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Quand le temps supplémentaire obligatoire devient la norme
Les infirmières de l’Hôpital Pierre-Le Gardeur dénoncent que le temps supplémentaire obligatoire soit devenu «un style de gestion» depuis plusieurs mois. (Photo: Courtoisie)

Quand le temps supplémentaire obligatoire devient la norme

Jean-Marc Gilbert

media@larevue.qc.ca

Mardi 14 février 2017

Depuis maintenant quelques semaines, les infirmières de l’Hôpital Pierre-Le Gardeur portent le pantalon cargo pour dénoncer une mesure habituellement exceptionnelle qui, semblerait-il, est devenue monnaie courante depuis des mois: le temps supplémentaire obligatoire (TSO).

«L’élastique a fini par péter», illustre Stéphane Cormier, président du syndicat local de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), rencontré il y a quelques semaines. Selon le syndicat, c’est parce que la direction du Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) refusait jusqu’à tout récemment d’embaucher du personnel supplémentaire que les infirmières étaient forcées de faire du TSO, à tour de rôle.

Cette mesure, en plus de générer de la dangerosité pour le patient en raison de la fatigue grandissante des infirmières, fait en sorte que ces dernières doivent faire une croix sur des activités familiales qu’elles avaient prévues à leur horaire. «On ne veut pas plus d’argent. On veut seulement pouvoir rentrer à la maison quand la journée de travail est terminée», précise M. Cormier.

«Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre?»

Audrey Boileau, infirmière en natalité à l’Hôpital Pierre-Le Gardeur, n’apprécie pas de se faire dire qu’elle porte des «pantalons de clown». «Vous ne trouvez pas ça original parce que les policiers et les pompiers se sont déjà habillés comme ça? Qu’est-ce qu’on peut faire d’autre? Nous agissons comme service essentiel, écrit-elle, dans une lettre ouverte. On ne peut pas faire la grève. Des pantalons de clown, ça dérange, mais ça ne diminue pas nos compétences et notre dévouement envers nos patients.»

Canal de communication ouvert

Une rencontre a récemment eu lieu entre le syndicat et la direction du CISSS et d’autres sont à venir. «On promet des embauches, mais pour le moment, la réalité est la même sur le plancher. On poursuit donc les moyens de pression», précise M. Cormier, ajoutant être satisfait qu’un «canal de communication soit ouvert».

Du côté du CISSS, la direction n’appuie pas «l’initiative de certains membres qui ont laissé de côté l’uniforme pour le port du pantalon coloré. Il en va du respect et du décorum envers notre clientèle», note-t-on.

Embauches

Pour ce qui est du recrutement, le CISSS a détaillé les embauches effectuées au cours des derniers mois et celles prévues.

Depuis octobre 2016, 96 préposées aux bénéficiaires ont été recrutées. Depuis janvier 2017, 26 infirmières auxiliaires ont été embauchées et 28 sont en processus de sélection, indique-t-on.

Toujours depuis janvier, 36 candidates à l’exercice de la profession infirmière (CEPI), soit des diplômées prêtes à entamer leur programme d’intégration, et quatre infirmières ont été confirmées. On ajoute que 46 autres CEPI ont été confirmées pour l’été 2017.

Le CISSS mentionne finalement que les résultats d’une récente étude des besoins de main-d’œuvre ont incité la direction à initier une démarche d’embauche supplémentaire pour recruter des infirmières, infirmières auxiliaires et préposées aux bénéficiaires.

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