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À propos de l'auteur

De pigiste les week-ends à ses débuts, Gilles Bordonado est devenu journaliste, rédacteur en chef, directeur adjoint avant de devenir propriétaire de La Revue en juillet 2004. Ayant grandi à Mascouche, il a 52 ans et compte près de 30 ans de journalisme. Tout ceci fait qu'il connaît la région comme sa poche et toutes les histoires et les petites histoires du coin.

Il aime parler d'actualité et de politique. Et oui il est progressiste et souverainiste (et il s'assume et l'assume), ce qui ne l'empêche pas d'être critique envers ce mouvement. Il prône le GBS (Gros bon sens), pas le GPS, bien qu'il en aurait bien d'un à l'occasion de ses prédictions pas très bonnes en temps d'élections ou de séries éliminatoires de hockey.

Réputé pour avoir une opinion sur tout, cela fait 20 ans qu'il signe une chronique dans La Revue. Très critique, il juge signer une super chronique sur 10, « surtout quand il est fâché ». C'est d'ailleurs celles-ci qui génèrent le plus d'intérêt. Il lui arrive ainsi quelques fois d'en mettre un peu plus que le client en demande. Mais finalement vous semblez aimer ça. Donc vous l'encouragez... Il en va de même quand vous lui écrivez. Alors à vos claviers !

Bilan

Mardi 4 décembre 2012

Par Gilles Bordonado

La décision de Richard Marcotte de se retirer est éclairée, bien que certains puissent lui reprocher d’avoir attendu bien trop longtemps, moi le premier. Coupable ou non, en demeurant en poste, il a maintenu Mascouche au cœur de l’actualité, montrant une ville divisée, en perpétuelle crise.

Richard Marcotte choisit donc son heure plutôt que d’être potentiellement destitué avec l’adoption prochaine de la loi 10, qui l’aurait confronté à une destitution à plus ou moins courte échéance. Un autre psychodrame est donc ainsi évité.

Certains croient avec raison que ce sera à l’histoire de juger les réalisations de l’homme. Je pense qu’il est cependant possible de tirer certaines conclusions de cette carrière politique hors du commun de 22 ans, marquée de plusieurs faits d'armes et d'une bien triste conclusion.

Élu en novembre 1991 à la tête de Ralliement Mascouche, Richard Marcotte a été réélu en 1995, en 1999, en 2003, en 2005 et en 2009. Son règne a été marqué de réalisations remarquables, dont l'élargissement de la montée Masson, une croissance économique fulgurante, la réalisation de l'assainissement des eaux, des Cours de l'Étang, du parc du Grand-Coteau, du viaduc de l'Esplanade, du Pavillon du Grand-Coteau, de la Coopérative du Chez-Nous du Communautaire des Moulins et de l'aqueduc du Lac Samson, la prolongation du boulevard Mascouche, la réfection du chemin des Anglais, le bouclage du réseau d'aqueduc, l'amélioration du transport en commun et l'enfouissement des services publics sur Sainte-Marie. S’il n’a pas fait ça seul, il en a assurément été l’inspiration. Il a plongé Mascouche dans la modernité.

Il demeurera cependant des controverses à son règne : la dureté de son premier mandat alors qu’il congédiait 10 cadres en quelques mois, le retrait de Mascouche du CLDEM, qui employait pourtant Richard Marcotte quelques mois auparavant, les divisions répétées au sein de sa formation politique et avec ses collègues de la région au début des années 1990, ses luttes avec le constructeur Jean-Guy Ouellet, et une hausse de taxes soudaine et contestée en fin de règne. Cette hausse a sérieusement ébréché le lien qui l’unissait à la population, car elle est arrivée sans avertissement et surtout sans empathie.

Ses liens avec certains entrepreneurs, des transactions personnelles questionnables et ses récents déboires avec la justice ont été ressentis comme une disgrâce par les citoyens. Chacune de ses présences aux assemblées se vivait sous haute tension, présences espacées en fonction des exigences de la loi, ce qui lui permettait de demeurer en poste, le tout avec salaire complet.

En avril, à la suite de l'Opération Gravier menée par l'escouade Marteau, on l’accuse de fraude, de complot, d'acte de corruption dans les affaires municipales, d'abus de confiance et d’acte de corruption envers le gouvernement. C’en était trop pour la très grande majorité des Mascouchois.

Honni par certains, encensé par d’autres, tantôt Machiavel et fier de l’être, tantôt chaleureux et attentif, Richard Marcotte était tout à la fois. L’histoire et la justice nous diront un jour si un grand visionnaire aura entaché une vie politique brillante pour l’appât du gain et quelques billets dont il n’avait pas besoin pour vivre...

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