Terrebonne, samedi 4 février 2012
Véronick Talbot
Mardi 25 mai 2010
La plupart en ont déjà entendu parler, mais trop peu y sont sensibilisés. Depuis plusieurs années, les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) gagnent du terrain dans la région comme ailleurs, tant chez les adolescents que chez les adultes. Alors que plusieurs croient que ça n'arrive qu'aux autres, pas moins de 900 cas d'ITSS sont recensés chaque année dans Lanaudière.
La chlamydia, la gonorrhée, l'herpès génital, la syphilis... voilà des mots lourds de sens qu'on n'aime pas entendre et dont on aime encore moins parler. Toutefois, ces ITSS affectent des centaines de Lanaudois par année, et ce nombre ne cesse de croître. Qui plus est, les conséquences de ces infections sont graves et peuvent changer la vie de ceux qui les contractent.
«Si l'on parle de la chlamydia, par exemple, qui est l'ITSS la plus répandue dans la région, plusieurs ignorent qu'elle peut mener à la stérilité. Souvent, les jeunes entretiennent davantage de craintes face à une grossesse non désirée que face à une ITSS, et se protègent donc en conséquence d'une grossesse seulement. Or, la contraction d'une ITSS est aussi très dommageable», confie Ginette Parisé, chef d'administration du Programme jeunesse chez les jeunes de 5 à 18 ans au Centre de santé et de services sociaux du Sud de Lanaudière.
Outre la stérilité, rappelons que la chlamydia et la gonorrhée peuvent entraîner des douleurs persistantes au ventre de même qu'une grossesse ectopique. En ce qui a trait à la syphilis, la personne infectée risque de souffrir de troubles cérébraux ou cardiaques graves. Dans le cas du VPH et des hépatites B et C, on parle plutôt du risque de développer un cancer du col de l'utérus ou du foie. Enfin, dans le cas du VIH, on risque la mort à plus long terme.
Contracter une ITSS
Dans la majorité des cas, c'est par un rapport sexuel ou un contact direct avec une partie du corps infectée qu'une ITSS se contracte. Le VIH, les hépatites B et C et la syphilis peuvent aussi se transmettre par des aiguilles ou du matériel utilisé pour le tatouage et le perçage.
Le problème, toutefois, c'est que les symptômes de ces infections peuvent parfois prendre des années à apparaître, si bien qu'une personne infectée peut ignorer sa situation et transmettre l'ITSS à l'ensemble de ses partenaires. D'où l'importance de toujours se protéger en adoptant des pratiques sexuelles sécuritaires.
Un phénomène répandu
Bien que de nombreuses campagnes de sensibilisation aient été organisées sur le sujet, les ITSS ne cessent de gagner du terrain, particulièrement chez les jeunes. En effet, tel que le révèle un document réalisé par la Direction de santé publique et d'évaluation sur les comportements sexuels dans la région de Lanaudière, le nombre d'épisodes déclarés de chlamydia, de gonorrhée et de syphilis est en nette progression chez les jeunes depuis 2003, particulièrement chez les 15 à 29 ans.
N'allez toutefois pas croire que les adultes sont à l'abri de ce phénomène, eux qui sont aussi de plus en plus nombreux à adopter des comportements à risque. Dans le dossier qui suit, «Le Vaillant de la Rive» se penche sur le phénomène afin de déterminer pourquoi les cas d'ITSS augmentent dans la région depuis déjà plusieurs années.
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