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À propos de l'auteur

De pigiste les week-ends à ses débuts, Gilles Bordonado est devenu journaliste, rédacteur en chef, directeur adjoint avant de devenir propriétaire de La Revue en juillet 2004. Ayant grandi à Mascouche, il a 52 ans et compte près de 30 ans de journalisme. Tout ceci fait qu'il connaît la région comme sa poche et toutes les histoires et les petites histoires du coin.

Il aime parler d'actualité et de politique. Et oui il est progressiste et souverainiste (et il s'assume et l'assume), ce qui ne l'empêche pas d'être critique envers ce mouvement. Il prône le GBS (Gros bon sens), pas le GPS, bien qu'il en aurait bien d'un à l'occasion de ses prédictions pas très bonnes en temps d'élections ou de séries éliminatoires de hockey.

Réputé pour avoir une opinion sur tout, cela fait 20 ans qu'il signe une chronique dans La Revue. Très critique, il juge signer une super chronique sur 10, « surtout quand il est fâché ». C'est d'ailleurs celles-ci qui génèrent le plus d'intérêt. Il lui arrive ainsi quelques fois d'en mettre un peu plus que le client en demande. Mais finalement vous semblez aimer ça. Donc vous l'encouragez... Il en va de même quand vous lui écrivez. Alors à vos claviers !

Un titre, une introduction et un ton biaisés

Lundi 12 janvier 2009

Par Gilles Bordonado

Lu dans «La Presse» le lundi 12 janvier aux pages A-4 et A-5 : sous-titre : «Le tracé retenu par l'AMT fait des mécontents»; titre principal : «400 millions pour moins de 6 000 passagers par jour». Le ton était donné...

Si l'article repose sur certains faits vérifiables et quantifiables, le titre, l'introduction et le ton démontrent une tout autre chose : le torpillage d'un projet attendu depuis plus de 25 ans dans le sud de Lanaudière et la MRC Les Moulins (Terrebonne et Mascouche).

En deux pages dans son cahier A, le plus grand quotidien francophone d'Amérique met le reportage «en perspective» en relatant le drame vécu par un pauvre citoyen de Charlemagne dont les propriétés seront expropriées pour laisser place à une gare. L'entrevue tient sur une page complète sur les deux que compte le reportage.

Évidemment, vous n'y découvrirez pas le début de l'ombre du petit orteil du témoignage d'un citoyen favorable au projet ou des avantages incommensurables à long terme du projet sur l'amélioration de la qualité de vie des citoyens ou sur l'environnement.

L'article parlera cependant avec emphase de l'usine fabriquant des explosifs, des citoyens de l'est de Laval qui voudraient d'un train (que leur maire ne veut pas, d'où le nouveau tracé), mais aussi et surtout des millions à investir. On juge aussi, et de quel droit d'ailleurs, que 6 000 passagers par jour ne justifient pas la dépense, le tout sans aucune mise en perspective à long terme, évidemment.

On parle bien succinctement des gens favorables, sinon du fait que TOUTES les villes de banlieue sont favorables au projet. Mais c'est vrai qu'il ne s'agit que de «petits maires de banlieues», et «des petits maires de banlieues» ne pèsent pas très lourd devant le colossal poids des bien-pensants de Montréal. Pour ces derniers, les maires de Terrebonne, Mascouche, Repentigny et Charlemagne ne représentent «que» 250 000 citoyens. Des peccadilles...  

Quant à l'histoire du monsieur de Charlemagne, elle est bien triste. Valait-elle la moitié du reportage portant sur le dossier? Je vous laisse en conclure...

Qu'on ne fasse pas croire que la construction du métro, de l'autoroute métropolitaine et de toutes les grandes infrastructures de Montréal n'a pas fait de victimes. Elles ont sûrement toutes exigé des expropriations. Quand une société se dote d'infrastructures majeures et publiques, il y a invariablement des «victimes»; ce monsieur en fait partie, et il y a des moyens bien concrets pour le dédommager.

Personnellement, j'ai lu cet article de «La Presse», comme plusieurs qui ont porté sur ce dossier au cours des ans, en me disant : «Voilà bien une autre job de bras.» Le ton est tendancieux et laisse croire qu'on prend l'argent du public pour le tirer par les fenêtres. Évidemment, ce reportage est publié à deux jours de la consultation du BAPE (Bureau d'audiences publiques en environnement) qui se tient à Repentigny sur ce projet.

Nous, résidants de la MRC Les Moulins, sommes habitués à ces manœuvres. Chaque fois qu'un projet d'infrastructures favorables à notre population a été annoncé, les Montréalistes ont trouvé à redire. Je cite à cet effet la construction d'un cégep, d'un hôpital, du pont de la 25, et il en va de même pour le Train de l'Est.

Les banlieusards de l'est de Montréal ont le droit de disposer d'infrastructures de transport public adéquates. Les Moulinois sont des contribuables comme les autres Québécois. Dans son introduction du reportage, «La Presse» écrit : «N'y aurait-il pas un moyen plus simple de rejoindre les clientèles visées?» Évidemment, ce reportage ne propose pas l'ombre d'une solution, car il n'y en a pas. Les villes de Terrebonne et Mascouche investissent déjà massivement dans le transport en commun. Le stationnement incitatif implanté à Terrebonne connaît une popularité folle. Il déborde et ne suffit plus à la tâche. Les citoyens moulinois perdent des heures sur les autoroutes à l'heure de pointe, hypothéquant leur qualité de vie et l'environnement, un sujet pourtant si cher à «La Presse».

Le pouvoir des médias est important. Je me permets donc de reprendre le titre de «La Presse» ainsi : sous-titre : «Toutes les villes sur le tracé appuient le projet»; titre principal : «400 millions pour 16 millions de voitures de moins sur les autoroutes». Vous ne trouvez pas que ça sonne bien, vous?...  

Commentaires

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  • S. Knap
    Mercredi, 14 janvier 2009 14:52:04
    M. Bordonado,

    Sur le fond vous avez raison!
    Je me sens moins seul à penser que ce genre de pratique existe dans votre industrie qui se dit objective.

    «La Presse» sont justes plus favorable à un penchant de la médaille qu'à l'autre, sans la cacher ni la nier.

    Ce qui me surprend c'est que vous les dénoncer!

    J'aurais bien aimé que vous ayez cette rigueur lorsque les comtés de Mascouche et Terrebonne étaient adéquistes.

    En général, quand le PQ était tiers parti (à l'Assemblée Nationale) et deuxième dans ces comtés, ils avaient droit à des pleines pages et les députés (qui alors représentaient TOUTE la population et non seulement leurs partis) n'avaient que des colonnes bien «cachées» adjacentes à des publicités.

    Comme le dit l'adage;
    Faites ce que je dis, pas ce que je fais...

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