1° Terrebonne, mercredi 22 novembre 2017
Restez informés, abonnez-vous aux infolettres
La Revue Télé

La Revue

L'hebdo des gens d'action

Rechercher Menu

Fil RSS

Personnalité de l'année 1998

Jeudi 1 janvier 1998

Yves Blais: un homme de coeur, un vrai, nous a quitté

Depuis notre première édition "hommage" en 1994, c'est la première fois que La Revue offre le titre de personnalité de l'année à une personne décédée. Mais le choix d'Yves Blais, à titre posthume, s'imposait à tous. Le député, qui nous a quitté un dimanche de novembre, à dix jours d'une réélection assurée, a marqué la culture par son action dans ce domaine, mais aussi la politique dans la région par son travail unique et exemplaire.

Gilles Bordonado

Né en 1931 dans le Témiscamingue, M. Blais a fait des études classiques à Mont-Laurier, y obtenant un baccalauréat ès lettre. Après des cours de communication, d'administration et de relations sociales, il travaille à Hydro-Québec de 1951 à 1966 y occupant plusieurs postes techniques et administratifs.

Avec son compagnon Percival Broomfield, il fonde le Patriote de Montréal en 1964 et plusieurs autres boîtes à chansons qui lanceront de nombreux artistes et chansonniers québécois, dont Marie-Claire et Richard Séguin, Louise Forestier, Plume Latraverse, Pierre Létourneau, Gilles Valiquette, Édith Butler et combien d'autres. Son apport à la culture québécoise a été reconnu par plus d'un intervenant dans le domaine.

Ce passionné du Québec est un fervent indépendantiste. Il a milité au sein des premiers groupes nationalistes dans les années 1950. Cet enthousiasme pour la souveraineté le pousse en 1981, un an après la défaite référendaire, à faire le saut en politique active pour maintenir bien vivante la cause de sa vie. Même s'il n'est pas le favori du PQ, M. Blais remporte l'investiture du comté de Terrebonne avec 75 % des voix, avant de balayer la circonscription avec près de 9 000 voix de majorité. Le règne de 17 ans de Frontenac dans la région commençait...

Dès son arrivée, il bouleverse le milieu et le rôle de député. Il est présent, partout pour tous. Il multiplie les tournées, prend le pouls de la population et plaide la bonne parole. Le député tout terrain était né. A l'Assemblée nationale, ses discours imagés sont applaudis de tous et lui valent une visiblité nationale.

En 1985, il est réélu avec la plus importante majorité péquiste du Québec. Malgré les tergiversations politiques de son chef Pierre-Marc Johnson, le député tient le fort et il doit ramer fort pour maintenir la cohésion de ses troupes qui trouvent "PM" bien tiède vis-à-vis la souveraineté. Son objectif bien en tête et au coeur, il demeure fidèle à ses convictions et applaudit l'arrivée de Jacques Parizeau à la tête du PQ.

En 1989, la réforme de la carte électorale le pousse dans le comté de Masson, où il remportera une victoire convaincante. Malgré les problèmes cardiaques qui le frapperont dès 1988, Yves Blais ne ralentit pas la cadence, mobilisant ses troupes comme jamais. Il réalise des campagnes de financement record (101 101 $ en 1992 !) et recrutera un nombre considérable de membres.

Le député réélu par ses fidèles électeurs en 1994. Le Premier ministre Jacques Parizeau lui confie alors un poste de taille: Délégué régional de l'Outaouais. Il a le mandat de fouetter l'ardeur nationaliste des gens de cette région fédéraliste du Québec et représentée par cinq députés libéraux: "Au référendum, chaque vote pour la souveraineté compte...", rappellera Yves Blais. Il décroche même un casino pour la région.

En mai 1998, le vénérable député de 67 ans décidait de solliciter un 5e mandat, ayant toujours dans sa mire la réalisation de la souveraineté, si importante à ses yeux. A la fin de l'été, avec l'arrivée du ministre François Legault, certains haut placés du PQ l'invitent à laisser sa place, ce qui amène un tollé de protestation. Se disant prêt à quitter la scène "par devoir et non par goût", Yves Blais retrouvera sa juste place, puisque le PQ fera finalement marche arrière...

Se dirigeant vers une victoire record, M. Blais aura été emporté par un problème de coeur, lui qui en avait peut-être trop donné, de ce coeur et de sa santé, à travailler pour ses citoyens et la cause de sa vie, la souveraineté du Québec...
Autres textes:
[1]Yves Blais était un grand Patriote...
[2]Mon très cher Yves...

References

1. http://www.larevue.qc.ca/archives/1998/33gilt7.html
2. http://www.larevue.qc.ca/archives/1998/33gilt8.html

24 novembre 2017 Rive nord bas

Commentaires

Vous désirez commenter cet article?
Vous devez être membre

Publicités