2° Terrebonne, vendredi 24 novembre 2017
Restez informés, abonnez-vous aux infolettres
La Revue Télé

La Revue

L'hebdo des gens d'action

Rechercher Menu

le blogue de Gilles Bordonado

Fil RSS

À propos de l'auteur

De pigiste les week-ends à ses débuts, Gilles Bordonado est devenu journaliste, rédacteur en chef, directeur adjoint avant de devenir propriétaire de La Revue en juillet 2004. Ayant grandi à Mascouche, il a 52 ans et compte près de 30 ans de journalisme. Tout ceci fait qu'il connaît la région comme sa poche et toutes les histoires et les petites histoires du coin.

Il aime parler d'actualité et de politique. Et oui il est progressiste et souverainiste (et il s'assume et l'assume), ce qui ne l'empêche pas d'être critique envers ce mouvement. Il prône le GBS (Gros bon sens), pas le GPS, bien qu'il en aurait bien d'un à l'occasion de ses prédictions pas très bonnes en temps d'élections ou de séries éliminatoires de hockey.

Réputé pour avoir une opinion sur tout, cela fait 20 ans qu'il signe une chronique dans La Revue. Très critique, il juge signer une super chronique sur 10, « surtout quand il est fâché ». C'est d'ailleurs celles-ci qui génèrent le plus d'intérêt. Il lui arrive ainsi quelques fois d'en mettre un peu plus que le client en demande. Mais finalement vous semblez aimer ça. Donc vous l'encouragez... Il en va de même quand vous lui écrivez. Alors à vos claviers !

80 %

Mardi 20 janvier 2015

Par Gilles Bordonado

Il n’est pas normal que 500 familles du coin consacrent 80 % de leurs revenus pour se loger. 80 % ! Ça parait inimaginable. C’est pourtant l’un des constats que fait le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) en regardant la situation du logement dans la MRC Les Moulins.

Sur les quelque 10 000 locataires que comptaient la région en 2011, 35 % y investissaient plus de 30 %, 1 500 plus de 50 %, et 5 % plus de 80 %. Ces derniers sont là les 500 ménages dont je parlais plus haut.

Si je ne suis pas un abonné des sorties publiques du FRAPRU, qui crie quelques fois au loup bien qu’il soit bien loin de la bergerie, il n’en demeure pas moins que se loger à un prix modique n’est pas une sinécure dans la région, et c’est le marché qui veut qu’il en soit ainsi.

Les terrains et les logements libres se font de plus en plus rares, les propriétés prennent beaucoup de valeur, les logements sont souvent neufs et la rareté aidant, les prix sont à la hausse.

Il y a une dizaine d’années, La Revue avait évoqué cette possibilité avec un spécialiste en ressources humaines, qui soulignait que la création d’emplois fulgurante dans la région, en particulier dans le commerce de détail où les salaires sont généralement moins élevés, allait amener une hausse des prix des loyers et une rareté de ceux qui sont les plus accessibles financièrement.

Ce n’est pas pour rien que la Ville de Terrebonne a lancé des rappels répétés au cours des 10 dernières années pour recevoir sa juste part de logements publics, une situation injuste que rappelle, chiffres à l’appui, le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant. Les Moulinois ne voient malheureusement pas assez d’argent tomber dans la région, bien que certains succès soient notables.

À force de ténacité et de créativité, ce fut le cas de la Symphonie du Boisé, dans le secteur La Plaine, à Terrebonne. En 2013, après des années de travail, l’Office municipal d’habitation de Terrebonne, avec l’aide de la Société d’Habitation du Québec et la Ville de Terrebonne, a inauguré 73 logements occupés par des aînés, des personnes handicapées et de jeunes mamans en transition professionnelle. Cette cohabitation quasi unique en son genre dans la province a été rendue possible par AccèsLogis Québec, un programme qui fait que les locataires ne paient pas plus de 25 % de leurs revenus en loyer.

Ce succès n’efface cependant pas tous les besoins. Malgré les quelques initiatives publiques et privées, la situation demeure critique. Avec le désengagement du gouvernement fédéral qui abandonnera le financement du logement social (1,7 G$ touchant 600 000 logements au Canada) et les ressources serrées à Québec, cet enjeu ne manquera pas d’être au cœur de la prochaine campagne électorale fédérale et de la dure réalité de bien des locataires et familles moulinoises.

Commentaires

Vous désirez commenter cet article?
Vous devez être membre

Publicités

Derniers articles

Archives