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À propos de l'auteur

De pigiste les week-ends à ses débuts, Gilles Bordonado est devenu journaliste, rédacteur en chef, directeur adjoint avant de devenir propriétaire de La Revue en juillet 2004. Ayant grandi à Mascouche, il a 53 ans et compte près de 30 ans de journalisme. Tout ceci fait qu'il connaît la région comme sa poche et toutes les histoires et les petites histoires du coin.

Il aime parler d'actualité et de politique. Et oui il est progressiste et souverainiste (et il s'assume et l'assume), ce qui ne l'empêche pas d'être critique envers ce mouvement. Il prône le GBS (Gros bon sens), pas le GPS, bien qu'il en aurait bien d'un à l'occasion de ses prédictions pas très bonnes en temps d'élections ou de séries éliminatoires de hockey.

Réputé pour avoir une opinion sur tout, cela fait 20 ans qu'il signe une chronique dans La Revue. Très critique, il juge signer une super chronique sur 10, « surtout quand il est fâché ». C'est d'ailleurs celles-ci qui génèrent le plus d'intérêt. Il lui arrive ainsi quelques fois d'en mettre un peu plus que le client en demande. Mais finalement vous semblez aimer ça. Donc vous l'encouragez... Il en va de même quand vous lui écrivez. Alors à vos claviers !

Le côté obscur de la force

Mardi 13 mars 2018

Par Gilles Bordonado

J’aime bien Martine Ouellet. C’est-à-dire, j’aimais bien Martine Ouellet. Malgré les appels à la prudence que je recevais, j’ai appuyé sa candidature à la chefferie de Parti Québécois sans prendre conscience que son esprit volontaire et frondeur cachait un côté obscur de la force.

Sa volonté de défendre la souveraineté me plaisait alors qu’elle cherchait à diriger le Parti Québécois, mais force est de constater que celle-ci frise l’entêtement, d’autant plus que le Bloc est beaucoup plus que seulement un parti souverainiste à Ottawa. S’il n’a pas à faire grandir le fédéraliste canadien, le Bloc a longtemps réussi à fédérer les Québécois sur la défense de leurs droits. Et, disons-le, avec un succès certain pendant de longues années. Il a fallu l’essoufflement du Parti Québécois au provincial et la montée du NPD de Jack Layton pour que le Bloc perde de son aura. Et la défense des intérêts du Québec et de tous les Québécois, y compris des nationalistes, Mme Ouellet semble ne plus vouloir la servir. C’est d’autant plus grave que cette défense des droits du Québec est dans l’ADN du Bloc et que la souveraineté ne se fera pas à partir d’Ottawa, mais de Québec.

Il est dangereux de penser avoir toujours la vérité et la seule vérité, et malheureusement, la chef du Bloc Québécois semble être de ces politiciens qui croient que la seule vérité est la leur. Elle a beau se démener, elle ne convaincra personne qu’elle n’est pas responsable de la cassure qui se vit entre elle et 70 % des membres de son caucus à la Chambre des communes.

Son entêtement à rester en place fait penser au capitaine de bateau qui a confiance qu’il se renflouera par la seule force de l’esprit. En perdant sept de ses députés, dont le vénérable Louis Plamondon et ses émérites collègues Luc Thériault et Michel Boudrias, députés de Montcalm et de Terrebonne, elle laisse croire que tout ira pour le mieux. Elle fait erreur. La capitaine du bateau analyse mal la situation.

La désunion qui frappe sa formation politique est bien plus profonde qu’elle ne le pense et le geste désespéré du groupe des sept se veut un électrochoc que Mme Ouellet doit saisir. Et ce n’est pas que les sept députés ne lui ont pas lancé d’appels répétés pour lui faire comprendre ses contradictions.  

Ces derniers ne sont pas dans le «qui m’aime me suive». Ils n’appuieront pas aveuglément l’actuelle députée de Vachon, amatrice de «transparlementarisme» dans son optimisme inconscient.

Je ne réalise que tardivement tout le caractère individualiste de la position de Mme Ouellet, qui ne compte que bien peu d’amis dans sa famille politique originale du Parti Québécois et qui fait maintenant le vide autour d’elle au Bloc.

Si elle a la cause de la souveraineté tant à cœur, elle doit saisir le message de ses députés. Elle doit se retirer ou offrir des garanties sérieuses de sa compréhension plus large du mandat attendu du Bloc à Ottawa, et travailler en équipe. 

Jamais, depuis près de 10 ans, le Bloc Québécois n’a été aussi bien placé pour représenter tous les Québécois à Ottawa avec l’élection de deux chefs hors Québec chez les conservateurs et les néo-démocrates et la gestion chaotique des affaires de l’État par les libéraux, dont les députés québécois sont silencieux comme des carpes.

Martine Ouellet doit faire un Luke Skywalker d’elle et ça presse, car elle ressemble plus à un Darth Vader actuellement.

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