. De plus, un hôtel pourrait voir le jour afin d'accueillir les voyageurs. Cela permettrait de fournir plus d'argent à la Ville par le biais des taxes», suggère-t-il.
Il ajoute qu'il serait intéressant de développer un parc industriel à vocation aéronautique, créant ainsi des emplois de qualité dans la MRC.
Donner plus d'attrait à l'aéroport
Pour le gestionnaire de la Corporation de l'aéroport de Mascouche, il serait important de solidifier les acquis. Ainsi, Gilles Lambert rappelle que l'aéroport est viable avec un budget annuel de 100 000 $. «Les revenus proviennent actuellement du fait que chaque pilote paie 20 $ par mois. Aussi, les avions qui sont remisés sur les terrains de l'aéroport rapportent de l'argent. Les frais d'usage privé et commercial permettent aussi de combler notre fonds d'opération. Ainsi, nous procédons à des travaux de mise à niveau et de réfection de la piste et des feux de piste, en plus d'essayer de rendre notre aéroport plus attrayant pour nos visiteurs», précise-t-il, rappelant au passage que l'aéroport sert à de nombreux hommes d'affaires qui sont installés dans la région et qui doivent voyager sur une base régulière aux États-Unis et en Ontario.
Questionné à savoir si l'aéroport pourrait être déménagé, Gilles Lambert se fait transparent. «C'est certain que cela pourrait être une alternative. Mais là, on va vivre le syndrome du "pas dans ma cour" et on va se retrouver avec un nouveau problème sur les bras», précise-t-il.
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