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À propos de l'auteur

De pigiste les week-ends à ses débuts, Gilles Bordonado est devenu journaliste, rédacteur en chef, directeur adjoint avant de devenir propriétaire de La Revue en juillet 2004. Ayant grandi à Mascouche, il a 52 ans et compte près de 30 ans de journalisme. Tout ceci fait qu'il connaît la région comme sa poche et toutes les histoires et les petites histoires du coin.

Il aime parler d'actualité et de politique. Et oui il est progressiste et souverainiste (et il s'assume et l'assume), ce qui ne l'empêche pas d'être critique envers ce mouvement. Il prône le GBS (Gros bon sens), pas le GPS, bien qu'il en aurait bien d'un à l'occasion de ses prédictions pas très bonnes en temps d'élections ou de séries éliminatoires de hockey.

Réputé pour avoir une opinion sur tout, cela fait 20 ans qu'il signe une chronique dans La Revue. Très critique, il juge signer une super chronique sur 10, « surtout quand il est fâché ». C'est d'ailleurs celles-ci qui génèrent le plus d'intérêt. Il lui arrive ainsi quelques fois d'en mettre un peu plus que le client en demande. Mais finalement vous semblez aimer ça. Donc vous l'encouragez... Il en va de même quand vous lui écrivez. Alors à vos claviers !

Un mécontentement qui se comprend

Mardi 17 mai 2011

Par Gilles Bordonado

On dirait que derrière toute bonne nouvelle s'en cache une mauvaise. En effet, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a comblé d'aise la région en annonçant la construction future d'écoles dans la région pour répondre aux nouveaux besoins de la population. Quelques semaines plus tard, elle imposait des compressions budgétaires de 110 M$ aux commissions scolaires du Québec.

S'il est louable de souhaiter, comme elle le dit, pour «les commissions scolaires, de revoir leur mode d'administration et leur bureaucratie», il n'en demeure pas moins que cette coupe de 3 M$ aura ses effets. Le gouvernement libéral récupère ainsi des sommes que les contribuables ont payées pour le financement des commissions scolaires par le biais de la taxe scolaire, qui a augmenté de façon importante au cours des dernières années.

En laissant cet argent dans les commissions scolaires, celles-ci auraient pu continuer à s'attaquer avec des moyens accrus aux problématiques majeures auxquelles elles font face, dont les défis inhérents au décrochage scolaire et les services aux élèves en difficulté.

Le ministère de l'Éducation (MEQ) est un monstre. L'ADQ, qui a longtemps réclamé sa réduction et l'abolition des commissions scolaires, mentionnait que le nombre de fonctionnaires au Québec y atteignait des sommets par rapport à nombre d'autres pays de taille comparable. Si elle doit penser à des compressions, la ministre doit d'abord se pencher sur ce qui se vit dans sa cour.

Cela a pris des années aux milliers de fonctionnaires du MEQ pour réagir avec vigueur au décrochage scolaire, en particulier à celui des garçons. Et ce n'est pas encore gagné. Pendant ce temps, le secteur privé, grand bien lui fasse, a attiré sous son aile des milliers d'élèves doués qui ont appauvri le secteur public par leur absence parce que le public n'a pas été à l'écoute. Et n'y voyez pas une attaque au privé, s'il vous plaît. Pour moi, c'est le public qui a somnolé trop longtemps en chicanes entre patrons et employés, entre réforme après réforme, entre coupe après coupe.

Ayant deux filles dans le système d'éducation publique, dont je suis issu, je n'en reviens pas de l'évolution vécue dans le programme éducatif des enfants. Il me semble que les choses ne cessent d'être révisées et révisées encore par les bonzes du MEQ. On révise la terminologie (un article et un adjectif sont désormais des déterminants), on fait des multiplications de façon horizontale et de biais et on multiplie les boulettes pour additionner. On m'a même dit que cette révision des termes existait en musique!

Il me semble qu'une dictée est une dictée, qu'une addition est une addition, que la Nouvelle-France est la Nouvelle-France et qu'une portée est une portée. Et ça, nos enseignants le savent très bien. A-t-on besoin de milliers de fonctionnaires pour réviser tout cela quotidiennement alors que les réelles responsabilités échoient aux écoles et aux professeurs qui, eux, sont en première ligne? À mon humble avis, ce dont notre monde scolaire a besoin, c'est de classes plus petites, de plus de jours de classe, de moyens pour soutenir les élèves en difficulté, de programmes innovateurs pour motiver les élèves à persévérer, d'un enrichissement intellectuel pour développer l'esprit critique des jeunes (dont une majorité ne savent pas quelle est la capitale de leur pays et de leur province et encore moins quel est le nom de leur premier ministre!). Ils ont besoin de sorties au théâtre et au musée. Ils ont besoin de s'ouvrir sur le monde d'une autre façon que par Internet et la dernière vidéo de Shakira! Si tout ça peut se faire à la maison, il n'en demeure pas moins que l'école est la mieux armée pour aider. Et ce n'est pas en coupant les millions que la ministre va atteindre les objectifs précités...

Gilles Bordonado

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