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Terrebonne, samedi 31 juillet 2010

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« Nous ne les laisserons jamais tomber »- Danny Girard, d’Olymel

Michel Bureau

Mardi 2 mars 2010

Les irritants que vivent les travailleurs d'Olymel originaires de l'île Maurice sont-ils le fruit d'une dure réalité qui les frappe au visage ou le résultat d'une gestion contestable de l'entreprise? Pour tenter de répondre à cette question, La Revue a rencontré des membres de la direction d'Olymel Saint-Esprit.

Le porte-parole d'Olymel au Québec, Richard Vigneault, et le responsable des ressources humaines, Danny Girard, sont venus donner leur version des faits sur la situation qui prévaut chez Olymel avec les travailleurs étrangers. Rappelons qu'une cinquantaine de Mauriciens sont débarqués dans la région en octobre pour venir travailler à l'abattoir Olymel de Saint-Esprit. Au début, ils semblaient fort contents de leur choix, mais depuis, ils ont constaté que le Québec n'est pas nécessairement l'endroit pour s'enrichir. Ils ont réalisé que les Québécois payent beaucoup plus d'impôts que ce à quoi ils sont habitués. De leur aveu même, les Mauriciens ne s'attendaient pas à en payer autant. Et sur ce point, Olymel avoue sans détour une erreur non intentionnelle qu'elle a commise, promettant toutefois de remédier à la situation le plus rapidement possible.

«Nous ignorions des informations importantes sur les déductions pour les résidants non permanents. Un travailleur étranger paie plus d'impôts qu'un résidant du Québec, ce qui entraîne un manque à gagner d'environ 30 $ par semaine pour les Mauriciens. Nous devrons mettre l'accent là-dessus et corriger le tir. Nous avions prévu faire certains ajustements en cours de route. C'est un processus normal, surtout quand il est question d'un programme expérimental, et nous devons nous adapter tout autant qu'ils doivent s'adapter. L'apprentissage est réciproque», mentionne Danny Girard, précisant qu'il s'agit du premier programme permettant à une entreprise de faire venir au pays de la main-d'œuvre dite non qualifiée.

Retour aux sources

Si quelques Mauriciens pensent retourner chez eux pour des raisons personnelles, d'autres préfèrent malgré tout rester. Certains ont cependant mis en doute le récent congédiement d'un confrère de travail. «Cinq travailleurs sur 52 sont retournés à l'île Maurice depuis le premier jour, dont quatre pour des raisons personnelles. Un seul a été retourné chez lui parce qu'il ne répondait pas aux attentes de son poste. Si un travailleur ne répond pas aux attentes, nous ne pouvons pas le garder à tout prix», de souligner Danny Girard, qui était à l'île Maurice lors de la rencontre avec les candidats mauriciens.

Malgré les légères tensions qui peuvent survenir, Olymel affirme tout faire en son pouvoir pour soutenir ses travailleurs venus de l'extérieur. Si chacun coûte au départ 4 000 $ à l'entreprise, elle n'hésite pas à débourser encore plus d'argent quand le besoin s'en fait sentir. «Nous avons déboursé plus de 100 000 $ en frais d'hospitalisation pour un employé de l'étranger. Les Mauriciens sont travaillants, et nous tenons à les garder chez nous. Nous comptons sur des employés de nationalités diverses et nous les traitons tous également. Nous assurons un service de transport en autobus tant à Laval qu'à Montréal pour leur permettre de venir au travail», d'expliquer le responsable des ressources humaines chez Olymel.

Des promotions souhaitées

Les travailleurs de l'île Maurice souhaitent avoir des possibilités d'avancement au sein de l'entreprise, une réalité accessible, selon M. Girard. «Nous les encourageons à postuler lorsqu'il y a des postes affichés sur le babillard. Ils doivent être patients, ils viennent à peine de débarquer, et selon la convention collective, il faut y aller avec l'ancienneté et les compétences. À tout le moins, ils auront assurément plus d'heures de travail au cours des prochaines semaines», de faire remarquer Danny Girard.

Un support indéfectible

Selon M. Girard, les Mauriciens ne sont pas laissés à eux-mêmes. «Ils sont bien encadrés et demeurent dans des maisons relativement confortables. Ils disposent d'un ordinateur dans chaque résidence pour communiquer avec leur famille respective par courriel ou par Skype. Immigration Canada est venu visiter chaque domicile. Nous avons mandaté une personne pour s'occuper d'eux. De plus, nous avons mis un comptable à leur disposition pour les déclarations de revenus et tout ce qui est relié à la fiscalité. Nous avons également conclu une entente avec AMINATE, un organisme de Terrebonne qui offre un service d'accompagnement aux nouveaux arrivants dans la région. Précisons que nous avions préalablement rencontré toutes les familles des gens que nous avons embauchés. Nous avons soigneusement sélectionné chaque employé et nous avons refusé 110 candidatures.»

Bref, Olymel prétend avoir tout mis en œuvre pour faire un succès de ce projet pilote qui a reçu l'aval du gouvernement fédéral. «Une chose est certaine, nous ne les laisserons jamais tomber!» de conclure Danny Girard, d'Olymel.

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