5° Terrebonne, vendredi 24 novembre 2017
Restez informés, abonnez-vous aux infolettres
La Revue Télé

La Revue

L'hebdo des gens d'action

Rechercher Menu

le blogue de Alain Gariépy, sexologue et psychothérapeute

Fil RSS

À propos de l'auteur

Alain Gariépy, sexologue clinicien et psychothérapeute, travaille depuis plus de 15 ans à écouter la personne qui vient vers lui afin de donner un sens à ses inquiétudes ou difficultés.

Quand un doute se transforme en confiance…

Mardi 19 avril 2016

Par Alain Gariépy

Il est nécessaire quelquefois d'apprendre à porter un regard différent sur soi. Tout changement passe par la permission de réfléchir à ce que nous vivons et par la permission que nous nous donnons d'utiliser notre histoire personnelle pour grandir. Observons un dialogue intérieur possible…

J'ai eu besoin de temps pour comprendre la personne que je suis. Des années à hésiter, à faire les mêmes choix, à répéter les mêmes demandes, à patienter dans mon insatisfaction, à prendre les mêmes décisions en espérant des résultats différents et à perdre la mesure de ce qui est acceptable.

J'ai mis des années à sortir de mon passé, à renoncer à tout ce dont j'avais besoin et que mes parents ne m'ont pas apporté, à saisir comment je reproduisais des comportements avec lesquels je n'étais pourtant pas d'accord, pour m'interroger et penser au final que certains enseignements sont plus tenaces que je ne l'imaginais.

Il est difficile de comprendre pourquoi une chose arrive et pas une autre.

Quel est notre chemin?

Que devons-nous construire?

Qu'est-ce qui est vraiment important?

Qu'est-ce qui vaut vraiment la peine d'être poursuivi, ou quand devons-nous renoncer?

Si mon histoire était à réécrire, je n'en changerais pas une strophe. Peut‑être que j'ai aimé quelquefois inutilement et d'autres fois douloureusement, mais j'ai appris progressivement à lâcher prise. Peut‑être que mes choix sexuels, sur le moment, n'étaient pas des plus judicieux et que quelquefois, j'ai choisi de recevoir plutôt que de donner, mais j'ai ainsi compris que la vie devait être généreuse envers moi. Peut‑être que je devrais regretter? Peut‑être me pardonner? Peut‑être que j'ai eu besoin de chacune des personnes qui sont entrées dans ma vie, mais peut‑être aussi que mes moments de solitude n'étaient pas que de la souffrance quand je ne me sentais pas abandonné. J'ai peut-être accepté trop de «demain» parce que la personne que j'aimais n'était pas disponible pour des «aujourd'hui». Et c'est ainsi que j'ai changé mes «peut‑être» par des «j'ai compris».

J'ai compris que ma peur était mauvais guide, que ma tristesse était le meilleur moyen de comprendre et d'accepter, mais que je ne devais pas m'y installer, que ma colère m'entraînait toujours trop loin avec le sentiment que je n'avais pas avancé.

J'ai compris que je ne serais jamais aimé de tout le monde. Le jour où j'ai fait le choix de porter cet amour vers moi, sincèrement, j'ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance n'étaient rien d'autre que des signes qui m'indiquaient que j'étais allé à l'encontre de mes convictions. Aujourd'hui, j'ai compris que cela s'appelle : être authentique.

Je ne sais pas si je vais pouvoir me racheter pour tout ce que j'ai encore en tête, mais peut‑être que c'est déjà fait.

Je sais maintenant ce qui est bien pour moi. J'aime regarder le calme et l'attention du héron et me dire qu'il y a un peu de lui en moi. C'est ma vie, à l'image de celle des autres qui nous unit, un monde de rencontres, de sourires et de soupirs, vraiment complices, vraiment intimes, vraiment personnels. Quel plaisir intense de se donner la permission de vivre sa vie!

Commentaires

Vous désirez commenter cet article?
Vous devez être membre

Publicités