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L’intimidation : échangeons et agissons
Selon Yan England, un jeune tendra une seule perche pour être aidé. Il en revient à nous de savoir l’écouter. (Photo : Pénélope Clermont)

L’intimidation : échangeons et agissons

Pénélope Clermont

journaliste@larevue.qc.ca

Mardi 17 octobre 2017

Même si les écoles de la Commission scolaire des Affluents font ce qu’elles peuvent pour enrayer l’intimidation entre leurs murs, il serait faux de croire que le phénomène n’existe pas. Ne réduisant pas pour autant les efforts, l’école secondaire Le Prélude, à Mascouche, a accueilli le scénariste, réalisateur et comédien Yan England, le 13 octobre, pour un après-midi d’échanges et d’action.

Un adolescent sur trois raconte avoir déjà été victime d’intimidation. Parmi 35 pays, le Canada occupe le neuvième rang en ce qui a trait à l’intimidation chez les jeunes de 13 ans. Pour contrer la problématique, le ministère de la Famille a lancé la campagne annuelle «Contre l’intimidation : agissons», dont Yan England est porte-parole.

Scénariste et réalisateur du long-métrage 1:54, abordant notamment l’intimidation, Yan England est bien placé pour parler du sujet. Il admet d’ailleurs en avoir été victime au cours de son adolescence. «Au début, ça commence par une blague, comme une “bine” sur l’épaule. Puis, les coups s’intensifient», a-t-il confié aux quelque 250 jeunes de tous les niveaux qui l’écoutaient attentivement.

Le scénariste a raconté s’être inspiré de faits réels tirés du Web, entre autres, dans son film sorti en 2016. «Tout ce qui est dans le film est vrai», a assuré celui qui fait la tournée des écoles pour parler d’intimidation.

Parlons intimidation

«Dans une école que j’ai visitée, on disait qu’il n’y avait pas d’intimidation parce qu’on en parlait et que les élèves étaient sensibilisés. Une jeune fille a levé sa main pour dire qu’elle vivait depuis quatre ans ce qu’on voyait dans le film, et elle était à l’école où on disait ne pas vivre d’intimidation, a-t-il soulevé. La morale de l’histoire est que si on se dit qu’on a réglé le problème, on arrête de regarder et c’est là que ça se glisse à nouveau.»

Au terme de la présentation de près d’une heure, le directeur de l’école Le Prélude, Ghislain Plourde, n’a d’ailleurs pas caché ce qui se passe entre ses murs. «Est-ce que ça (l’intimidation) arrive dans notre école?» a-t-il demandé aux élèves, qui ont répondu en chœur par l’affirmative.

À cet effet, on a pu observer, en cours de rencontre, des élèves sortir en pleurs de l’agora, où l’activité avait lieu. Les témoignages partagés par Yan England ravivaient des douleurs du passé ou même du présent, qui sait…

Des actions à entreprendre

L’important dans de telles situations, comme l’ont indiqué les intervenants sur place, est d’en parler pour agir. M. Plourde a ainsi rappelé aux élèves les outils à leur service. Par exemple, chaque degré scolaire dispose d’un technicien en éducation spécialisée (TES) pour du soutien en cas de besoin.

Sur le site Internet de l’école, l’onglet «Intimidation» fournit notamment un aide-mémoire pour les parents d’un enfant victime d’intimidation, comme pour ceux d’un enfant qui fait de l’intimidation. De plus, une ligne téléphonique et une adresse de courriel permettent de dénoncer l’intimidation.

Si plusieurs adultes sont accessibles pour soutenir et écouter les jeunes, l’école a aussi mis en place une escouade pour les jeunes, par les jeunes : Garde-Ados. Une dizaine d’élèves de la deuxième 2e à la 5e secondaire compose le groupe qui vient en aide à d’autres élèves de l’école.

«On s’est rendu compte qu’il était plus difficile de dénoncer l’intimidation auprès d’adultes. Garde-Ados est donc là pour écouter les élèves qui ont besoin de parler», explique Félix Larose, psychoéducateur, précisant qu’il s’agit d’une initiative d’une ancienne élève que l’école a développée.

Être à l’écoute des perches tendues

Au terme de la présentation, les élèves ont pu rencontrer Yan England pour discuter avec lui, prendre des photos ou se confier. Plusieurs ont saisi l’occasion. Selon lui, les élèves victimes d’intimidation ont seulement besoin qu’on leur prête une oreille attentive et qu’on «valide» ce qu’ils ressentent.

«De ce que je peux observer, un jeune tendra une seule perche pour être aidé. C’est à nous d’être à l’écoute, et c’est important de se mettre dans ses souliers. Non, il ne peut pas “oublier ça”, “mettre ça de côté” et “attendre que ça passe” parce que quand il voit que ça ne fonctionne pas, il commence à croire que c’est lui, le problème. Il faut lui montrer qu’on va essayer de trouver une solution ensemble», conclut le porte-parole.

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