-1° Terrebonne, dimanche 19 novembre 2017
Restez informés, abonnez-vous aux infolettres
La Revue Télé

La Revue

L'hebdo des gens d'action

Rechercher Menu

le blogue de Gilles Bordonado

Fil RSS

À propos de l'auteur

De pigiste les week-ends à ses débuts, Gilles Bordonado est devenu journaliste, rédacteur en chef, directeur adjoint avant de devenir propriétaire de La Revue en juillet 2004. Ayant grandi à Mascouche, il a 52 ans et compte près de 30 ans de journalisme. Tout ceci fait qu'il connaît la région comme sa poche et toutes les histoires et les petites histoires du coin.

Il aime parler d'actualité et de politique. Et oui il est progressiste et souverainiste (et il s'assume et l'assume), ce qui ne l'empêche pas d'être critique envers ce mouvement. Il prône le GBS (Gros bon sens), pas le GPS, bien qu'il en aurait bien d'un à l'occasion de ses prédictions pas très bonnes en temps d'élections ou de séries éliminatoires de hockey.

Réputé pour avoir une opinion sur tout, cela fait 20 ans qu'il signe une chronique dans La Revue. Très critique, il juge signer une super chronique sur 10, « surtout quand il est fâché ». C'est d'ailleurs celles-ci qui génèrent le plus d'intérêt. Il lui arrive ainsi quelques fois d'en mettre un peu plus que le client en demande. Mais finalement vous semblez aimer ça. Donc vous l'encouragez... Il en va de même quand vous lui écrivez. Alors à vos claviers !

Des urgences bien malades

Mardi 26 novembre 2013

Par Gilles Bordonado

Notre système d’urgence est malade. Il clopine, car des choses ne fonctionnent pas très bien, en particulier le soir et le week-end.

J’en parle en connaissance de cause, car j’ai eu droit à cette médecine il y a peu de temps. Inscrit à une clinique dotée d’un groupe de médecine familiale – où les médecins sont excellents, soit dit en passant –, je n’ai pas eu accès à mon médecin, car il était indisponible pour un temps. Comme dans plusieurs cliniques, il fallait faire le pied de grue au téléphone pour avoir une place le matin. En vain. Toujours chanceux que j’aie un médecin de famille, ce que plusieurs n’ont pas…

Ce qui devait arriver arriva, le malaise est devenu un mal en soi. Je me suis dirigé un samedi matin à l’urgence de notre hôpital où j’ai été le 17e à m’inscrire. Devant moi, une vingtaine de personnes malades qui y avaient passé la nuit, nuit, selon une personne présente depuis 24 HEURES, au cours de laquelle un seul patient avait réussi à voir un urgentologue. UN!

Pendant la journée, une douzaine de personnes souffrantes ont été rencontrées, alors que bien d’autres ont pris le chemin de la maison, désabusées d’un service d’urgence incapable de les rencontrer. Ces gens vivront avec un mal qui se compliquera peut-être. C’est ce que j’aurais pu faire ou même dû faire, car on m’a détecté une hernie discale lombaire. Les 9 heures d’attente sur un siège droit n’ont sûrement pas aidé. Je sais que le confort n’est pas une priorité à notre hôpital, mais quand même. J’invite quelques directeurs et directrices à passer quelques heures dans leur urgence, et leur point de vue changera. Il faut le vivre pour le croire.

Pour revenir à mon histoire, il s’est avéré, après une résonnance magnétique payée de ma poche, que cette hernie touchait deux nerfs du dos. Je la soigne actuellement avec un physio que je paye aussi de ma poche.

Certains m’ont dit d’aller au privé, ce que j’ai fait à de rares occasions face au fonctionnement erratique de notre système d’urgence problématique en fait de disponibilité. La compétence n’est pas en question, je tiens à le préciser.

L’ancien directeur du CLSC Lamater Daniel LeBlanc me rappelait que dans les années 70 et 80, son organisation avait une urgence médicale ouverte de 8 h à 0 h, 7 jours par semaine, et que peu à peu, les cliniques privées avaient pris la relève. Les coupes ont forcé le CLSC à ne plus donner ce service et ça a été la fin de l’urgence comme on la connaissait dans bien des cliniques.

Certaines d’entre elles, pas toutes, financées comme groupes de médecine familiale (GMF), ferment même en après-midi le vendredi, le samedi et/ou le dimanche, alors qu’elles avaient l’obligation d’ouvrir de 8 h à 21 h, 7 jours par semaine, contre fourniture d'infirmières, de matériel informatique, etc.  

«Évidemment, écrit M. LeBlanc, une clause spécifiait que les heures d'accessibilité étaient en fonction des ressources médicales au GMF. Mais qui décide s'il y a suffisamment de ressources ou pas? C'est le médecin responsable du GMF. Alors, il semble qu'il n'y a pas souvent les ressources voulues.»

Deux choses sont certaines. De un, c’est le patient qui paye toujours la note : comme contribuable payant ses impôts, comme patient qui n’a pas toujours accès à des services d’urgence acceptables et comme utilisateur de services privés qui lui exigent des déboursés supplémentaires. Et de deux, c’est clair que le patient n’est pas la priorité dans tout ça. Si c’était le cas, il n’y aurait pas des gens qui passent des 10, 18 et même 24 heures dans une urgence par manque de services médicaux. Je dois vous dire que ce fameux samedi matin, dans la douleur, j’ai eu un peu honte de nous comme société…

Commentaires

Vous désirez commenter cet article?
Vous devez être membre

Publicités

Derniers articles

Archives