Terrebonne, mardi 7 septembre 2010
Propos recueillis par Gilles Bordonado et Kevin Riopel
Mardi 28 avril 2009
À la suite du décès d'Aimé Despatis, La Revue a invité bon nombre de personnalités de la région à témoigner de leur affection envers un homme qu'ils ont, pour certains, côtoyé dans un cadre professionnel, alors que pour d'autres, il s'agissait d'un bon ami. Si les souvenirs varient de l'un à l'autre des intervenants, tous s'entendent pour dire que la région perd un pionnier et un grand homme.
«J'ai connu Aimé au début des années 1970 alors que je m'occupais des loisirs du Lac André à La Plaine. Il trouvait toujours une place pour nous et nos événements dans La Revue. Aimé Despatis a marqué Terrebonne, mais aussi toute notre région. Il croyait aux villes de la région et a laissé une grande place au développement de La Plaine. Aimé Despatis, c'est un grand!»
Daniel Bélec, maire de La Plaine de 1991 à 2001
«C'est avec beaucoup d'émotions et une profonde tristesse que j'ai appris le décès d'Aimé Despatis. Nous venons de perdre un grand homme de lettres et un véritable bâtisseur qui a su apporter énormément de changements tant au niveau culturel qu'au niveau social et même politique. Mentionnons, à titre d'exemple, les pressions qu'il exerça en vue de l'acquisition, par le ministère des Affaires culturelles du Québec, de l'île des Moulins, qui est aujourd'hui le deuxième site historique en importance au Québec et la fierté de la communauté des Moulins. Je conserve le souvenir d'un homme passionné d'information, d'histoire, doté d'une franchise et d'une honnêteté remarquables. Quiconque désirant obtenir des précisions historiques ou tout simplement se faire «parler» de Terrebonne, pouvait avoir recours à lui. Il était accessible, près des gens et généreux de ses connaissances. Je suis très honorée d'avoir pu le côtoyer et discuter avec cet intellectuel. En mon nom personnel et au nom de toute mon équipe, je désire offrir mes condoléances à la famille, aux proches ainsi qu'à l'ensemble des collègues de M. Despatis. Nos pensées les plus sincères vous accompagnent en ces moments difficiles.»
Diane Bourgeois, députée de Terrebonne-Blainville
«Je suis très attristée par le décès de M. Despatis. C'est un homme qui nous a permis de connaître notre histoire, mais il l'a aussi écrite. C'est rare qu'une personne se veuille la mémoire de notre passé tout en étant également un très grand bâtisseur pour notre région. Il a fondé dans la région un journal indépendant, et malgré son âge, son côté journaliste était toujours bien présent. Il n'avait en rien perdu son goût de faire des recherches et de toujours en connaître plus sur notre passé, et je trouve cela exceptionnel. J'ai une admiration indescriptible pour cet homme et j'adorais le côtoyer à chaque occasion qui se présentait à moi. Je lui avais remis la Médaille de l'Assemblée nationale soulignant son apport à la région. La région a perdu une personne extraordinaire, mais je suis convaincue que l'histoire se souviendra de lui.»
Jocelyne Caron, députée de Terrebonne de 1989 à 2007
«La nouvelle m'a un peu surpris. Malgré son âge avancé, on aimait bien croire qu'Aimé Despatis était éternel. La région perd un de ses plus grands vulgarisateurs d'histoire, un sujet pour lequel il vouait une passion presque obsessive. Tout récemment encore, nous avions des projets sur la table, et M. Despatis disait souvent : «Je ne sais pas si on va avoir le temps de tout faire.» Avec son départ, on est en droit de se demander si quelqu'un va pouvoir prendre sa place. Il a travaillé très fort afin de faire avancer de nombreux dossiers qui n'auraient jamais vu le jour sans son apport, dont le rapatriement des objets de la collection Masson. Il apportait de la crédibilité partout où il passait, et je salue cet homme de qui je garde d'excellents souvenirs.
