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Une future infirmière redonne la vie à son beau-père

Mardi 6 mars 2018

Marianne Corbeil D’amours devait passer la nuit du 22 au 23 février chez son copain. La Terrebonnienne a finalement décidé de dormir chez elle et de se lever très tôt pour étudier. L’infirmière en devenir était bien loin de se douter qu’elle allait mettre ses connaissances à profit, ce matin-là, pour sauver la vie de son beau-père de 53 ans, terrassé par un infarctus.

Le beau-père, dont nous devons taire le nom en raison de la nature de sa profession, s’est levé vers 6 h. Il s’est installé dans le salon, devant son ordinateur portable, pour consulter les nouvelles. «À un moment, j’ai commencé à mal me sentir. J’ai déposé l’ordinateur sur la table de salon et à partir de là, c’est le black-out total», relate l’homme quelques jours après avoir reçu son congé de l’Institut de cardiologie de Montréal.

Marianne étudiait dans la pièce voisine. Elle s’est précipitée au salon en entendant son beau-père lâcher un cri sourd. «C’est là que j’ai vu qu’il avait les yeux grands ouverts et le visage crispé. Il gémissait et de la bave lui coulait de la bouche. Il n’était plus là du tout», raconte-t-elle.

Au départ, Marianne croyait qu’il s’était peut-être étouffé. Elle a donc tenté de lui faire la manœuvre de Heimlich tout en criant à sa mère, qui dormait toujours, d’appeler les secours. Lorsqu’elle s’est aperçue que son beau-père n’avait plus de pouls et ne respirait plus, elle a vite compris que c’était plus grave.

«Je l’ai couché par terre et j’ai commencé à faire le RCR. J’ai fait un premier cycle de 30 compressions et de 2 insufflations. En commençant le deuxième cycle, il est revenu à lui», explique Marianne. C’est à ce moment que les policiers sont arrivés, suivis des ambulanciers.

Aucune séquelle

Les ambulanciers, pendant le transport, et les médecins, à l’hôpital, ont répété à plusieurs reprises au quinquagénaire qu’il devait une fière chandelle à sa belle-fille, car n’eût été son intervention très rapide, il ne serait peut-être plus des nôtres aujourd’hui. Mieux encore, il s’en est tiré sans séquelle, sans aucun dommage permanent au cœur, après s’être fait déboucher deux artères par le personnel de l’Institut de cardiologie de Montréal. Maintenant en convalescence, l’homme qui est passé bien près de mourir de la même façon et pratiquement au même âge que son père est motivé à se remettre en forme. «Je suis chanceux et je vois la vie différemment. Je n’ai pas fumé une seule cigarette depuis. Je n’ai même pas le goût. J’ai commencé à changer mon alimentation et je vais aussi m’inscrire au gym.»

«Si je suis encore en vie, c’est à la suite d’une série de hasards. Marianne était là, alors qu’elle ne devait pas dormir à la maison. J’étais sur l’ordinateur portable dans le salon, alors que je ne fais jamais ça le matin. Je ne crois pas en Dieu, mais je me demande s’il n’y a pas quelque chose de spécial», ajoute l’homme.

«Faite pour le métier»

La jeune femme de 19 ans a reçu plusieurs félicitations des ambulanciers et du personnel soignant pour sa rapidité d’intervention. On lui a d’ailleurs confirmé que son bon réflexe en situation d’urgence prouve qu’elle était faite pour ce métier. «C’était une première pour moi. J’ai déjà fait le RCR sur un mannequin, mais quand ça arrive pour vrai, à un proche en plus, on ne sait pas comment on va réagir», confie celle qui ne conserve qu’un vague souvenir de son intervention et qui raconte avoir agi instinctivement, sous le coup de l’adrénaline. «Au fond, elle a juste fait sa job d’infirmière. Je me suis sacrifié pour l’aider dans son développement professionnel. J’ai accepté d’être cobaye pour qu’elle puisse s’améliorer», conclut son beau-père, avec un large sourire taquin, signe qu’il n’a pas perdu son sens de l’humour malgré cet événement qui aurait pu connaître un dénouement bien plus tragique.

29 janvier 2018 - Floréa (cell)

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