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À propos de l'auteur

De pigiste les week-ends à ses débuts, Gilles Bordonado est devenu journaliste, rédacteur en chef, directeur adjoint avant de devenir propriétaire de La Revue en juillet 2004. Ayant grandi à Mascouche, il a 52 ans et compte près de 30 ans de journalisme. Tout ceci fait qu'il connaît la région comme sa poche et toutes les histoires et les petites histoires du coin.

Il aime parler d'actualité et de politique. Et oui il est progressiste et souverainiste (et il s'assume et l'assume), ce qui ne l'empêche pas d'être critique envers ce mouvement. Il prône le GBS (Gros bon sens), pas le GPS, bien qu'il en aurait bien d'un à l'occasion de ses prédictions pas très bonnes en temps d'élections ou de séries éliminatoires de hockey.

Réputé pour avoir une opinion sur tout, cela fait 20 ans qu'il signe une chronique dans La Revue. Très critique, il juge signer une super chronique sur 10, « surtout quand il est fâché ». C'est d'ailleurs celles-ci qui génèrent le plus d'intérêt. Il lui arrive ainsi quelques fois d'en mettre un peu plus que le client en demande. Mais finalement vous semblez aimer ça. Donc vous l'encouragez... Il en va de même quand vous lui écrivez. Alors à vos claviers !

«C’est pas trop tôt !»

Mardi 2 décembre 2014

Par Gilles Bordonado

Je risque de passer pour un radoteux, mais je peux me vanter en disant que j’y étais. Pas au lancement du Train de l’Est lundi… J’étais là aux débuts des années 1990 quand le CP Rail lançait, pour la première fois de l’ère moderne, l’idée de louer ses rails au ministère des Transports du Québec pour y faire rouler un train de banlieue de Mascouche en direction de Montréal.

L’histoire du train aura été sinueuse comme une locomotive traversant les Rocheuses, passant près de nombreux ravins et circulant dans d’interminables tunnels sombres et glauques. Cela aura pris finalement près de 25 ans pour que le train arrive enfin en gare… à Mascouche. C’est peu dire alors que Saint-Jérôme et la Rive-Sud ont eu les leurs des années avant.

Comme ce fut le cas pour l’hôpital Pierre-Le Gardeur et le Cégep régional de Lanaudière, le train de banlieue de Mascouche à Montréal a emprunté une multitude de chemins pour enfin voir sa conclusion.

Le projet initial voyait deux rails prendre la direction de Montréal, un premier de Repentigny et un second de Mascouche, ce dernier passant par Terrebonne et Laval. L’arrivée du métro dans l’île Jésus et le fameux pont payant de la 25 feront mourir ce projet si simple de sa belle mort avec l’opposition farouche de l’omnipotent maire lavallois, Gilles Vaillancourt.

C’est alors qu’arrivée de nulle part, l’option du Train de l’Est verra le jour avec la construction d’une «track» au milieu de la 640, un lien invraisemblable entre Mascouche et Repentigny pour mener les Moulinois au centre-ville de Montréal en 65 minutes. Créativité et délais iront de pair avec ce détour inattendu.

Même si je ne bois que très peu d’alcool, j’ai pu me déguster deux bouteilles d’excellent vin rouge suite à des paris tenus sur la date d’arrivée officielle en gare du Train de l’Est à Mascouche. Homme de peu de foi et habitué aux innombrables changements de gouvernements, de ministres, de présidents de l’Agence métropolitaine de transport et aux tergiversations budgétaires aussi nombreuses que prévisibles de nos décideurs provinciaux, je n’étais pas de ces gens optimistes qui voyaient le train en gare en 2010. Ça aura finalement pris presque cinq ans de plus pour que la première locomotive et ses wagons chargés de passagers fasse ses premiers aller-retour.

Je souris aujourd’hui de voir libéraux et péquistes se congratuler de la réussite de ce projet. À leur place, je ne fanfaronnerais pas autant. Quand cela prend près de 25 ans pour mener un projet à terme, initié à quelques dizaines de millions de dollars en 1991 et qui en coûte aujourd’hui près de 700 M$, je ne vois pas de quoi on peut se vanter. Les seuls qui ont droit à mon avis à des applaudissements, ce sont les nombreux automobilistes et citoyens de la région qui ont fait preuve d’autant de patience pendant toutes ces années, alors qu’on leur promettait le train en 1993, 1995, 1998, 2003, 2008, 2010 et à tous les ans depuis. Eux seuls ont droit à des applaudissements à mon avis. Aux politiciens provinciaux, je dirai simplement et seulement une chose : « C’est pas trop tôt ! »

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