André Fontaine, ancien directeur du Site historique de l'Île-des-Moulins
«Aimé, c'était mon "chum". Je le connais depuis mon enfance et je l'ai toujours admiré pour le travail qu'il accomplissait et pour la manière dont il le faisait. Il avait un franc-parler qui n'a pas d'égal et il a toujours fait preuve d'une grande intégrité. Il s'est beaucoup impliqué dans la fusion de Saint-Louis et Terrebonne en 1985, et nous travaillions souvent ensemble. Nous nous voyions chaque mois et nous étions censés nous rencontrer cette semaine pour faire de la recherche sur les vieilles familles de Terrebonne. C'est dommage qu'il soit parti aussi rapidement. Je ne vais cependant jamais oublier combien il était fier, et ce, même quand il était jeune. Je me rappelle qu'il s'était déjà choqué parce qu'un de sa "gang" lui avait mis de la suie dans le visage lors du temps des sucres. Je me rappelle aussi de tous les efforts qu'il a mis afin de mettre sur pied La Revue. C'était son bébé et il a tellement mis d'efforts et de cœur dans son journal! Je ne pourrai jamais oublier Aimé pour tous ces beaux souvenirs.»
Irenée Forget, maire de Terrebonne de 1985 à 1997
«J'ai seulement connu Aimé Despatis à mon arrivée en politique en 1994. J'ai rapidement constaté qu'il était un grand homme, ayant beaucoup contribué à son milieu. Les gens l'appréciaient, et quand j'entendais parler de M. Despatis, c'était toujours en bien. Je suis convaincu que la région va se souvenir de ce bâtisseur et je profite de l'occasion pour offrir à sa famille, à ses proches et à l'équipe de La Revue mes plus sincères condoléances.»
Roger Gaudet, député de Montcalm
«Je perds un grand "chum" que j'ai connu quand j'étais étudiant. Je voyais Aimé Despatis régulièrement, et c'est un monsieur avec qui j'ai toujours eu beaucoup de plaisir. Lui, M. Bousquet et moi avions toujours des échanges intéressants que je n'oublierai jamais. Il s'intéressait à tout et il avait une curiosité insatiable. J'avais une énorme admiration pour cet homme qui est un symbole de développement dans notre région. C'est certainement la personne la plus fière de la ville de Terrebonne et l'un des plus grands ambassadeurs. Il est à la base même du renouveau de l'Île-des-Moulins et de nombreux autres projets dans la région. Les mots me manquent pour exprimer tout le chagrin que j'éprouve en ce moment. Une chose est cependant certaine, c'est que je ne retiens que de beaux souvenirs de notre relation.»
Yves Lemire, ami et ancien directeur du Collège Saint-Sacrement
«Je me souviens encore du temps où il travaillait pour son journal dans son garage chez lui, sur la rue Théberge, et quand il venait mettre de l'essence au commerce de mon père... Aimé Despatis fut un grand homme dans tous les sens du terme. Il savait quoi dire et le dire au bon moment. Il était honnête et était un fin diplomate. On manque de personnages comme lui désormais. Le monde sera unanime pour souligner son apport extraordinaire à notre région.»
Pierre Léveillé, Léveillé Toyota
«C'est un homme d'une grande intégrité, un grand intellectuel qui nous quitte. Il était une source de motivation pour les bâtisseurs. Il proposait un journalisme positif et enthousiaste. Il racontait le quotidien des gens pour faire avancer les choses. C'est à lui qu'on doit le journalisme régional tel qu'on le connaît. C'est un pionnier du journalisme hebdomadaire, peut-être le plus grand. Être propriétaire d'un journal indépendant dans une mer de journaux de groupes de presse demandait une grande force de caractère. Il ne se laissait jamais distraire et allait au bout des choses. Ce fut un modèle, et je souhaite que les jeunes se souviennent de lui pour la grande œuvre qu'il nous lègue.»
