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Du nouveau dans le dossier des micro-ondes
Santé Canada recommande d’encourager les jeunes de moins de 18 ans à limiter leur utilisation d’un téléphone cellulaire.

Du nouveau dans le dossier des micro-ondes

Véronick Talbot

Mardi 25 octobre 2011

Le collectif Sauvons nos Enfants des Micro-Ondes (SEMO), de la région de Terrebonne, le répète depuis trois ans : l'exposition aux champs électromagnétiques de radiofréquences, tels que ceux émis par les appareils de communication sans fil et les antennes relais, pourrait avoir des effets néfastes potentiels sur la santé. Un discours qui, depuis quelque temps, semble aussi trouver un écho du côté de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), de plusieurs pays d'Europe et même de Santé Canada. 

Alors que plusieurs qualifiaient le collectif SEMO de trop alarmiste il y a de cela trois ans, un nombre grandissant de recherches sont menées aux quatre coins du globe afin de démontrer si l'exposition à des champs électromagnétiques de radiofréquences peut effectivement représenter un risque pour la santé. Bien qu'il n'y ait toujours pas de consensus scientifique dans le domaine (certaines études se font alarmantes alors que d'autres se font plus rassurantes), un constat demeure : tous sont d'avis qu'il faut absolument poursuivre les travaux de recherche sur la question.

C'est notamment la position de l'OMS qui, le 30 mai 2011, classait les champs électromagnétiques de radiofréquences «comme peut-être cancérigènes pour l'homme, sur la base d'un risque accru de gliome, un type de cancer malin du cerveau, associé à l'utilisation du téléphone sans fil».

«On y précise de plus que les données sont suffisantes pour conclure à la classification 2B, qui s'applique également au plomb, au pesticide DDT et à la fumée sortant des moteurs à essence des automobiles. On retrouve aussi dans cette catégorie des produits interdits au pays, notamment le Bisphémol A, défendu au Canada, et les pesticides Killex, prohibés au Québec», précise le Terrebonnien François Therrien, porte-parole du collectif SEMO.

Limiter l'utilisation du cellulaire

Selon M. Therrien, c'est probablement à la suite de cette sortie de l'OMS que Santé Canada a récemment revu sa position quant à l'utilisation des téléphones cellulaires. Ainsi, jusqu'au 3 octobre, il était possible de lire sur le site Web du ministère qu'il n'existait «aucune preuve concluante de dommages causés par des expositions [aux micro-ondes] à des niveaux trouvés normalement dans les maisons et les lieux de travail au Canada».

Or, depuis le 4 octobre, Santé Canada émet, toujours sur son site Internet, un avis sur les risques associés à l'exposition aux champs électromagnétiques et propose, pour une première fois, des mesures destinées spécifiquement aux utilisateurs de téléphones cellulaires, soit de limiter la durée des appels sur le cellulaire, d'opter pour un appareil «mains libres», de remplacer les appels par des messages textes et d'encourager les jeunes de moins de 18 ans à limiter leur utilisation de tels appareils.

«Et selon moi, ces avertissements ne devraient pas que se limiter à l'utilisation du téléphone cellulaire, puisque le discours de l'OMS s'applique aux champs magnétiques de radiofréquences, qui sont aussi utilisés par les appareils Wi-Fi, les antennes relais et l'ensemble des dispositifs utilisant les micro-ondes», poursuit M. Therrien.

Principe de précaution

Actuellement, c'est le Code de sécurité 6 qui définit les lignes directrices sur l'exposition humaine à l'énergie électromagnétique des radiofréquences au Canada. Celui-ci tient compte des effets thermiques liés à une telle exposition, mais ne considère pas les effets biologiques qu'elle peut entraîner à long terme, une situation que déplore le collectif SEMO.

«Santé Canada devrait non seulement diffuser à plus large échelle sa nouvelle position envers l'utilisation des téléphones cellulaires, mais également appliquer le Principe de précaution quant à l'exposition aux micro-ondes, car l'absence de certitude scientifique ne doit pas servir de prétexte pour remettre à plus tard l'adoption de mesures visant à protéger la population», croit M. Therrien.

Une puissance variable

Rappelons que les télécommunications sans fil reposent sur un vaste réseau de tours de téléphonie cellulaire qui envoient et reçoivent de l'information. Quand vous faites un appel avec votre téléphone cellulaire, par exemple, une communication à deux sens est établie entre l'appareil et la tour grâce à une énergie de radiofréquence dont la puissance varie selon le type de réseau et la distance qui sépare le téléphone de la tour.

C'est Industrie Canada qui est chargée de superviser l'octroi des licences et l'emplacement des antennes de télécommunications, afin de s'assurer que le taux d'exposition aux radiofréquences ne dépasse pas les limites définies comme sécuritaires et prescrites par Santé Canada.

Ailleurs dans le monde :

  • - Le 27 mai 2011, l'Assemblée parlementaire européenne adoptait la résolution 1815 relativement aux dangers liés aux champs électromagnétiques et fixait le niveau d'exposition aux micro-ondes à un seuil maximal 10000 fois inférieur à celui en vigueur au Canada.
  • - Les villes de Toscane (Italie), Salzbourg (Autriche) et Valence (Espagne) appliquent elles aussi une limite d'exposition aux radiofréquences 10000 inférieure à celle en vigueur au Canada.
  • - La Finlande interdit toute antenne à moins de 300 mètres des écoles.
  • - La Ville de Toronto a mis en place une législation obligeant les promoteurs des projets d'installation d'antennes de démontrer que celles-ci émettent des radiofréquences à un niveau au moins 100 fois inférieurà la norme de Santé Canada.

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