2° Terrebonne, vendredi 24 novembre 2017
Restez informés, abonnez-vous aux infolettres
La Revue Télé

La Revue

L'hebdo des gens d'action

Rechercher Menu

le blogue de Gilles Bordonado

Fil RSS

À propos de l'auteur

De pigiste les week-ends à ses débuts, Gilles Bordonado est devenu journaliste, rédacteur en chef, directeur adjoint avant de devenir propriétaire de La Revue en juillet 2004. Ayant grandi à Mascouche, il a 52 ans et compte près de 30 ans de journalisme. Tout ceci fait qu'il connaît la région comme sa poche et toutes les histoires et les petites histoires du coin.

Il aime parler d'actualité et de politique. Et oui il est progressiste et souverainiste (et il s'assume et l'assume), ce qui ne l'empêche pas d'être critique envers ce mouvement. Il prône le GBS (Gros bon sens), pas le GPS, bien qu'il en aurait bien d'un à l'occasion de ses prédictions pas très bonnes en temps d'élections ou de séries éliminatoires de hockey.

Réputé pour avoir une opinion sur tout, cela fait 20 ans qu'il signe une chronique dans La Revue. Très critique, il juge signer une super chronique sur 10, « surtout quand il est fâché ». C'est d'ailleurs celles-ci qui génèrent le plus d'intérêt. Il lui arrive ainsi quelques fois d'en mettre un peu plus que le client en demande. Mais finalement vous semblez aimer ça. Donc vous l'encouragez... Il en va de même quand vous lui écrivez. Alors à vos claviers !

Vous avez dit nouvelles ?

Samedi 7 août 2010

Par Gilles Bordonado

Cela fait 21 ans cette semaine que je suis journaliste et cela fait bien une douzaine d'années que je signe la chronique Libre opinion. Si notre région a évolué à vitesse grand V, il en est de même du monde des communications et du journalisme.

Avec le développement des postes de télévision de nouvelles en continu, on a de plus en plus l'impression que la moindre petite nouvelle, d'où qu'elle nous arrive sur la planète, est prétexte à traitement, que ce soit important ou non.

Qu'il s'agisse d'un vol perpétré sur des touristes dans les Caraïbes, d'une tempête sans victimes en Asie, d'un mariage de 500 couples simultanément en Afrique, de la disparition d'un énième aîné d'un centre d'hébergement quelconque au Québec retrouvé dans l'heure qui suit ou d'un poulpe qui prévoit les résultats des matches de la Coupe du monde en Europe, on nous sert souvent une pléiade d'anecdotes et de nouvelles sans intérêt véritable. Elles nous sont vite rendues, comme du prêt-à-servir, une nouveauté pour remplir du temps que l'on jettera à la première occasion pour la remplacer par une autre nouvelle à jeter... Il n'est pas rare de s'entendre dire : «Ouais, il manquait de nouvelles à LCN ou à RDI.» Et c'est pareil à CNN...

Les médias américains militent pour le journalisme et le commentaire citoyens. Le consommateur médiatique se fait analyste, juge et parti. Si je suis un partisan du commentaire de citoyens éclairés qui proposent des perspectives personnelles intéressantes, je ne suis vraiment plus capable d'endurer les insanités débitées par de «simples citoyens» qui n'ont souvent rien à cirer des sujets sur lesquels certains médias les questionnent. Souvent, ces commentaires n'apportent rien à la nouvelle, sinon de remplir du temps ou de l'espace. «Monsieur et madame Tout-le-Monde s'expriment.» Pééénnniibblllee...

Qu'un journaliste questionne divers spécialistes sur un thème précis ou des acteurs directement touchés par une question donnée, voilà le travail même du journaliste. Il doit rendre la nouvelle avec le plus d'impartialité possible, trouver le meilleur angle pour la rendre et trouver les meilleurs intervenants pour nous instruire et nous forger une opinion.

Le lecteur, l'auditeur, avec ses opinions souvent bien arrêtées, réclame invariablement aux journalistes de faire preuve de recul et d'objectivité, et c'est là ce que la majorité des gens embrassant cette profession tentent de faire. Par contre, j'ai toujours dit que tout journaliste possède son schème de valeurs, sa grille d'analyse personnelle et que l'objectivité se verra toujours teintée de ces réalités. Le recul et la distanciation permettent cependant au journaliste d'offrir cette perspective de diversité qui donnera aux lecteurs la nouvelle la plus complète. C'est ce que nous tentons de faire à La Revue, et je pense que notre équipe de journalistes y réussit plutôt bien.

Sommes-nous parfaits? Je ne le pense pas. Ce que je sais, cependant, c'est que nous faisons un travail plus que respectable, bien que certains citoyens consommateurs de médias se fassent spécialistes en journalisme et voient les choses différemment à l'occasion. Les gérants d'estrade, il y en a dans notre monde comme dans toutes les professions.

En ce qui a trait à cette chronique, elle diffère, car elle se veut du commentaire, une opinion que j'émets sur un sujet donné. Ce privilège me vient de mes années d'expérience et de ma connaissance du métier, et ce, tout en assumant mes positions et mes opinions.

Dans ce monde où le citoyen consommateur est roi, le journalisme et le commentaire sont des arts qui demandent un doigté hors du commun, surtout si l'on ne veut pas tomber dans le sensationnalisme, la vox pop et la nouvelle jetable...

Commentaires

Vous désirez commenter cet article?
Vous devez être membre

Publicités

Derniers articles

Archives