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Terrebonne, jeudi 11 mars 2010

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Le train de banlieue est-il en péril?

Le train de banlieue est-il en péril?

Gilles Bordonado

Mardi 17 novembre 2009

Les rumeurs s'intensifient dans le dossier du train de banlieue. Outre le fait qu'une coalition de citoyens appuie avec vigueur l'implantation rapide d'un train par Laval, les informations voulant que le projet du Train de l'Est vers Mascouche en passant par Repentigny batte sérieusement de l'aile se multiplient.

« Un projet quasi infaisable et aux coûts astronomiques », selon la Coalition

La Coalition Transport Laval-Lanaudière, un nouvel organisme né du regroupement des trois autres comités de citoyens, réclame ni plus ni moins que l'abandon immédiat du tronçon Repentigny-Mascouche, qui doit passer au centre de l'autoroute 640.

Selon un porte-parole de cette coalition, qui naît d'un mouvement solidaire entre des citoyens de la MRC L'Assomption, de l'est de Laval et de la MRC Les Moulins, ce tronçon ne comporte plus aucun avantage.

Aux dires de ce porte-parole crédible, mais qui préfère garder l'anonymat pour l'instant, le projet est techniquement quasi infaisable dans les budgets prévus : «Plusieurs ingénieurs que nous avons consultés, dont d'anciens représentants de l'AMT, ne voient pas comment ils pourront faire passer un train de 4,5 m de hauteur sous trois viaducs sans creuser de profondes tranchées qui comporteront des problèmes majeurs au chapitre du drainage, du déneigement et de la sécurité des passagers. Sur le plan de l'environnement, il faudra également construire une gare en territoire agricole à Terrebonne, traverser des marécages dans le secteur est de Lachenaie et creuser une tranchée sur un kilomètre aux abords de l'usine de la General Dynamics à Le Gardeur pour satisfaire Ressources naturelles Canada. Au début, l'AMT parlait d'un projet de 300 M$; on en est maintenant à un projet de 400 M$, et je soupçonne que tous les coûts ne sont pas comptabilisés.» C'est sans compter que les locomotives bimodales (diésel et électricité) à être livrées par Bombardier ne seront pas prêtes avant 2012. On est loin de la coupe aux lèvres.

Selon cette source, le projet bat de l'aile sérieusement, et devant les ressources financières manquantes à l'AMT, responsable du transport en commun métropolitain, il pourrait être retardé, sinon abandonné. D'ailleurs, il est symptomatique que récemment, le journal «La Presse» ait réalisé un reportage sur les difficultés financières de l'AMT, qui ne pourrait pas réaliser tous ses projets avec ses ressources actuelles.

De plus, la Coalition croit que ce n'est pas pour rien que la ministre de l'Environnement, Line Beauchamp, n'a pas annoncé sa décision de lancer le projet ou non à la suite des audiences publiques tenues au printemps. «Normalement, cela ferait des mois qu'elle aurait dû rendre publique sa position. Plus ça retarde, plus c'est synonyme, selon nous, des nombreuses contraintes que comporte ce tracé», d'ajouter notre source.

Pour toutes ces raisons, la Coalition demande à l'AMT de remiser ce projet sur les tablettes et de se «ré-enligner» rapidement sur le projet de train vers Laval.

La Coalition demande un train vers Laval dès l'automne 2010

Selon la Coalition, la mise sur pied du Train de l'Est vers L'Assomption est faisable dans les délais prévus, et il en va de même d'un projet de train vers Laval.

«Il est totalement faux de dire qu'il en coûtera 85 M$ pour changer les rails et réaliser l'intégralité de ce tracé. Nous avons interrogé des spécialistes dans le domaine et il en coûterait un peu plus de 10 M$. Le tracé est une belle ligne droite et il n'y a qu'un pont à franchir sur la rivière des Mille Îles. Cela peut se faire très rapidement. Sur la ligne Blainville-Montréal, l'AMT a même changé les rails parallèlement à la mise en service du train. Un ancien administrateur de l'Agence nous a mentionné qu'il serait possible de mettre deux départs du train entre Mascouche et Laval aussi rapidement qu'à l'automne prochain avec des gares et des quais temporaires, comme cela a déjà été fait ailleurs. Entre-temps, les gens arriveraient aux stations de métro Concorde, Sauvé, du Parc, sinon à la gare Lucien-Lallier. Une chose est sûre, de toute façon, avec ou sans le train Mascouche-Montréal, l'AMT a prévu une série de travaux dans ses infrastructures actuelles.» D'ici deux ans, avec l'ajout d'une collectrice entre les lignes du CP et du CN, la ligne rentrera directement à la gare Centrale en 47 minutes (voir autre texte : «Un gain de temps en passant par Laval»).

Une chose demeure certaine pour ce représentant, le train Mascouche-Laval-Montréal est non seulement faisable rapidement, à meilleurs coûts et pour des résultats plus efficaces, mais il répondra à long terme aux véritables besoins de la population moulinoise.

De plus, mentionne le porte-parole, l'enquête «Origine-Destination» vient soutenir le projet vers Laval, puisque 17% des travailleurs moulinois se dirigent vers Laval et 35 % vers Montréal. «Les travailleurs œuvrant dans l'est de Montréal sont bien moindres (7 %) et ne prendront pas le train, car ils ont des horaires de travail leur permettant de prendre leur véhicule.»   

Selon notre source, le projet de train vers Laval pourrait avoir une incidence sur l'achalandage du pont à péage de l'autoroute 25, ce qui est délicat sur le plan politique : «Est-ce que le projet pourrait avoir des impacts sur le futur pont ou compromettre sa viabilité? C'est possible.» Le bien collectif ne passe-t-il pas devant la rentabilité d'un pont? se questionne la Coalition.

Pour lire la position de l'AMT, des municipalités et du gouvernement : http://www.larevue.qc.ca/actualites_amt-ministere-lancent-balle-n17180.php

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