La Revue

L'hebdo des gens d'action

Terrebonne, vendredi 10 septembre 2010

Gilles Bordonado

Gilles Bordonado

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Un leader inspirant

Jeudi 13 août 2009

Pendant ces vacances estivales pluvieuses, j'ai pris la clé des champs. Outre le fait d'avoir eu la grande chance de profiter du soleil dans le Sud pendant une semaine, j'ai pris quelques jours pour visiter Boston. Quelle belle ville!

Cette visite à Boston s'est déroulée au rythme des enfants. Sous la pluie (eh oui!), nous avons visité un zoo, un superbe aquarium et un musée des sciences encore plus beau que celui de Montréal. Pour l'avoir visité à quelques reprises, je peux vous assurer que c'est tout dire.

Boston, c'est aussi le berceau de l'Amérique anglaise avec son port, ses bâtiments historiques et les Bruins que les Montréalais se plaisent à détester...

C'est aussi et beaucoup, pour moi, l'État du Massachusetts, la terre des Kennedy.

Je suis un passionné d'histoire moderne, de la fin des 19e et 20e siècles, et John F. Kennedy a été l'un des politiciens marquants de cette période très chaude que l'on appelle la guerre froide. C'est un personnage qui m'a toujours fasciné, non seulement pour son rôle dans l'histoire, mais aussi par le fait qu'il était un leader charismatique et qu'il était issu d'une famille politique au destin tragique.

Pour revenir à Boston, elle accueille la bibliothèque-musée de John F. Kennedy. Phénomène rare dans le monde, chaque président américain a droit à son propre musée, et celui de cet ex-président américain est inspirant.

Assassiné en 1963 dans des circonstances pour le moins obscures, Kennedy a été une inspiration pour toute une génération d'Américains, mais aussi pour nombre de citoyens du monde de cette période, et bien après cela.

Homme de bien, érudit, il avait le désir de changer les choses dans une Amérique en pleine mutation. C'était un chef charismatique qui ne se contentait pas des demi-mesures et qui voulait mettre l'État au service des citoyens et en particulier les plus démunis.

Ses frères Robert, lui aussi assassiné, et Edward, qui font l'objet de présentations également au musée, étaient aussi de cette mouvance. J'invite les curieux à visiter le site Internet du musée. Il vous donnera un bel aperçu de cette célèbre famille démocrate et un tour d'horizon de la carrière politique de John F. Kennedy : www.jfklibrary.org.

En terminant, je vous présente quelques citations de ce grand homme politique, des citations qui pourraient inspirer nos chefs d'État.

«À vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes.»

«Si la société libre ne parvient pas à améliorer le sort de la majorité des pauvres, elle ne pourra pas sauver la minorité des riches.» 

 - Discours d'investiture, 20 janvier 1961

«Le vrai politique, c'est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions.»

«La victoire a cent pères, mais la défaite est orpheline.»

«Quand il est dur d'avancer, ce sont les durs qui avancent.»

«Le meilleur temps pour réparer sa toiture, c'est lorsque le soleil brille.»

«On connait une nation aux hommes qu'elle produit, mais aussi à ceux dont elle se souvient et qu'elle honore.»

«Nous avons besoin d'hommes qui sachent rêver à des choses inédites.»

- Extrait d'un discours à Dublin, 28 juin 1963

«N'oublions jamais que l'art n'est pas une forme de propagande; c'est une forme de vérité.»

«Nous devons utiliser le temps comme outil et non comme repose-pied.»

«Ne sacrifiez jamais vos convictions politiques pour être dans l'air du temps.»

«Diriger et apprendre ne sont pas dissociables.»

«Nos problèmes ont été créés par l'homme et nous pouvons donc les résoudre. Nos possibilités ne connaissent pas de limites. Aucun problème humain ne va au-delà nos capacités.» 

