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le blogue de Alain Gariépy, sexologue et psychothérapeute

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À propos de l'auteur

Alain Gariépy, sexologue clinicien et psychothérapeute, travaille depuis plus de 15 ans à écouter la personne qui vient vers lui afin de donner un sens à ses inquiétudes ou difficultés.

Humanisme et humanitaire

Mardi 22 mars 2016

Par Alain Gariépy

«Un Être n'est pas de l'empire du langage, mais de celui des actes. 

Notre humanisme a négligé les actes.»

Antoine de St-Exupéry

Pilote de Guerre (1942)

 

Tu penses que c'est nécessaire?

La question m'a été posée une fois que je revenais du Laos, ou peut-être du Bénin, je ne sais plus vraiment, tant les histoires qui concernent la misère et la souffrance sont siamoises.

Tout est imbriqué, tout reste à comprendre.

La douleur des autres est quelquefois suffisante pour la ressentir, mais pas assez pour l'enrayer. L'humanitaire est le monde idéal pour vivre des frustrations; quand des événements majeurs surviennent et que l'attention est portée sur de grandes tragédies, pour constater que dans quelques jours, la population sera passée à autre chose pour suivre la chaîne de l'actualité qui la mènera ailleurs, alors que les gens sur le terrain resteront à la recherche de solutions durables. Les vertus de l'humanisme se retrouvent facilement ici; c'est le monde des gentils. Remarquez, il est souvent plus facile d'y professer en parole la vertu que de simplement être attentif à nos proches au quotidien.

Et si ce travail de bénévolat existait justement pour donner une direction à la grandeur de l'espoir de l'homme?

Ma conviction intime est que l'humanitaire est l'avenir de l'humanisme, c'est‑à‑dire un moyen de donner un sens à des valeurs de générosité.

L'humanisme, une façon d'être.

L'humanitaire, une façon d'agir.

J'ai appris deux choses dans l'humanitaire :

- La vie a plus d'imagination que nous;

- L'amour peut emprunter des tas de chemins bizarres.

C'est quoi le lien? Justement, ça prend beaucoup d'imagination pour comprendre comment trouver des solutions à la souffrance où quelquefois la question se pose : un geste en matière d'amour au final est-il plutôt une façon de donner ou de recevoir, comme dans un amour naissant?

Les sexologues ont maintenant leur fenêtre sur l'humanitaire : «Sexologues Sans Frontières» ou SSF1.

Une histoire d'amour pour aider les enfants et les femmes qui souffrent. Alors que la sexologie québécoise aura bientôt 50 ans et qu'elle présente le Québec dans ce qu'il fait de mieux dans ses innovations sociales, le temps est maintenant au partage des connaissances.

Les étudiants et étudiantes es en sexologie de l'UQAM font déjà dans l'humanitaire; ils ont choisi de remettre les profits de leur «Sexo-show» à SSF lors de la soirée du 24 mars au cabaret Chez Mado. Comme si la sexologie commence dans ses premiers balbutiements par le besoin de donner. 

Peut-être que l'humanitaire est nécessaire parce que la société des hommes a trop besoin de pouvoir et manque d'empathie?

Ou peut-être que nous voudrions que l'humanitaire puisse répondre à «pourquoi y a‑t‑il tant de violence» alors qu'il pose surtout des questions sur la nature d'un engagement?

Ou peut-être plus simplement que la violence faite aux enfants et aux femmes est le début de la chaîne et qu'elle éveille à un besoin de sortir de l'indifférence?

Peut-être, en effet.

Tout revient toujours à nos premières questions, à ce que nous nous demandons dès le début.

Vous savez pourquoi c'est nécessaire? Parce que la générosité est toujours quelque chose à recommencer.

__________________

1 Pour avoir plus d'information : sexologuessansfrontieres.com

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