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À propos de l'auteur

De pigiste les week-ends à ses débuts, Gilles Bordonado est devenu journaliste, rédacteur en chef, directeur adjoint avant de devenir propriétaire de La Revue en juillet 2004. Ayant grandi à Mascouche, il a 52 ans et compte près de 30 ans de journalisme. Tout ceci fait qu'il connaît la région comme sa poche et toutes les histoires et les petites histoires du coin.

Il aime parler d'actualité et de politique. Et oui il est progressiste et souverainiste (et il s'assume et l'assume), ce qui ne l'empêche pas d'être critique envers ce mouvement. Il prône le GBS (Gros bon sens), pas le GPS, bien qu'il en aurait bien d'un à l'occasion de ses prédictions pas très bonnes en temps d'élections ou de séries éliminatoires de hockey.

Réputé pour avoir une opinion sur tout, cela fait 20 ans qu'il signe une chronique dans La Revue. Très critique, il juge signer une super chronique sur 10, « surtout quand il est fâché ». C'est d'ailleurs celles-ci qui génèrent le plus d'intérêt. Il lui arrive ainsi quelques fois d'en mettre un peu plus que le client en demande. Mais finalement vous semblez aimer ça. Donc vous l'encouragez... Il en va de même quand vous lui écrivez. Alors à vos claviers !

Inévitable, acceptable, souhaitable

Mardi 20 septembre 2011

Par Gilles Bordonado

Le jour J arrivera... un jour. La fusion des villes de Terrebonne et de Mascouche est une question de temps. Elle est inévitable, elle est désormais souhaitable. Ça y est, c'est dit, je l'ai dit, je l'ai écrit.

À mon humble avis, je suis bien placé pour m'exprimer ainsi. Résidant de Mascouche depuis 1971, à part un petit aparté de deux ans à Terrebonne et de deux années scolaires universitaires à Montréal, je travaille à Terrebonne depuis presque 23 ans. Mascouchois et Terrebonniens ne sont pas si loin les uns des autres, tant sur le plan géographique que sur le plan humain.

Nous sommes des banlieusards de la grande région de Montréal qui vivent les mêmes problématiques. Nous avons une base socioéconomique semblable. Qui plus est, avec le développement commercial et résidentiel de Mascouche, les deux villes sont de plus en plus des égales au point de vue fiscalité.

Les deux villes partagent une foule de services, dont l'assainissement des eaux usées, la Régie d'aqueduc intermunicipale des Moulins, le Centre local de développement économique des Moulins, le centre gymnique implanté à Terrebonne, le transport en commun et la MRC Les Moulins.

Les deux municipalités ont adopté un schéma de risque pour la prévention des incendies. Sur ce point, les deux profitent de postes de pompiers à la fine pointe; Mascouche a même son camion à échelle, équipement qui lui manquait cruellement. Les deux services se soutiennent l'un et l'autre en cas d'urgence.

Terrebonne est dotée de certaines infrastructures qui manquent franchement à Mascouche, dont une salle de spectacles respectable, une piscine olympique, un complexe sportif et de soccer d'une qualité exceptionnelle. La Ville de Mascouche loue même actuellement la piscine de la Ville de Terrebonne à l'école Armand-Corbeil pour ses citoyens, c'est dire où nous en sommes.

Mascouche dispose de son côté de quelques équipements qui manquent à Terrebonne : un complexe de soccer extérieur extraordinaire qui manque dramatiquement à Terrebonne et une salle communautaire publique pouvant recevoir presque 500 personnes.

À mon avis, quatre grands facteurs mèneront au regroupement inévitable des deux municipalités :

1- Les services de police. Les deux villes ont besoin de se doter de deux nouveaux postes de police. Celui de Mascouche est totalement désuet et celui de Terrebonne ne répond plus à la demande. De plus, les deux municipalités doivent faire face aux mêmes exigences de services, malgré que Terrebonne soit deux fois et demie plus grande. On parle ici de dizaines de millions de dollars qui devront être investis pour répondre aux besoins pressants de ces deux services de sécurité publique.

Au cours des deux dernières années, Mascouche avait étudié sérieusement la possibilité d'installer son quartier général à la future gare, qui aurait accueilli aussi les bureaux de la MRC, mais l'affaire avait achoppé pour des questions financières, Mascouche n'ayant plus un sou à investir dans le projet.

