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Terrebonne, mardi 7 février 2012

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Plus de 10 M$ en jeu Le dossier des terrains de l’aéroport de Mascouche fait couler beaucoup d’encre, et pour cause : ces derniers vaudraient plus de 10 M$.

Plus de 10 M$ en jeu

Kevin Riopel

Mardi 31 août 2010

TERRAINS DE L'AÉROPORT DE MASCOUCHE

C'est un secret de Polichinelle, les terrains de l'aéroport valent une petite fortune. D'ailleurs, cette question monétaire est au cœur de la saga de l'aéroport de Mascouche. Les défenseurs de ce dernier y vont de leur argumentaire pour maintenir les lieux ouverts, alors que la Ville affirme être en droit de disposer des terrains comme bon lui semble.

Les 2,7 millions de pieds carrés de l'aéroport de Mascouche pourraient représenter une véritable mine d'or pour la Ville, advenant le cas où la Municipalité serait autorisée à s'en départir. En effet, les terrains vaudraient, au bas mot, plus de 10 M$. Pas étonnant que le maire de Mascouche, Richard Marcotte, affirme haut et fort que l'argent appartient aux contribuables et qu'il devrait servir à financer des infrastructures et des projets pour la municipalité.

«Nous ne disons pas que l'aéroport doit partir ou rester. Nous disons tout simplement que nous voulons mettre les terrains en vente afin de les offrir au marché. Cette volonté de faire figurait à notre programme électoral lors de nos trois dernières campagnes, et si les gens ont voté pour nous, c'est qu'ils sont d'accord avec cette idée. Les sommes provenant de la vente serviront à l'ensemble des contribuables, comme il se doit», lance-t-il, rappelant au passage que les entreprises situées sur le site de l'aéroport avaient déjà eu l'opportunité d'acheter les terrains en 2002, alors qu'ils étaient en vente au coût de 1,8 M$.

Les acteurs se prononcent

La Corporation de l'aéroport de Mascouche est elle aussi bien consciente de la valeur des terrains de l'aéroport. Cependant, le gestionnaire de la corporation, Gilles Lambert, affirme que ce serait une erreur de déloger les entreprises qui y sont présentes. «Ce sont entre 35 et 40 personnes qui travaillent dans les huit entreprises situées sur le site de l'aéroport. Elles gagnent en moyenne entre 35 000 $ et 40 000 $, et il serait dommage que ces gens perdent leur emploi. De plus, plusieurs millions de dollars n'ont pas été investis en raison de l'avenir incertain de l'aéroport. Pourtant, les trois projets étaient viables et intéressants pour la région. Si ces projets avaient vu le jour, la Ville aurait profité de nouvelles entrées d'argent en raison des taxes que ces investisseurs auraient payées», affirme-t-il.

De son côté, le président de l'Association des pilotes et des propriétaires de l'aéroport de Mascouche, Jean-Guy Loubert, est lui aussi convaincu de l'importance de l'aéroport, particulièrement pour les 200 personnes qui y pratiquent l'aviation. «C'est une aberration que de fermer une infrastructure déjà existante. La Corporation présente une saine gestion depuis qu'elle se charge de la gérer. Il s'agit là d'un bien public qui profite à tout le monde. De plus, beaucoup des 200 pilotes ont choisi de s'établir à Mascouche pour être près de leur aéroport et pour y pratiquer leur loisir. Ces pilotes et résidants n'ont pas d'autres endroits où le faire, puisque la majorité des aéroports des alentours affichent déjà complet. Sans compter que nous ne savons toujours pas combien il en coûterait pour exproprier les entreprises qui se trouvent actuellement sur le site de l'aéroport», mentionne-t-il.

Une étude attendue

Si tout un chacun y va de son propre argumentaire pour justifier sa position, il n'en reste pas moins que l'étude socio-économique commandée par les parties ainsi que le ministère des Transports du Québec permettra de fournir plusieurs réponses en ce qui concerne l'aéroport. En effet, le document, qui devrait être présenté par la firme Explorer Solutions sous peu, proposera cinq scénarios possibles, soit les impacts de la présence d'un aéroport public municipal et possibilités de développement, les impacts de la vente et de la privatisation de l'aéroport à des opérateurs privés et spécialistes, les impacts du transfert des opérations vers un autre site, les impacts de la vente sans transfert des opérations, les impacts de la régionalisation ou conversion de l'aéroport en équipement suprarégional.

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