- Extrait d'un discours à l'université de Washington, 10 juillet 1963

«Trop souvent nous nous contentons du confort de l'opinion sans faire l'effort de penser.» 

Du caractère

Mardi 4 août 2009

Quand je pense à Gilles Forest, le premier mot qui me vient à l'esprit est «respect». Du respect, il en imposait. Gilles Forest s'est donné pour sa ville pendant 25 années, remportant, de mémoire, toutes les élections auxquelles il a fait face. C'était un homme terre-à-terre, qui avait une énergie débordante, peut-être du fait de l'agriculteur travaillant qu'il était.

Des positions claires

Les hommages que lui ont rendus, dans la présente édition, le maire Richard Marcotte et l'ancien maire Irenée Forget sont révélateurs du personnage. «Caractère» est le maître mot.

Gilles Forest n'avait pas la langue dans sa poche. Il avait des opinions claires sur la façon dont les choses devaient se faire et se passer. La langue de bois et les faux-fuyants, Gilles Forest, il ne connaissait pas ça.

Marie-France Despatis, ancienne journaliste et propriétaire de La Revue, était une habituée des réunions du conseil municipal de Mascouche. Elle m'a raconté qu'à l'une de ces rencontres, un citoyen ne cessait de se plaindre au micro de l'administration de la ville, mettant en parallèle la «saine» administration de Terrebonne. Visiblement excédé par l'entêtement dudit citoyen, Forest lui aurait répondu du tac au tac : «Si vous n'êtes pas content de Mascouche, eh bien, déménagez donc à Terrebonne!» Problème compliqué, solution simple. Personnellement, j'adore. Pas de tataouinage.

Toujours impliqué

Quand je suis arrivé comme journaliste à La Revue en 1989, cela faisait déjà six ans qu'il avait tiré sa révérence à la mairie. Je ne l'ai donc pas côtoyé comme premier magistrat, mais à l'occasion comme commentateur de la vie politique municipale de Mascouche.

Ces rencontres ou ces appels téléphoniques ont toujours été cordiaux. Il prenait le temps de nous écouter, de soupeser le pour et le contre, mais quand il sentait sa position solide, ses idées étaient bien arrêtées et il les exposait clairement.

C'était un homme d'action, un homme de décision. Je sentais, malgré le temps  passé, qu'il s'ennuyait de la politique active.

Je l'ai ressenti en particulier à l'élection municipale mascouchoise de 1991, alors qu'il avait fustigé un certain aspirant à la mairie dénommé Richard Marcotte. Sa déclaration, qu'il m'avait donnée en exclusivité si mon souvenir est bon, avait fait tout un tapage. Les Mascouchois étaient cependant ailleurs. Bien qu'on sentait toujours dans sa voix toute cette passion pour sa communauté, celle-ci évoluait sur des terrains qu'il n'avait jamais connus et qui ne le connaissaient pas.

Une contribution exceptionnelle

Gilles Forest était de ces hommes qui ont appris à vitesse grand V comment faire une municipalité d'un village. Irenée Forget en fera de même quelques années plus tard à Saint-Louis-de-Terrebonne et à Terrebonne, ce dernier disposant cependant d'outils plus développés et d'une vision plus moderne de l'appareil municipal. Entre les retraits politiques de Gilles Forest en 1983 et d'Irenée Forget en 1997, bien de l'eau avait coulé.

Ces deux hommes ont cependant des parcours similaires. Chacun, de son temps, a contribué de façon exceptionnelle au développement de sa ville, s'y donnant corps et âme. Je vous dirais que les maires d'aujourd'hui ont ce même rythme de vie, ne s'appartenant souvent plus. Cependant, ils disposent de machines beaucoup plus sophistiquées que Gilles Forest et, dans une moindre mesure, Irenée Forget.

Notre région, et Mascouche en particulier, doit beaucoup à Gilles Forest, et c'est avec fierté que je le salue pour sa formidable contribution au développement de notre communauté.

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