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le blogue de Alain Gariépy, sexologue et psychothérapeute

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À propos de l'auteur

Alain Gariépy, sexologue clinicien et psychothérapeute, travaille depuis plus de 15 ans à écouter la personne qui vient vers lui afin de donner un sens à ses inquiétudes ou difficultés.

Pluralité de genres et diversité intime

Mardi 15 novembre 2016

Par Alain Gariépy

Cette chronique est réalisée avec la précieuse collaboration de Maryse Trempe, étudiante passionnée et très impliquée en sexologie.

Nous prenons une grande partie de notre vie à apprendre à nous connaître. Un des aspects importants de cette connaissance de soi concerne notre besoin de se définir et de proposer une image qui va dans l’expression de ce que nous sommes. Il est possible de représenter notre monde intérieur comme un havre, vécu comme un lieu sûr où nous pouvons utiliser notre énergie tranquille pour définir notre intimité, pour trouver un équilibre dans ce que nous cherchons à partager. Le chemin pour y arriver n’est pas toujours simple.

Dans une organisation sociale qui a longtemps défini la dimension humaine avec comme référence l’homme et la femme, le cadre est maintenant en mouvement. De fait, l’identité relève d’une perception de soi qui ouvre au champ de la conscience. Affirmer son identité, c'est reconnaître sa différence. Auparavant, avec les tabous, les interdits et le peu de repères ou de modèles (intersexe, transgenre, transsexuel, «queer», neutrois, etc.) sur nos représentations intérieures, la nature de ce questionnement était peu propice, car en manque de réponses satisfaisantes.

Beaucoup de personnes ont ainsi évolué en étant peu conscientes de l'existence de réalités divergentes, souvent incomprises par la société. C.G. Jung a depuis longtemps présenté une compréhension de l’être humain nommé «Anima et Animus» suggérant qu’il existait en tout individu une représentation masculine et féminine, et que ces deux réalités vécues comme de grandes solitudes étaient peut‑être en fait très complémentaires.

Fruit d’une longue réflexion, nous bénéficions de l'évolution de la pensée sexologique ouvrant à un vocabulaire teinté de nuances, permettant ainsi de mieux comprendre les diverses identités sexuelles. Maintenant, il y a une possibilité d'une pluralité de genres qui favorise une meilleure confiance de soi et une fierté d'appartenance. Il s'avère important de s'épanouir dans ses caractéristiques intrinsèques en leur donnant un sens.

Ainsi, définir l’être humain et le restreindre à deux catégories binaires, homme et femme, demandent une ouverture à la différence pour comprendre une réalité plus complexe, diversifiée et plurielle. En effet, l’intersexualité ayant toujours existé, elle demeure peu perceptible. Elle fait référence à une différence dans le développement des composantes sexuelles biologiques du corps humain. De même, le phénomène de la transidentité s’avère de plus en plus reconnu. Il s’agit d’une divergence entre l’identité de genre et le genre attribué à la naissance et/ou le sexe biologique. Ainsi, la personne trans a le sentiment profond d’appartenir au sexe opposé.

Le sexe est à la fois biologique et social. Il s’avère important de distinguer le sexe de la notion du genre afin de mieux saisir la pluralité. D’une part, le sexe correspond aux organes génitaux et, d’autre part, le genre fait référence à la manière dont une personne perçoit son identité de genre et l’exprime à travers ses comportements et attitudes. La génitalité et le sentiment de s’approprier ce que nous sommes sont ainsi deux mondes distincts.

Historiquement, les différences ont tendance à isoler surtout en matière de sexualité où toute l’intimité est à se construire. Une personne doit pouvoir se développer avec le sentiment profond d’être honnête avec elle-même en s'acceptant comme elle est. Le 16 novembre prochain est la Journée internationale de la tolérance. Dans une société québécoise reconnue pour son ouverture au monde, nous pouvons être plus inclusifs en passant de la tolérance à l’appartenance, démontrant une capacité d’accueillir et acceptant l’autre dans ses différences.

Si nous prenons pour acquis que la sexualité est un mode d’expression de soi permettant de définir l’intimité, nous pouvons favoriser le bien‑être personnel dans l’assurance de pouvoir être, plutôt que de rester centré sur le paraître.

Dans une culture qui privilégie d’abord les valeurs individuelles aux valeurs collectives, la perception de soi prend ici tout son sens. En étant très conscient de ce que nous sommes, l’ouverture à l’autre au partage est ainsi mieux nourrie. Une intimité diversifiée? Elle existera toujours dans le plaisir de la rencontre. Forgé de surprise, de curiosité, l’épanouissement sexuel se définira toujours dans la permission à oser transgresser nos peurs et bien vivre le moment présent.

La sexualité est quelquefois le soubresaut d'une nuit. La reconnaissance d'une personne est l'événement de toute une vie. Et c'est dans cet espace qu'elle devra trouver sa vérité dans l'intimité.

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