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le blogue de Alain Gariépy, sexologue et psychothérapeute

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À propos de l'auteur

Alain Gariépy, sexologue clinicien et psychothérapeute, travaille depuis plus de 15 ans à écouter la personne qui vient vers lui afin de donner un sens à ses inquiétudes ou difficultés.

Sexothérapie ou psychothérapie?

Mardi 8 mars 2016

Par Alain Gariépy

Le besoin de réfléchir sur soi, d'aller vers une recherche d'aide est en réelle croissance. Un peu comme si depuis le monde de l'enfance, les problèmes qui nous habitent évoluaient, changeaient et se transformaient, mais n'étaient jamais définitivement réglés.

Avec le développement de la loi 21 pour protéger le public, la thérapie est devenue une réalité sécurisante pour de nombreuses personnes. Vous cherchez à définir votre choix, une question naturelle se pose : psychothérapie ou sexothérapie? En fait, de plus en plus de cliniciens combinent ces compétences. Ces deux approches doivent se compléter pour ouvrir au meilleur de soi. Sur l'échelle de la vie, la psychologie vise la connaissance de soi alors que la sexualité relève de celle qui ouvre à l'intimité. Il ne faut pas les distinguer, mais les unir. Apprendre à devenir vraiment ce que nous sommes restera pour toujours un projet à élaborer. Car c'est bien de cela qu'il s'agit, donner un sens à ce que nous sommes passe inévitablement par la connaissance du vivant en nous.

Cette énergie vivante est à la fois chargée d'espoirs, mais aussi de contradictions, de blessures et quelquefois de souvenirs douloureux. Le changement se fera donc par les moyens utilisés. Alors, quel moyen choisir? Il est important de bien définir ses besoins personnels pour aller dans la bonne direction.

La psychothérapie doit viser un processus d'apprentissages avec comme objectif une évolution, que ce soit par l'élimination de symptômes spécifiques, une maîtrise de conduites inadéquates ou d'attitudes qui nous fragilisent, et elle doit favoriser la découverte d'autres modes de comportements et de vie. Il ne s'agit pas de changer l'individu, mais de faire connaître des repères jusqu'à maintenant inconnus. Modifier ainsi certaines façons de faire lorsqu'elles sont stériles, douloureuses ou handicapantes; ne pas abandonner ou perdre, mais enrichir et faire gagner en affirmation, perception pour favoriser une meilleure capacité d'adaptation.

Pour la sexothérapie, la sexualité se définit comme un mode qui permet à la fois d'accueillir et d'aller vers l'autre, et qui doit trouver son équilibre pour ouvrir à la réalisation de soi. La sexualité représente la dimension la plus intime de notre personnalité. Sur cette base, il s'avère souvent nécessaire de bien définir et d'approfondir notre personnalité sexuelle en tenant pour acquis que dans un contexte d'intimité, toute notre individualité doit être en confiance. 

Observons certains problèmes sexuels possibles. Par exemple, sur le plan personnel, nous constatons qu'à l'origine, il peut y avoir un sentiment qu'il nous manque quelque chose, une impression de ne pas arriver à être soi-même, ce qui risque d'ouvrir à des comportements d'excès. Ce sentiment d'absence qui, faute de réponses adéquates, ira vers des conduites qui peuvent entraîner de nouveaux problèmes. Autre situation difficile, mais cette fois-ci dans un contexte relationnel, nos espoirs ont tendance à créer de l'insatisfaction quand l'autre ne répond pas à nos attentes. La faute est souvent l'attention que nous portons à l'être aimé face au sacrifice et à l'oubli de se choisir. Les problèmes amoureux ou sexuels sur cette base sont plus souvent une image que nous avons construite de l'autre qui est confondue avec l'absence d'une réelle image de couple, sinon qu'une représentation simplifiée de nos espoirs que nous n'avons pas réussi à réaliser. Nous constatons ici une absence de «être ensemble».

Pour donner un sens aux événements et avancer, la démarche personnelle doit permettre de grandir grâce à chacune des expériences vécues. Ce n'est pas de se demander «pourquoi c'est arrivé» qui est important, car cela nous entraînera invariablement vers le bas, mais plutôt «comment je me sens maintenant que c'est arrivé» qui nous permettra de vraiment cheminer.

Alors vos yeux d'enfants? Vous vous souvenez?

Vous avez déjà observé des bulles de savon sur une paroi transparente de douche? Ces bulles qu'un jet d'eau enlève facilement, mais qui laissent une trace que nous ne voyons pas toujours. Au premier regard, tout semble avoir pourtant disparu, mais elles restent incrustées tant que nous ne nous y attardons pas résolument. Le changement, c'est souvent comme cela qu'il débute; un simple besoin de retirer ce qui a laissé une trace, un souvenir douloureux qui sera remplacé par une disponibilité à vivre autre chose.

Alors, psychothérapie ou sexothérapie? Les deux aspects sont importants et complémentaires, car c'est finalement une rencontre avec soi. Se rencontrer. Trouver l'équilibre du monde intérieur qui nous appartient et apprendre à sortir des trop nombreuses influences extérieures qui nous affectent. Imaginer au final, comme dans le monde de l'enfance, une toile d'araignée où vous êtes le véritable maître d'œuvre. La capacité à changer débutera par ce premier regard, différent, que nous aurons sur notre capacité à nous voir dans une réalité mieux définie.

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