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le blogue de Alain Gariépy, sexologue et psychothérapeute

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À propos de l'auteur

Alain Gariépy, sexologue clinicien et psychothérapeute, travaille depuis plus de 15 ans à écouter la personne qui vient vers lui afin de donner un sens à ses inquiétudes ou difficultés.

Vive le changement!

Mardi 6 septembre 2016

Par Alain Gariépy

Se remettre en question, tout envoyer promener, changer de vie, d'idées, de partenaire de vie… Renaissance pour les uns, angoisse pour les autres. Quand s'amorce réellement le changement et comment doit-il s'installer en nous?

Pourquoi ne pas apprendre à changer même quand nous allons bien? Si la démarche est personnelle, il est possible qu'elle s'apparente plus à une forme de métamorphose, une façon d'affirmer notre confiance en soi et de trouver sa voie en soulignant la découverte de notre liberté. Un changement durable doit être progressif, sans bouleversement, et non parce que nous avons été ébranlé, qui entraîne trop souvent une réaction brutale. Quand s'opère en nous une prise de conscience, d'être, de vivre ou d'agir différemment, le mouvement graduel, qui se fait doucement, permet des ajustements et notre attention est alors portée sur l'essentiel : notre besoin de cheminer.

Vous savez quand une personne a le plus besoin de se renouveler? Dans sa vie amoureuse et surtout quand la situation est difficile, comme si l'association changement‑insatisfaction était faite pour aller ensemble. Ce besoin s'implante parce que nous ne sommes pas fier de nous et cela crée un sentiment d'urgence, donc d'aller à l'évidence[MM1]  pour ne pas perdre. Nous ne sommes plus dans le désir de faire un gain, mais dans l'appréhension de l'échec. La dynamique d'un couple est dans ses fondements un théâtre de changements. Quand il ne l'est pas, le quotidien est souvent perçu comme une routine et, sur cette base, crée un autre type de problématique. Le sentiment de ne plus être stimulé et de ne plus faire d'apprentissages.

Or, instaurer des changements doit demeurer une démarche personnelle. Vous savez pourquoi il est difficile de changer pour faire plaisir à quelqu'un? Car la plupart du temps, les personnes qui nous demandent de changer ne savent pas vraiment ce qu'elles veulent. En fait, elles savent plutôt ce qu'elles ne veulent plus. Omission importante, une personne qui demande à l'autre de changer se remet rarement en question. C'est ce que nous nommons une conduite aliénante; pour pouvoir être heureux dans la vie, la personne considère que l'autre doit changer.

Changer pour faire plaisir alors? Ce n'est souvent qu'un jeu d'apparence, une illusion, un traité de bonnes intentions. Alors pourquoi changer quand la situation est grave? Parce que l'autre est en souffrance? Parce que la situation est devenue inacceptable? Parce que des valeurs ont été transgressées? Évidemment, blesser profondément une personne aimée entraîne de grandes remises en question, c'est naturel. L'enjeu, par contre, n'est pas de savoir si nous devons arrêter quelque chose, mais si nous en sommes vraiment capable. Le sommes-nous? Pourquoi alors avoir attendu à l'ultime crise?

Il est peut-être plus facile d'accepter un changement dans la nécessité et ne voir que la nécessité au moment de la crise. Souvent, un changement en prépare un autre. L'émotion ressentie est le moteur du changement, la joie de progresser doit en être son essence. La difficulté à modifier profondément un chemin de vie qui a été imaginé et investi repose à la fois sur l'insécurité de la transformation et sur le manque de persévérance à garder notre attention sur l'objectif visé. Comme si le plus important n'étant plus de grandir de nos aspirations, mais plutôt d'apprendre de nos déceptions. L'aigle, symbole de puissance et de sagesse, qui docilement va se retrouver enchaîné à un perchoir en attente de jours meilleurs. En fait, notre liberté prend souvent le chemin inverse de nos limites. Le changement associé aux frustrations crée une impasse parce que tourné vers l'autre. La référence repose sur le temps, attendre. Au contraire, tourné vers notre liberté, le besoin de vivre différemment devient une question de moyens; comment avancer?

Nous devons changer, pas simplement parce que nous n'avons plus le choix, mais plutôt pour s'affranchir, pour vivre notre vie et retrouver à la fois notre dignité et notre liberté, pas pour répondre au besoin de l'autre même si celui-ci a raison. En fait, notre liberté s'accommode très difficilement d'un simple changement de dépendance.

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