2- La politique. Les deux villes ont vécu des mois difficiles. Il est clair pour tous observateurs avertis que le maire de Mascouche, Richard Marcotte, ne sera pas de retour, comme nombre de conseillers municipaux dans les deux villes aux élections de novembre 2013. Ce contexte est favorable à l'émergence de nouveaux visages, de nouvelles visions des choses. Si Jean-Marc Robitaille décidait de poursuivre son œuvre, il serait très bien placé pour piloter cette nouvelle fusion, puisqu'il a été au cœur d'un regroupement qui a connu un grand succès. Il ne faut pas oublier que le maire de Terrebonne déjà résidé à Mascouche a un temps et a représenté les Mascouchois à la Chambre des communes à Ottawa pendant cinq ans alors qu'il était député fédéral. Qu'on ne me dise pas qu'il n'aurait pas les intérêts des Mascouchois à cœur, c'est un concept qui ne marche pas. Quant aux fonctionnaires de Terrebonne, on ne pourra trouver de gens plus préparés qu'eux pour s'adapter à une telle mesure.

3- La population. En 2000, quand les citoyens de Mascouche ont été consultés sur le dossier de la fusion, le conseil municipal du temps avait opté pour un choix de réponses alambiquées à leur sondage pour mettre la fusion de côté : 30 % sont pour, 30 % sont contre et 37 % veulent plus d'information. Disons que la fusion réussie entre les villes de Terrebonne, Lachenaie et La Plaine a de quoi les inspirer. En 2000, la région comptait 108 636 citoyens. Elle en compte aujourd'hui 145 084. En un peu plus de 10 ans, c'est 25 % de nouveaux résidants qui se sont installés dans ces deux villes. Oui, 25 %!

Pour la grande majorité d'entre eux, Terrebonne et Mascouche, c'est du pareil au même. Comme pour bien d'autres citoyens installés de longue date dans la région. Outre les services municipaux déjà partagés, ils se croisent dans les commerces de Terrebonne et de Mascouche, dans le Vieux-Terrebonne, au théâtre, au cinéma, au cégep et même à l'hôpital. Dans plusieurs cas, leurs enfants fréquentent les mêmes écoles primaires et secondaires.

4- Le sentiment d'appartenance. Avec les années, un véritable sentiment d'appartenance s'est bâti entre les citoyens de Mascouche et de Terrebonne à travers la MRC Les Moulins. Comme propriétaire d'un journal régional couvrant les deux municipalités, je suis bien placé pour apprécier cette correspondance des intérêts. Mascouchois et Terrebonniens partagent les mêmes réalités associées à l'accroissement de la circulation, à la course effrénée à laquelle sont confrontées les familles, au développement de l'emploi local, aux problèmes inhérents au vieillissement de la population et à combien d'autres enjeux individuels et collectifs.

Qu'on ne me dise pas que Mascouche va vendre son âme à Terrebonne parce que le nom de la ville n'accueillera plus les visiteurs dans la municipalité. Après 10 ans, les anciennes villes de Lachenaie et La Plaine ont conservé leurs spécificités et leurs associations sportives et communautaires. Les deux secteurs ont conservé leur cœur, qui bat toujours en leur sein, et ce, malgré le regroupement. Certains d'entre eux ont pu croître et jouir de moyens dont ils n'auraient jamais pu rêver si le regroupement n'était pas survenu.

7e ville au Québec

Une fusion ferait de la nouvelle ville la 7e plus grande du Québec, devant Saguenay et à un pas du 6e rang, occupé par Sherbrooke. En excluant Laval, la nouvelle ville serait (comme Terrebonne actuellement, d'ailleurs) la plus populeuse sur la couronne Nord de Montréal, mais elle aurait le double de la population de la deuxième, Repentigny. Son poids démographique offrirait un poids politique colossal à ses dirigeants.

Sur le plan de la planification municipale et urbaine, on favoriserait encore plus une complémentarité dans les services de tous les secteurs. Les économies que générerait la nouvelle ville en mettant en commun les services que Terrebonne et Mascouche doivent payer chacune de leur côté favoriseraient l'éclosion de nouveaux services. Il en sera le cas, car c'est déjà le cas dans une foule de domaines sans contraintes ni problèmes.

Je vous prévois bien quelques chicanes sur la place publique sur le nom de la future ville : Terrebonne, des Moulins ou autres. Celles-ci cacheront une seule chose, les ambitions des uns et des autres sur une petite principauté ou une autre. La fusion est aujourd'hui non seulement acceptable, mais elle est désormais inévitable et souhaitable.

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