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le blogue de Alain Gariépy, sexologue et psychothérapeute

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À propos de l'auteur

Alain Gariépy, sexologue clinicien et psychothérapeute, travaille depuis plus de 15 ans à écouter la personne qui vient vers lui afin de donner un sens à ses inquiétudes ou difficultés.

Fantasme, ambivalence et peine amoureuse

Mardi 31 mai 2016

Par Alain Gariépy

Il est maintenant possible de comprendre que nos espoirs amoureux sont facilement associés à nos fantasmes quand nous avons une idée assez précise de nos besoins et désirs. En même temps, il peut être complexe de faire vivre notre monde intérieur à la personne aimée si l'autre s'implique peu. Un dialogue stérile et des questionnements sans fin ouvrent à l'éloignement du couple.

Après avoir construit une relation nourrie par de nombreux engagements, il est souvent douloureux, voire insécurisant de remettre en question l'univers créé par tout ce qui s'est construit très progressivement.

La notion d'équilibre entre l'énergie que nous employons à construire une relation et l'attention que nous portons à la personne choisie peuvent se faire souvent au détriment de soi et de son idéal, d'où le constat douloureux de l'éloignement qui s'installe.

L'ambivalence se construit ainsi, c'est d'abord une perception que quelque chose nous échappe associée à un besoin de comprendre. L'histoire d'un doute. La naissance d'un conflit intérieur se dessine avec un sentiment de ne pas être sûr de ce qui nous est important et où notre attention se tourne à chercher une réponse à l'extérieur de soi. Cette façon d'être favorise une perte de confiance personnelle. Vivre dans l'attente de la réponse de l'autre, du changement qui favorisera notre bien‑être, oblige à porter nos espoirs sur ce que nous ne maîtrisons pas. Le piège se referme à chercher à se sécuriser plutôt que d'apprendre à se choisir.

Le sentiment d'être bien sur une base occasionnelle, de vivre une relation incomplète dans une histoire inachevée oblige au requestionnement. L'espoir est souvent de retrouver l'autre dans ce qu'il était au tout début, de revivre ces premiers moments, avec un appétit de redécouverte.

Le fantasme prend sens dans sa fonction refuge. Le besoin de conserver plutôt que de se préserver. Une image forte de ce que nous voulons vivre, un désir d'oublier les limites de l'autre et une absence du plaisir de se prioriser.

Poussé à la limite et peu récompensé par ses efforts, le besoin de regarder la relation autrement peut enfin créer un véritable changement.

Un regard différent

L'éloignement existe dans les oppositions. Une personne triste de sa vie amoureuse ne garde en elle que les bons souvenirs alors que son partenaire insatisfait ne verra que le négatif et les moments d'incompréhension. La difficulté à résoudre viendra de ce fait. Il faut retenir que c'est dans la déception amoureuse qu'il est important de faire le plus attention à soi. La tristesse est ainsi un bon moment pour revisiter son monde intérieur.

Si l'expérience amoureuse se termine, il y a deux choses importantes à retenir, soit la solitude et l'expérience :

- la solitude, c'est apprendre à être bien avec soi‑même, et non à se sentir abandonné ou rejeté;

- l'expérience, c'est d'avoir le goût de recommencer… différemment.

Le fantasme masquerait‑il la réalité? Vous avez déjà entendu à la fin d'une relation décevante quelqu'un dire : «J'ai l'impression de ne pas avoir vraiment connu la personne que j'ai aimée», comme si le fantasme de la vie menée avait caché l'essentiel; les silences et les consentements n'étaient peut‑être que façade.

Tout serait‑il donc question d'honnêteté pour ne pas être dans l'ambivalence?

L'honnêteté amoureuse est peut‑être ce qu'il y a de plus important, mais c'est souvent par amour qu'une personne ment parce qu'elle a l'impression d'avoir beaucoup à perdre. Tricher repose souvent sur ce simple fait. Chercher à répondre à ses besoins et préserver une image d'une autre époque. La crainte de voir la relation mourir, la vie à deux s'achever, peut créer un vide et une peur face à l'inconnu.

Une peine amoureuse n'est pourtant qu'une expérience qui s'arrête, mais parfois trop abruptement.

La vie amoureuse est un symbole de réussite et ouvre au possible, elle nous rappelle que nous avons toujours raison dans nos idéaux qui ouvrent à nos fantasmes, mais pas nécessairement quant à la personne choisie, et cela peut prendre un certain temps avant de l'accepter.

 

***

Pour voir les 3 volets de mes chroniques sur le fantasme amoureux, il est possible de me suivre au : https://www.facebook.com/alaingariepy.therapeute

 

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Je vous propose de venir partager mes réflexions pour une conférence sur «Vivre ses espoirs amoureux» le mardi 14 juin 2016 à 18 h 30, au Centre Agora – 4125, rue d'Argenson à Terrebonne. Pour informations et réservation obligatoire : 514 703-0690.

Coût : 20 $ par personne ou 30 $ pour deux.

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