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À propos de l'auteur

De pigiste les week-ends à ses débuts, Gilles Bordonado est devenu journaliste, rédacteur en chef, directeur adjoint avant de devenir propriétaire de La Revue en juillet 2004. Ayant grandi à Mascouche, il a 52 ans et compte près de 30 ans de journalisme. Tout ceci fait qu'il connaît la région comme sa poche et toutes les histoires et les petites histoires du coin.

Il aime parler d'actualité et de politique. Et oui il est progressiste et souverainiste (et il s'assume et l'assume), ce qui ne l'empêche pas d'être critique envers ce mouvement. Il prône le GBS (Gros bon sens), pas le GPS, bien qu'il en aurait bien d'un à l'occasion de ses prédictions pas très bonnes en temps d'élections ou de séries éliminatoires de hockey.

Réputé pour avoir une opinion sur tout, cela fait 20 ans qu'il signe une chronique dans La Revue. Très critique, il juge signer une super chronique sur 10, « surtout quand il est fâché ». C'est d'ailleurs celles-ci qui génèrent le plus d'intérêt. Il lui arrive ainsi quelques fois d'en mettre un peu plus que le client en demande. Mais finalement vous semblez aimer ça. Donc vous l'encouragez... Il en va de même quand vous lui écrivez. Alors à vos claviers !

Électrochoc

Mardi 8 avril 2014

Par Gilles Bordonado

Lundi, la démocratie a parlé. Vous connaissez mes opinions politiques, et elles n’auraient jamais pu être aussi ébranlées qu’à la suite du scrutin du 7 avril. C’est clair, six Moulinois sur dix ne voulaient rien savoir du Parti Québécois, de Pauline Marois, d’un référendum, de Québec Solidaire et de la souveraineté. Leurs priorités sont ailleurs. Ils voulaient chez nous, ici, des députés qui représentent le changement.

François Legault a eu le flair de sentir le mécontentement latent d’un Québécois sur quatre au Québec, et de deux citoyens sur cinq sur la Rive-Nord, face à la gouvernance politique actuelle.

Si la CAQ n’avait pas grand-chose pour faire «rêver» les Québécois, elle avait cependant des concepts simples et clairs à mettre de l’avant. Elle promettait, et c’est le maître mot, du changement, de «faire le ménage» avec «courage». François Legault s’engageait à réduire les taxes et les impôts. Bon, soyons francs, on ne rêve pas beaucoup avec des concepts comme ça, mais ça a le mérite d’être clair. Comme électeurs, on aime le courage. C’est noble et ça nous interpelle. C’est au moins ça de pris, d’autant plus que la situation économique est difficile, qu’on travaille fort et que dans le fond, Legault, il a bien raison. On en a tous marre du gaspillage et du copinage.

Élu, François Legault ne pourra cependant pas mettre de l’avant toutes ses promesses, car il ne sera pas au pouvoir. Comme les péquistes d’ailleurs. Par contre, à l’instar de leurs collègues libéraux, les caquistes ne parleront pas de souveraineté et pas beaucoup de réinvestissement social et de solidarité au cours des quatre prochaines années. On va parler de coupures, de lutte au déficit, d’abolitions de postes, de grand ménage, de privatisation des services de santé, et de plusieurs concepts qui vont miraculeusement, la relance économique aidant, remettre de l’argent dans les poches des contribuables québécois. Nous serons heureux. Ce sera le rêve sur lequel vous devrez surfer un temps.

Entre-temps, il sera plus que temps que les forces progressistes de cette nation s’assoient une bonne fois pour toutes pour mettre un agenda clair de l’avant, car elles n’auront jamais été aussi isolées avec 33 députés à l’Assemblée nationale.

Mais le PQ n’a que lui à blâmer. Il n’a pas fait rêver les Québécois. Il a erré, il s’est perdu, et les Québécois n’avaient pas le cœur à le chercher. Le discours identitaire l’a isolé de sa base montréalaise. Son cœur social-démocrate et généreux, bien malade et atrophié ces 18 derniers mois, l’a coupé des banlieusards de Montréal. Finalement, l’absence d’un discours souverainiste articulé et cohérent l’a privé de son rêve et de son âme.

Aujourd'hui, je suis triste pour tous ces gens qui ont rêvé ce pays et qui n'auront peut-être jamais la chance de le voir naître de leur vivant... Et je pourrais être du nombre. Il est difficile d'être optimiste devant les choix d'une partie de ce peuple qui oublie si vite, qui s'attache à la nouveauté, aux beaux discours où l’on promet changements, coupures, réformes, économies et remplissage de portefeuilles. Mais, on ne peut pas lui en vouloir, on ne lui a pas offert mieux. Aucun rêve n’était à l’agenda. Les électeurs ont choisi le bon docteur, le bon père de famille et le maître du changement. Je comprends les gens d’avoir préféré des options claires à l’obscurité des messages électoraux et gouvernementaux du PQ, qui récolte ce qu’il mérite.

Espérons que les souverainistes et progressistes, péquistes et solidaires, auront la maturité d’écouter le message très clair envoyé par leurs commettants. Le temps de la clarté du message et de l'unité est venu.

 

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