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Terrebonne, samedi 31 juillet 2010

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La réalité frappe des travailleurs mauriciens Chaque jour, une cinquantaine de Mauriciens se rendent à l’usine Olymel de Saint-Esprit pour y travailler, dont plusieurs qui regrettent d’avoir fait le choix de quitter leur terre natale.

La réalité frappe des travailleurs mauriciens

Michel Bureau

Mardi 2 mars 2010

Une cinquantaine de résidants de l'île Maurice sont débarqués dans la MRC Les Moulins il y a quatre mois, avec en poche un contrat de deux ans de l'abattoir Olymel. À leur arrivée en sol canadien, ils étaient enthousiastes. Depuis, la plupart ont déchanté.

La compagnie Olymel, chef de file dans le domaine de l'abattage, de la transformation et de la distribution des viandes de porc et de poulet, a rencontré des Mauriciens à l'Hôtel St-Georges de l'île Maurice le 23 septembre. Olymel y était pour recruter du personnel et proposer des emplois au sein même de l'entreprise située à Saint-Esprit. Il s'agissait alors d'une opportunité incroyable pour ces Mauriciens qui gagnent en moyenne 2 $ par jour, eux qui se font offrir au Québec un salaire de 11,88 $ de l'heure. Ainsi, après les déductions, qui comprennent entre autres le loyer et les coûts de transport, ils se retrouvent aujourd'hui avec un salaire hebdomadaire net de l'ordre de 198,20 $ pour 35 heures de travail.

Au cours de cette visite à l'île Maurice, les représentants d'Olymel ont remis aux candidats un document sur l'entreprise, de même que des photos des différents départements. Après coup, les Mauriciens affirment qu'ils auraient aimé voir une vidéo du travail qui les attendait, dans le but de mieux comprendre ce dans quoi ils s'embarquaient. Dans le document, il est question des impôts et des déductions à la source imposées au Québec. Aux dires des Mauriciens, ces dernières n'y sont pas toutes mentionnées. «Nous savions qu'il y avait des déductions à prévoir sur notre chèque de paye, mais pas autant. À ce compte-là, nous serions restés chez nous avec nos familles. Après avoir envoyé 100 $ par semaine à l'île Maurice pour la famille, nous n'avons plus d'argent pour nos dépenses personnelles», de souligner un Mauricien désemparé, sous le couvert de l'anonymat.

Certains travailleurs de l'île Maurice prétendent qu'ils font l'ouvrage de deux personnes et qu'ils travaillent comme des robots. «Nous faisons des boîtes, puis nous devons emballer de la viande sur une chaîne de montage. Nous venons constamment en renfort sur les différentes lignes de production. La production atteint parfois jusqu'à 500 cochons à l'heure.»

Pas d'emploi d'appoint

Compte tenu du fait qu'ils ne travaillent pas 40 heures par semaine, un bon nombre de travailleurs mauriciens de la compagnie Olymel ont songé à se dénicher un deuxième emploi pour pallier ce manque à gagner. «Nous voulions faire des démarches pour trouver un revenu d'appoint, mais Olymel a dit que nous n'avions pas le droit de travailler pour une autre entreprise.»

À cette affirmation, Olymel répond avec justesse que selon les conditions imposées par le gouvernement en matière de travailleurs étrangers, les employés provenant de l'extérieur obtiennent un visa de travail pour être chez Olymel et non au sein d'une autre entreprise. «Nous n'avons rien contre l'idée qu'ils se trouvent un travail d'appoint, mais ce n'est pas permis par le ministère. Il faut donc s'en tenir aux règles du jeu qui sont imposées par le gouvernement», insiste Danny Girard, responsable des ressources humaines chez Olymel.

Mentionnons que le contrat reliant les Mauriciens à Olymel vient à échéance en octobre 2011.

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