-1° Terrebonne, dimanche 19 novembre 2017
Restez informés, abonnez-vous aux infolettres
La Revue Télé

La Revue

L'hebdo des gens d'action

Rechercher Menu

le blogue de Gilles Bordonado

Fil RSS

À propos de l'auteur

De pigiste les week-ends à ses débuts, Gilles Bordonado est devenu journaliste, rédacteur en chef, directeur adjoint avant de devenir propriétaire de La Revue en juillet 2004. Ayant grandi à Mascouche, il a 52 ans et compte près de 30 ans de journalisme. Tout ceci fait qu'il connaît la région comme sa poche et toutes les histoires et les petites histoires du coin.

Il aime parler d'actualité et de politique. Et oui il est progressiste et souverainiste (et il s'assume et l'assume), ce qui ne l'empêche pas d'être critique envers ce mouvement. Il prône le GBS (Gros bon sens), pas le GPS, bien qu'il en aurait bien d'un à l'occasion de ses prédictions pas très bonnes en temps d'élections ou de séries éliminatoires de hockey.

Réputé pour avoir une opinion sur tout, cela fait 20 ans qu'il signe une chronique dans La Revue. Très critique, il juge signer une super chronique sur 10, « surtout quand il est fâché ». C'est d'ailleurs celles-ci qui génèrent le plus d'intérêt. Il lui arrive ainsi quelques fois d'en mettre un peu plus que le client en demande. Mais finalement vous semblez aimer ça. Donc vous l'encouragez... Il en va de même quand vous lui écrivez. Alors à vos claviers !

27 heures

Mardi 26 mai 2015

Par Gilles Bordonado

 

D’année en année, les promesses d’améliorer l’accessibilité aux soins de santé de première ligne ne se réalisent jamais.

Et c’est particulièrement pathétique dans la région, nous révèle ma collègue Véronick Talbot en page A-3 de La Revue. L’attente est de 27 heures à l’urgence de l’Hôpital Pierre-Le Gardeur, car d’innombrables patients aux prises, dans plusieurs des cas, avec des problèmes de santé mineurs n’ont pas accès à un médecin de famille ou ne réussissent pas à prendre rendez-vous dans leur propre clinique à cause des heures restreintes qu’elle a. C’est de ce côté que le ministre Gaétan Barrette espère faire bouger les omnipraticiens, avec raison. 

Le nouveau président-directeur général de la énième structure régionale de soins de santé à se créer dans Lanaudière dit qu’il va agir. Le ministre Barrette aussi. J’ai hâte de les voir aller. L’objectif du gouvernement est un temps d’attente moyen de 12 heures à l’urgence, le PDG Daniel Castonguay veut le réduire à moins de 20 heures d’ici un an ici, ce qui est tout de même 40 % plus long que la moyenne provinciale… La théorie des petits pas, petits, petits…

Dans ce contexte, il n’y a rien de surprenant à voir des cliniques privées ouvrir leurs portes et prospérer dans la région. Des patients tannés d’attendre ont décidé de payer en double pour s’assurer un accès rapide à un médecin pour soigner leurs bobos et ceux de leurs proches. Ces «impatients» payent leurs impôts, leur nouveau médecin privé, mais aussi les tests qu’ils jugent urgents pour obtenir un diagnostic précis de leur condition et les chirurgies impossibles à subir dans un délai raisonnable. D’ailleurs, 676 patients attendaient depuis plus de six mois dans la région pour certaines chirurgies. C’est 180 jours, ça, alors que le ministère souhaite un délai moyen de 30 jours. Pathétique, j’écrivais plus haut… Au Québec, il se construit donc une médecine généraliste et spécialisée à deux vitesses, pour ceux qui peuvent payer et/ou sont assurés et les autres qui n’ont d’autre choix que d’attendre.

Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Comme je l’ai écrit par le passé, je crois que lorsqu’on est sérieusement malade, notre système de santé d’urgence semble fonctionner comme il faut et les gens sont rapidement pris en charge, pour la plupart. Certaines cliniques et certains médecins changent leur façon de faire pour accueillir un maximum de patients, mais c’est encore insuffisant, d’où l’impatience des citoyens.

Ce qui est malheureux, c’est que plusieurs patients désabusés tardent à se faire soigner pour des problèmes mineurs qui peuvent devenir majeurs. Quand j’ai lu qu’en moyenne 37 personnes quittaient l’urgence, car ils n’en pouvaient plus d’attendre, je me suis dit qu’on a un système de santé sérieusement malade et qu’on espère que nos dirigeants ne se satisferont pas de belles promesses, mais bien d’améliorations concrètes. Le patient payeur en a jusque-là, croyez-moi.

Commentaires

Vous désirez commenter cet article?
Vous devez être membre

Publicités

Derniers articles

Archives