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Se rappeler, malgré la douleur Le sergent Castonguay, le lieutenant-colonel Bégin, le sergent Dell, le lieutenant-colonel Borne, l’élève officier Champagne et le sergent Langlais étaient présents au jour du Souvenir à Mascouche.

Se rappeler, malgré la douleur

Josie-Anne Taillon

Mardi 13 novembre 2012

 «Plus jamais la guerre.» L’expression est apparue après le conflit de 1914-1918, et le jour du Souvenir nous rappelle chaque 11 novembre que malheureusement, la guerre n’a jamais vraiment cessé.

La cérémonie organisée pour le jour du Souvenir par la Légion royale canadienne de Mascouche réunissait au local de l’association plusieurs vétérans, mais aussi de nombreux corps de cadets. La journée est toujours très solennelle, avec prières, dépôt de gerbes de fleurs, coups de canon, musique militaire et hymne national. C’est l’occasion de se souvenir de ceux qui sont morts au combat, qui ont fait le «sacrifice suprême», «qui se sont battus pour la démocratie, la liberté et les droits de l'homme», diront certains participants.

Il faut participer à une cérémonie du jour du Souvenir pour remarquer comme le visage des vétérans a changé au cours des dernières années. Bien sûr, les vétérans de la Deuxième Guerre mondiale prennent de l’âge, tout comme ceux de la guerre de Corée. Une nouvelle génération de vétérans s’ajoute, issue cette fois des missions de paix auxquelles le Canada a participé et de la présente mission en Afghanistan.

De lourds impacts

Il ne faut pas croire que ces «missions de paix» n’ont pas autant d’impacts sur les militaires que les grands conflits. Le sergent Castonguay a raconté à quel point ces difficiles expériences changent une vie : «Pour moi, Dieu, peu importe lequel, c’est fini. J’ai vu les guerres de religion, le fanatisme… Maintenant, je ne crois qu’au destin…» Le sergent avoue aussi que le jour du Souvenir «brasse beaucoup d’émotions». «Dans mon quotidien, confie-t-il, je ne pense pas à mon passé de militaire, j’ai d’ailleurs été 10 ans sans en parler. Le jour du Souvenir, je me donne le droit de le faire… Ne pas y participer serait me trahir.»

Michel Bessette, un représentant de l’association Vétérans UN NATO-OTAN Canada, indique lui aussi que le jour du Souvenir est souvent bien difficile pour les retraités de la guerre. «Chaque personne le vit de façon différente, mais la cérémonie pousse à réfléchir sur les raisons pour lesquelles on a fait l’armée, à se rappeler le passé.»

Cette journée est aussi l’occasion pour les militaires de se réunir, quelquefois de sortir de leur isolement. Parce qu’ils ont vécu des choses que les civils, leur conjointe et leur famille ne peuvent pas comprendre. L’association Vétéran UN NATO-OTAN a d’ailleurs été créée il y a cinq ans seulement et compte maintenant 4 000 membres à travers le monde; signe d’un besoin réel pour les retraités des missions de l’OTAN de se réunir et de se soutenir.

Le jour du Souvenir était souligné à plusieurs endroits dans le monde, mais il faut avouer que le Québec n’a pas la même relation avec l’armée qu’ailleurs au Canada. Certains militaires rencontrés se sont dits déçus de ne pas sentir ici la même gratitude pour le sacrifice des soldats qu’ailleurs au pays. La cérémonie qui a eu lieu à Mascouche a tout de même réuni une centaine de personnes. Avec les nombreux vétérans de la mission en Afghanistan qui vont s’ajouter au cours des prochaines années, le jour du Souvenir va probablement garder tout son sens encore longtemps.

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