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À propos de l'auteur

De pigiste les week-ends à ses débuts, Gilles Bordonado est devenu journaliste, rédacteur en chef, directeur adjoint avant de devenir propriétaire de La Revue en juillet 2004. Ayant grandi à Mascouche, il a 52 ans et compte près de 30 ans de journalisme. Tout ceci fait qu'il connaît la région comme sa poche et toutes les histoires et les petites histoires du coin.

Il aime parler d'actualité et de politique. Et oui il est progressiste et souverainiste (et il s'assume et l'assume), ce qui ne l'empêche pas d'être critique envers ce mouvement. Il prône le GBS (Gros bon sens), pas le GPS, bien qu'il en aurait bien d'un à l'occasion de ses prédictions pas très bonnes en temps d'élections ou de séries éliminatoires de hockey.

Réputé pour avoir une opinion sur tout, cela fait 20 ans qu'il signe une chronique dans La Revue. Très critique, il juge signer une super chronique sur 10, « surtout quand il est fâché ». C'est d'ailleurs celles-ci qui génèrent le plus d'intérêt. Il lui arrive ainsi quelques fois d'en mettre un peu plus que le client en demande. Mais finalement vous semblez aimer ça. Donc vous l'encouragez... Il en va de même quand vous lui écrivez. Alors à vos claviers !

Honte

Mardi 19 avril 2016

Par Gilles Bordonado

Le syndrome «pas dans ma cour» frappe à nouveau : 123 citoyens du quartier Urbanova se sont opposés à l’implantation d’une résidence dédiée aux gens ayant une déficience intellectuelle dans leur secteur, forçant la Ville de Terrebonne à trouver un autre terrain pour recevoir ce bâtiment de l’organisme Le Pas de Deux. J’ai eu honte de mes semblables, à nouveau.

Car ce n’est pas une première. Parlant d’intolérance, permettez-moi de vous présenter certains projets qui ont rebuté leur bon peuple environnant. La Fondation Tom-Dee implante une maison palliative pour personnes atteintes du SIDA à Lachenaie, malgré l’opposition populaire. Idem à Terrebonne pour Regroup’Elles, une maison accueillant des femmes victimes de violence. Pareil pour Dianova, qui reçoit, dans un site très retiré sur la côte de Terrebonne, des toxicomanes désirant sortir de leur dépendance. Finalement, même chose pour l’école primaire du Vieux-Chêne à Lachenaie qui a accueilli des classes d’alphabétisation. Dans tous les cas, des gens ont crié au loup, en vain, puisque ces services se sont installés comme prévu. Dans le cas du Pas de Deux, ces personnes pourront se réjouir de leur merveilleuse victoire. Chaque fois, les citoyens disent n’avoir rien contre ces projets, sinon qu’ils n’en veulent pas dans leur cour.

Cette discrimination est construite sur une méconnaissance totale des phénomènes qu’ils disent craindre. Probablement qu’ils ont, sans le savoir, dans leur entourage, des femmes victimes de violence, des personnes toxicomanes ou aux prises avec le SIDA. Les personnes atteintes de déficience intellectuelle ne sont pas des pestiférés, ce sont des personnes comme tout le monde. Elles sont tout simplement différentes et nécessitent des services adaptés à leurs besoins, ce que leur offre Le Pas de Deux. J’ai côtoyé régulièrement des personnes déficientes intellectuelles, car ma mère a œuvré pendant presque 20 ans dans un centre qui leur offrait des services adaptés et parce que j’ai donné un petit coup de pouce à l’Association de parents d’enfant trisomique-21 Lanaudière pour qu’elle se dote d’une maison bien à elle. Je peux vous dire que ces gens sont charmants, sans malice et d’une gentillesse attendrissante.

Aujourd’hui, je peux vous dire que j’aurais honte d’avoir les signataires de cette pétition comme voisins qui plaident l’abandon d’un parc et le non-respect des plans initiaux du secteur pour cacher leur intolérance. Honte à vous qui vous serez privés, comme vos enfants, de rencontrer certains de leurs semblables dont ils auraient beaucoup à apprendre.

Je souligne en terminant la dignité du conseiller municipal du secteur, Serge Gagnon, qui a dénoncé le caractère discriminatoire de la pétition et les notions de sécurité et de dangerosité évoquées. Il a noté que ces gens auraient été un plus pour le quartier. M. Gagnon, je ne vous connais pas, mais vous avez gagné mon respect, au contraire de vos voisins qui m’ont fait honte. Comme à bien des gens d’ailleurs.

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