Richard Marcotte, maire de Mascouche
«Tout le monde s'entend pour dire qu'Aimé Despatis représente la mémoire collective de notre milieu. En mon nom personnel et en celui de tous les membres du conseil municipal, je tiens à rendre hommage au grand homme qu'était M. Despatis. Journaliste, auteur, historien, il se faisait un devoir de perpétuer minutieusement notre mémoire collective. Nous nous souviendrons longtemps de son apport inestimable à notre communauté. Il laisse un héritage de grande valeur aux générations futures, et son départ est une grande perte pour Terrebonne. Un proverbe dit que si l'on veut savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient, et M. Despatis a largement contribué à nous indiquer d'où nous venions. On affirme que personne n'est irremplaçable, mais je crois sincèrement que personne ne pourra prendre la relève d'Aimé Despatis. À la Ville de Terrebonne, nous allons souligner son travail et l'ensemble de son œuvre de manière publique. J'offre en mon nom et en celui du conseil mes plus sincères condoléances aux membres de sa famille ainsi qu'à ses amis.»
Jean-Marc Robitaille, maire de Terrebonne
«Ça a eu l'effet d'une bombe quand j'ai appris cette nouvelle. M. Despatis a toujours été un ami, mais c'est aussi un père spirituel pour moi. Il a été mon inspiration, et nous avons développé une très belle complicité au fil du temps. Du même coup, la Caisse populaire perd son dernier fondateur, lui qui était à l'origine du conseil d'administration lors de sa création en 1950. Il n'avait d'ailleurs jamais manqué une assemblée générale annuelle, événement au cours duquel, cette année, nous voulions rendre un hommage à La Revue. Outre la Caisse, M. Despatis est également le gardien de l'histoire de Terrebonne, et on est en droit de se demander qui va prendre la relève. Je n'oublierai jamais ce modèle pour moi, qui a toujours fait preuve d'une grande rigueur et d'une grande ouverture. C'est le genre de personne qu'on ne pouvait pas ne pas aimer. Ma seule consolation est de me dire qu'il est décédé au cours d'un lancement d'un livre historique, un sujet qui l'a toujours passionné. Terrebonne perd une personnalité irremplaçable.»
André Shatskoff, directeur général de la Caisse populaire Desjardins Terrebonne
«Je tiens, en mon nom personnel et au nom de tous les citoyens et citoyennes de Terrebonne, à rendre hommage à Aimé Despatis et à offrir, par la même occasion, mes plus sincères condoléances aux membres de sa famille et à tous les employés de La Revue de Terrebonne. M. Despatis était devenu, au fil des années, un visage connu et aimé de notre communauté, un auteur passionné de sa ville, des gens qui l'habitent, et un sage aux connaissances inépuisables qu'on se faisait un devoir, mais aussi un plaisir, de consulter. Il fut, sans l'ombre d'un doute, un exemple brillant d'engagement et d'implication communautaire. Saluons aujourd'hui la contribution d'un homme remarquable qui, à l'instar de ceux auxquels il a consacré sa célèbre colonne historique année après année, est entré, lui aussi, dans le grand livre d'histoire de Terrebonne et du Québec. À nous de préserver et de continuer son héritage. Chapeau bas, Monsieur Despatis, et à la prochaine fois...»
Mathieu Traversy, député de Terrebonne
«C'est une grande tristesse de perdre un homme de la trempe d'Aimé Despatis, un homme apprécié dans la collectivité. Il s'est beaucoup impliqué dans la région afin de reconstituer notre passé et il est certainement le plus grand connaisseur en la matière dans toute la région. Il y a très peu d'historiens au Québec, et c'est toujours dommage quand l'un de ceux-là nous quitte. De plus, il est un bâtisseur important pour notre région, lui qui a permis à un journal indépendant de voir le jour. Je tiens finalement à signifier mes plus sincères condoléances à la famille et aux employés de La Revue.»
Guillaume Tremblay, député de Masson
Copyright © 2008, La Revue. Tous droits réservés. | Toutes reproductions interdites
Commentaires
Vous désirez commenter cet article?
Vous devez être membre