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Pour une éducation de qualité
Marie-Ève Demers-Morabito est d’avis qu’il faut accorder une éducation sexuelle de qualité aux jeunes dans les écoles du Québec.

Pour une éducation de qualité

Véronick Talbot

Mardi 8 février 2011

Dans le cadre de ses études en sexologie à l'Université du Québec à Montréal, Marie-Ève Demers-Morabito a eu l'occasion de côtoyer des élèves du primaire pendant un an et de leur offrir des cours portant sur la sexualité. Son constat : il est primordial d'accorder une éducation sexuelle de qualité en milieu scolaire.

C'est à l'école l'Orée-des-Bois de Terrebonne que la jeune sexologue a réalisé son stage, auprès d'élèves de 5e et de 6e année. En plus d'animer des ateliers en classe, elle a fait plusieurs interventions individuelles et organisé des activités de discussion, le tout pour mieux outiller les jeunes. «L'objectif était de les informer et d'aiguiser leur jugement critique», explique la principale intéressée, également résidante de Terrebonne.

Pendant cette expérience en milieu scolaire, elle a notamment pu constater le vif intérêt des jeunes à en connaître davantage sur la sexualité. «Ils posaient beaucoup de questions et semblaient contents de me compter parmi eux. J'ai eu de très bons commentaires de leur part», confie-t-elle.

Mais elle a également pris conscience que les élèves sont bien souvent mal informés. «Avec tout ce qui est véhiculé dans les médias, il est urgent d'agir et de donner la bonne information à nos jeunes. Ce n'est pas normal de voir des jeunes filles de 6e année porter des "g-strings" sans savoir pourquoi elles le font. Le but, ce n'est pas de les juger, mais de leur donner des outils et de les amener à se questionner et à poser les bons gestes pour être bien dans leur peau.»

Une belle initiative

Lorsqu'on l'a informée du projet-pilote mis sur pied par l'Agence de la santé et des services sociaux de Lanaudière et la Commission scolaire des Affluents, Mme Demers-Morabito a semblé très encouragée.

«Depuis les 10 dernières années, on assiste à une véritable recrudescence des grossesses non désirées et des infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS) chez les adolescents. C'est sans parler de l'hypersexualisation qui gagne aussi du terrain et qui est lourde de conséquences. Ce projet devrait donc permettre aux Lanaudois de faire un pas en avant et de freiner ces phénomènes.»

Elle se réjouit également que ce projet prenne en compte les parents des élèves. «L'idée de donner des devoirs aux jeunes et d'ainsi offrir un prétexte aux parents pour aborder la sexualité avec leurs enfants est excellente. Ils ont une grande influence sur leurs jeunes et il est donc important de les sensibiliser, eux aussi», poursuit la sexologue, qui aspire à la maîtrise en sexologie clinique.

Plus de sexologues

La Terrebonnienne émet toutefois certaines réserves. «C'est une très belle initiative, mais je crois que davantage de sexologues devraient être impliqués dans le projet. On demande à des enseignants, des infirmiers et des animateurs de vie spirituelle et d'engagement communautaire de faire ce que moi et mes collègues avons mis trois ans à acquérir lors de notre formation en sexologie. Je ne suis pas certaine qu'ils aient toutes les connaissances nécessaires et surtout, qu'ils soient assez à l'aise pour remplir ce rôle.»

Selon elle, il faudrait également aborder certains thèmes, notamment les agressions sexuelles, avant la 6e année du primaire. «En lisant aux jeunes des histoires pour les sensibiliser, par exemple, il est possible de faire de la prévention et de faire la différence», conclut-elle.

 

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