16° Terrebonne, samedi 23 juin 2018
Restez informés, abonnez-vous aux infolettres
La Revue Télé

La Revue

L'hebdo des gens d'action

Rechercher Menu

Fil RSS

Nouveau registre, même débat

Pénélope Clermont

journaliste@larevue.qc.ca

Mardi 27 février 2018

Depuis le 29 janvier, l’immatriculation des armes à feu sans restriction, communément appelées «armes d’épaule», comme les fusils ou les carabines, est obligatoire au Québec. Les propriétaires ont jusqu’au 29 janvier 2019 pour se conformer, ce que fera le Mascouchois Kenny Proulx, en temps et lieu.

M. Proulx est un adepte de tir sportif. Il possède des pistolets et des carabines. «Le sport est mon but premier. Je ne garde pas mes armes en dessous de mon oreiller et je ne suis pas d’accord pour qu’on puisse en trouver partout non plus», assure le père de famille qui se conformera au règlement… éventuellement.

«Je n’ai pas encore eu d’avis légal du gouvernement ni du contrôleur des armes à feu. Est-ce qu’ils tiennent pour acquis que je vais voir ça sur Facebook?» questionnait-il une semaine après l’entrée en vigueur du nouveau registre.

En guise de protestation, il attendra la date limite pour procéder. Selon lui, le registre ne tient pas compte des spécificités de son sport. Il lui arrive entre autres d’interchanger ses canons, ce qui complexifie la tenue de l’inventaire du registre, puisque les canons ne seront plus en lien avec l’arme d’origine. «Il y aura de plus en plus d’erreurs d’inventaire au fil du temps», soutient l’homme qui trouverait frustrant de payer des amendes ou, pire, de perdre ses armes à feu en raison des «lacunes» du registre.

«Une impression de contrôle»

L’argument principal de M. Proulx se trouve toutefois ailleurs. «Il n’y a aucun gain à faire», avance-t-il en indiquant que le permis de possession et d’acquisition (PPA) d’armes à feu du fédéral implique déjà un contrôle serré qui se fait en amont. Qui plus est, le registre des armes de poing (pistolets) demeure en place au fédéral.

«Les réactions sont très émotives. Le registre donne l’impression d’un contrôle supplémentaire, mais le problème part de la santé mentale. Qu’il coûte 1 M$, 20 M$, 30 M$ ou 500 M$, c’est de l’argent qui pourrait être ailleurs. Dans des programmes de santé mentale ou dans des ressources contre le suicide», ajoute-t-il avant de poursuivre : «Le registre n’apporte aucune notion de sécurité. Les crimes avec les armes longues sont rares.»

Un aspect que corrobore Benoit Bilodeau, capitaine à la police de Terrebonne. «On parle de cas d’espèce», informe-t-il en mentionnant qu’il est de façon générale très rare que les armes impliquées dans des échanges de coup de feu soient enregistrées dans un registre ou un autre.

«Lors d’interventions, ce sont plus les armes d’opportunité, comme les armes blanches et contondantes ou les bouteilles de verre que les armes longues [qu’on redoute]», nuance-t-il.

Un outil consulté quotidiennement

Cela dit, M. Bilodeau comme André Voyer, capitaine aux enquêtes et au soutien de la police de Mascouche, confirment tous deux que leur service respectif consulte de façon systématique le registre québécois lors de leurs interventions. «Dès qu’on prépare un dossier pour une perquisition ou une arrestation, qu’on reçoit un appel pour une personne avec des problèmes de santé mentale ou des idées suicidaires, c’est systématique», dévoile le capitaine Bilodeau.

Il faut nuancer par contre que ce n’est pas parce que des armes longues sont enregistrées au registre que les policiers débarqueront sur place avec leurs propres armes dans les mains. À l’inverse, si aucune arme n’est enregistrée, «on tient quand même pour acquis qu’il y en a», rapporte-t-il.

Enfin, le registre est utile aux corps policiers dans des cas de violence conjugale. «Le suspect libéré sous certaines conditions ne peut pas posséder d’armes. S’il en a, on va repartir avec celles-ci. C’est un outil supplémentaire auquel on a accès», conclut M. Bilodeau.

18 janvier 2018 - Vitrerie Gascon Cell

Commentaires

Vous désirez commenter cet article?
Vous devez être membre

Publicités